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Manifestation devant les bureaux de la députée

La mobilisation pour préserver le Centre Mère-Enfant se déplace à Sainte-Martine

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10 novembre 2020
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Marie-Claude Pilon
Par Marie-Claude Pilon, Journaliste

Ce lundi après-midi, le 9 novembre, une manifestation réunissant une quarantaine de personnes a eu lieu devant les bureaux de la députée Claire IsaBelle, à Sainte-Martine. L’objectif? Demander à l’élue d’intercéder dans le dossier de la délocalisation d’une dizaine de services, dont le Centre Mère-Enfant de l’Hôpital du Suroît

Rappelons que le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Ouest (CISSSMO) souhaite relocaliser une dizaine de services vers le futur Centre hospitalier de Vaudreuil-Soulanges dès son ouverture en 2026. 

Depuis plusieurs mois, un comité de mobilisation s’est formé dans la communauté afin de faire annuler ce déménagement. Au cours de l’activité, Marie-Josée Leduc, directrice à la Résidence-Elle ainsi que Josiane Carrière et Lucie Filiatrault, représentantes du milieu agricole avaient remis deux lettres à Madame IsaBelle exposant le besoin des familles de la région du Haut-Saint-Laurent de conserver les services de proximité que le CISSSMO projette de transférer de l'hôpital de Valleyfield au futur hôpital de Vaudreuil.

La distance à parcourir, un enjeu majeur 

Dans sa lettre, Mme Leduc évoque que l’enjeu majeur lié à la rupture de services que causerait le déménagement de ces services vers la MRC de Vaudreuil-Soulanges: le transport. 

« Déjà avec la délocalisation des soins de l’hôpital Barrie Memorial, à Ormstown, les femmes ne peuvent pas avoir accès aux services de gynécologie, de suivis de

grossesse et d’accouchement dans leur région et doivent traverser un pont, pont-levis de surcroît, afin d’obtenir des services de santé essentiels à l’hôpital du Suroît, à, dans certains cas, 40 kilomètres. En déplaçant les services à Vaudreuil-Dorion, les femmes s’ajoutent un second pont à traverser et 40 kilomètres supplémentaires à parcourir. Les dangers sont réels pour les femmes vivant une grossesse risque pour leur vie ou celle de leur enfant à naître », écrit-elle. 

Elle rappelle que l’absence de transport en commun augmente la pression et le stress sur les femmes vulnérables ou simplement sans véhicule de la région. 

Elle rapporte que les cadres du CISSSMO ont confirmé il y a quelques semaines, que seul volet accouchement  sera transféré vers le centre hospitalier de Vaudreuil. « Cependant, nous savons déjà que les suivis de grossesse et les services de gynécologie se font déjà, à ce jour, à Vaudreuil et sont quasi-inaccessibles à proximité. Les mêmes dirigeants du CISSSMO ont affirmé qu’il y aurait des services de proximité dans le Haut-Saint-Laurent, mais cette option nous inquiète. » 

Elle soutient que l’accouchement est une étape importante de la grossesse et qu’il ne faut pas la banaliser. Lors d’une première grossesse, certaines femmes se rendent à l’hôpital pour de fausses contractions et elles doivent retourner chez elle. « Combien de femmes décideront d’attendre plus longtemps avant de se rendre à l’hôpital pour éviter de retourner chez elle à 80 km de la maison, soit plus d’une heure de route sans compter la possibilité d’être coincée au pont-levis par un bateau? », demande-t-elle. 

Acte indécent 

De son côté, les agricultrices Lise Filiatrault et Josianne Carrière qualifient d’acte indécent cette délocalisation. « Les décisions  unilatérales de ces dirigeants briment encore les femmes dont font partie des agricultrices. Celles-ci par leur métier entrepreneurial ne peuvent se permettre de prendre des demi-journées pour aller à des rencontres prénatales, des suivis de grossesses, de pédiatrie, etc. qui vont se trouver pour la plupart à un minimum de 1 heure de chez elle. En tant que travailleuses autonomes, elles n’ont pas de congé payé. Elles ne peuvent pas se faire remplacer par des employés, car ce sont elles les employées. Si elles doivent embaucher un employé, c’est 100 $ par visite que cela coutera à l’entreprise. Elles ne peuvent pas se permettre cela », précisent-elles. 

Elles indiquent que présentement dans les MRC de Beauharnois-Salaberry et du Haut-Saint-Laurent comptent plus de 912 femmes et 1541 agricultrices. De ceux-là, 30% débutent leur vie de couple et commence leur famille. 

« La population des MRC Beauharnois-Salaberry et du Haut-Saint-Laurent ainsi que de Vaudreuil-Soulanges est assez grande pour avoir deux Centre mère Enfant pour recevoir les femmes. Pourquoi toujours centraliser à un endroit au lieu de créer plusieurs endroits pour mieux desservir la population? », interrogent-elles. 

Sensible à ses nombreux arguments, la députée Claire IsaBelle s'est adressée aux manifestants pour leur dire qu'elle fera tout en son possible pour sauver le Centre Mère-Enfant de l'Hôpital du Suroît à Valleyfield.

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