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À la conquête de la coupe du monde de 2024

Documentaire sur le kin-ball, le sport qu'on a inventé puis oublié

durée 18h00
9 avril 2026
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Maxim Ouellet
Par Maxim Ouellet, Journaliste, initiative de journalisme local

C’est le dimanche 26 avril qu’aura lieu le Rendez-vous Québec Cinéma et, pour l’occasion, Miguel Lambert présentera son premier long-métrage documentaire intitulé L’Amour du gros ballon. Le récit suit l’équipe canadienne de kin-ball masculine alors qu’elle tente d’obtenir une onzième coupe du monde en autant de présences à ce championnat.

Rappelons qu’une bonne partie de l'équipe nationale est composée d'athlètes de la région de Vaudreuil-Soulanges et du Sud-Ouest! Le tournage a été effectué en 2024, en Corée du Sud, et sera présenté à compter de 18 h dans la salle Hydro-Québec de la Cinémathèque québécoise à Montréal. 

Pour tout dire, c’est la copine de Francis Caron, le capitaine de la formation, qui a eu l'idée de réaliser ce film. « Ma copine est monteuse, c’est elle qui a vu le potentiel […] elle en a parlé avec Miguel, qui est l’un de nos amis, et le projet s’est mis en branle », explique Francis Caron.

C’est quoi le kin-ball ?

Bien qu’il s'agisse d’une discipline peu connue par le public en général, il faut savoir que le kin-ball est un sport d’origine québécoise. Eh oui, le gros ballon a vu le jour dans les gymnases de la province en 1987. C’est à Mario Demers, enseignant en éducation physique, que l’on attribue la création de cette discipline qui se joue aujourd’hui par près de 4 millions de personnes à travers le monde.

Trois équipes s'affrontent et ont pour objectif de marquer plus de points que leurs adversaires. Comment? En frappant le ballon sans que celui-ci soit réceptionné par l'équipe visée.

Chez nous, le sport est assez populaire, surtout considérant que la majorité des joueurs et une bonne fraction des joueuses représentant le pays ont fait leur premier pas à Vaudreuil-Dorion et ont continué d'évoluer pour la région du Sud-Ouest par la suite ! 

« On a historiquement un bon bassin de joueurs, mais aussi de très bons entraîneurs qui nous ont suivis longtemps. Leur encadrement nous a permis de nous développer physiquement et de bâtir une bonne chimie », explique Marc-Antoine qui a commencé à pratiquer le kin-ball en sixième année, à l'école Sainte-Madeleine. 

Pour Francis, la chimie y est en effet pour beaucoup, mais il explique avoir été inspiré par la génération de joueurs l’ayant précédée. « À Vaudreuil, on pouvait compter sur des piliers du sport, des pionniers qui ont inventé des stratégies et des façons de faire… On a eu de bons modèles », estime le trentenaire qui en était à son dernier championnat mondial.

Elise St-Aubin-Fournier, entraîneur de l'équipe féminine nationale, estime que le Sud-Ouest s’est développé grâce au focus sur le côté compétitif à long terme de leur programme. « L’aspect de la performance est important, mais surtout, les joueurs se suivent sur de longues périodes de temps et finissent par développer un sentiment d’appartenance […] c’est un peu la même chose en Outaouais et à Laval », souligne Elise qui a coaché les championnes de 2024.

À quoi peut-on s’attendre du documentaire ?

« Pour vrai, c’est quelque chose d’assez gros, je pense que le sport n’a jamais été mis de l’avant autant. Je pense qu’on peut s’attendre à quelque chose de très émotif, on nous montre dans nos moments les plus vulnérables », indique Marc-Antoine Pepin qui, en 2024, en était à sa 4ᵉ Coupe du monde. On découvre également l’ambiance très spéciale qui règne à ce genre de compétition internationale.

Au-delà du sport, le documentaire met en lumière l’esprit d'équipe infaillible du Canada, l’aspect humain et la camaraderie qui règne au sein du vestiaire. Le tout dans un contexte où notre pays n’est pas particulièrement encouragé par les partisans des autres nations. « On voit à quel point on est une équipe soudée, mais en étant les champions en titre, on arrivait [en Corée du Sud] un peu avec le rôle des méchants », fait remarquer le capitaine Caron. 

Son coéquipier, Marc-Antoine, abonde dans le même sens : « Il y a une pression qui vient avec le fait d’être un pays dominant […] c’est difficile d’entendre les spectateurs applaudir quand l’adversaire attrape en défensive ou quand ils font un point. »

Le film renferme en soi un excellent souvenir de leur passage à la dernière coupe du monde de kin-ball. Bientôt, Francis Caron passera de joueur à entraîneur. « Ça ne me manque pas nécessairement de jouer. Je me sens redevable envers le kin-ball et j’ai beaucoup d'expérience à transmettre à la relève », indique-t-il.

Comment faire rayonner le kin-ball davantage ?

La question a été posée aux trois joueurs/futurs entraîneurs cités dans cet article et selon eux, il est d’abord nécessaire d’assurer une relève en montrant aux jeunes tout le potentiel du kin-ball ! Malgré ses origines, le sport ne fait pas partie des disciplines présentes aux Jeux du Québec.

« Il y a quelques années, c'était l’un des sports les plus pratiques, mais l’offre de parascolaire a augmenté et le kin-ball a perdu de la visibilité. [...] Pour moi le documentaire est un pas dans la bonne direction », exprime Élise St-Aubin-Fournier.

« C’est la grosse question et peu importe les solutions, ce ne sera pas facile à atteindre… Notre sport doit faire un retour dans les écoles et il faut trouver une façon de garder la relève motivée », pense quant à lui Francis Caron. Selon l’ancien joueur, ça passe notamment par l’aspiration au rang élite : en mettant Équipe Canada de l’avant et en démontrant qu’il est possible de se rendre à un match de la Coupe du monde, le kin-ball sera peut-être en mesure d’attirer plus d'athlètes.

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