4e édition de la Veillée pour la suite du monde
Un cri du coeur de l'organisme Mères au Front

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste
Le jeudi 18 juin, l’organisme Mères au Front tenait la 4e édition de son activité Veillée pour la suite du monde. En raison de la pluie qui tombait généreusement, c’est à l’intérieur de la Maison Joachim-Génus située au parc de la Maison-Valois que s’étaient donnés rendez-vous certains élèves de la Cité-des-Jeunes et les membres de l’organisme.
Au programme de la soirée, un cri du cœur bien senti, la création d’une œuvre collective et des remises de prix. « C’est la quatrième édition de ce rassemblement. La première a eu lieu à Rigaud et les autres se sont tenues à Vaudreuil-Dorion. La soirée se veut rassembleuse, portée par la musique, la création artistique et les mots de bienvenue où le cri du cœur ouvre un espace vibrant de partage et d'espoir», indiquait Linda Robichaud de Mères au Front à l’autrice de ces lignes.
Au cours de la soirée, les visiteurs pouvaient admirer des œuvres réalisées par des élèves du programme Arts études. « Elles ont été réalisées en collaboration avec l’artiste Chantal Bourque qui a participé au documentaire des Arbres et des Arts du cinéaste André Desrochers. Elle s’inspire beaucoup des branches et de l’écorce des arbres qu’elle trouve dans son environnement et parfois même, elle les incorpore dans ses œuvres. C’est ce qu'elle a expliqué à la vingtaine d'élèves de la concentration arts. Ces derniers se sont regroupés en équipes de trois ou quatre pour créer les toiles exposées ici ce soir», ajoutait-elle.
La soirée se voulait festive en dépit du contexte sociopolitique du moment. « On voulait festoyer malgré la morosité dans laquelle nous sommes plongés depuis quelques mois et se réjouir du fait qu’on se serre les coudes dans ces moments difficiles. C’est pour cela qu’on aura de la musique plus tard ce soir, car c’est notre façon de résister à ce qui se passe», continuait-elle.
C’est le musicien François Desruisseaux qui avait la mission de divertir les convives. Avant qu'il le fasse, la dizaine de Mères au Front présentes se sont rendus en avant de l'assemblée pour prononcer en choeur le cri du coeur:
« Lorsqu’on voit comment on traite l’environnement et la terre en 2026, doit-on s’inquiéter de ce que ça aura l’air en 2100?
Voici notre cri du coeur:
Nous sommes Mères, Grand-Mères, par le sang et autrement.
Nous nous levons pour protéger nos enfants.
Nos enfants qui ne veulent plus faire d’enfants.
Nos enfants qui appellent à l’aide.
Nos enfants, volcans de promesses, que nous avons invités dans cette vie en leur parlant de beauté, de douceur, de vertige. De possibles
Nous nous levons pour eux et grâce à eux, reprenant leur élan courageux.
Nous sommes celles qui mettent au monde.
Celles qui nourrissent et celles qui soignent.
Nous sommes fières et en colère. Aimantes et décidées.
Nous exigeons des gestes forts et immédiats.
De la droiture et du courage politique.
Nous sommes de partout, nous sommes innombrables.
D’un océan à l’autre et bien au-delà.
Nous sommes mère loup, mère caribou, mère bernache et mère carcajou.
Nous sommes la mère béluga qui meurt en mettant bas
et la mère kangourou qui fuit le brasier. Nous sommes toutes les mères. Nous sommes aussi la vôtre.
Nous sommes en colère, et vous savez que notre colère est juste.
Nous exigeons une Relance Juste et Verte!
Nous voulons un avenir. Nous voulons que la vie gagne.
C’est notre devoir de la protéger et aussi le vôtre.
Nous allons tout faire pour.
Nous bercerons d’un bras et brandirons l’autre.
L’amour de nos enfants est notre arme de construction massive, pour la suite du monde.
Parce que l’heure n’est plus ni aux discours, ni aux hymnes, ni aux slogans.
Il est temps de faire preuve d’ambition politique pour régler la crise climatique dès maintenant.
Plus tard dans la soirée, des élèves membres du comité vert étaient récompensés par des bourses pour souligner leur engagement. À la fin de la soirée, des bougies ont été allumées pour raviver la flamme de l’espoir.
