La plus récente aventure de la famille Lessard-Ringuette (partie 2)
Découvrir le Maghreb en allant à la rencontre de l’autre
Vicky Ringuette, Alexandre Lessard et leurs quatre garçons voyagent la moitié de l'année avant de revenir dans la région à Les Coteaux. Leur objectif ? « Vivre autrement, pour le plus longtemps possible ». Le 6 novembre dernier, les Lessard-Ringuette ont fait leurs bagages et ont quitté pour un périple de six mois à l’étranger.
Ils partent donc de leur maison temporaire à Les Coteaux et atterrissent à Paris. De là, ils font le tour de l’Europe avant de réserver quelques nuitées en Tunisie, « sur un coup de tête », comme l’exprime si bien Alexandre Lessard, le père de famille.
L’article qui suit est le deuxième texte d’une série de deux. Le premier, qui traite davantage des apprentissages de la famille Lessard-Ringuette ainsi que de leur passage sur l’ancien continent, est disponible ici: Voyager, motivés par un désir d’apprendre.
« Visiter l’Afrique en famille était une façon pour nous de poursuivre l'éducation des gars, tout en brisant des barrières psychologiques », ajoute Vicky Ringuette. Pour elle, il était particulièrement important que sa famille fasse l'expérience de différentes cultures. Surtout quand elles sont à l'opposé des leurs: « Je ne veux pas qu’ils aient peur de l’étranger. Mes enfants ne sont pas parfaits, mais ils développent de l'intérêt et non du jugement », renchérit-elle.
Dans la même veine, les parents de la famille Lessard-Ringuette espèrent que les garçons continueront de voyager plus tard dans leur vie et qu’ils iront à la découverte de cultures qui les intriguent.
À travers leur périple, ils ont fait la rencontre de personnes fantastiques qui les ont marqués. Malgré la barrière de la langue, les Lessard-Ringuette se rappelleront longtemps des liens qui ont été tissés lors de leur passage en Tunisie et au Maroc.
Les contrastes entre ici et là-bas
Une fois en Tunisie, puis un peu plus tard, au Maroc, les six voyageurs se rendent compte que, malgré leur façon simpliste de vivre, ils sont de véritables poules de luxe comparativement aux locaux. Ne pas avoir un ensemble d’ustensiles pour chacun des membres de la famille, dormir sur des divans faute de lits suffisants, composer avec des standards de propreté radicalement différents : tous ces petits désagréments, avec lesquels composent de plus en plus facilement les Lessard-Ringuette, exposent l’étendue de leur zone de confort.
« C'était déstabilisant, mais surtout quand on percevait la différence entre la façade du tourisme et le “vrai monde” », explique Vicky. « Dominick m’a même partagé un malaise en suivant l’un des guides, on avait pas l’impression de vivre une expérience réelle », raconte la maman.
La famille s'éloigne donc des grands centres touristiques et se met à voyager par les routes de campagne. « Au même moment, je voyais à la fois mes grands-parents et mes enfants dans le même panorama. C'est-à-dire des personnes qui travaillent la terre avec leurs animaux, le téléphone à la main », souligne Vicky. On est véritablement à la croisée des générations.
Au-delà du dépaysement touristique, c'est la confrontation avec le quotidien tunisien qui a le plus marqué la famille. Les images se succèdent: une boucherie de trottoir, une tête de dromadaire accrochée avec les tripes qui pendent, bref des scènes avec lesquelles les nomades québécois sont peu accoutumés.
Surmonter les défis
Une aventure comme celle-ci comporte son lot d’obstacles à traverser, mais rien ne semble insurmontable pour la famille Lessard-Ringuette. Alexandre, lui, se rappelle très bien d’une tempête de sable survenue en plein cœur du Sahara. « C’est comme si t’allais acheter une poche de sable et que tu la lances dans ton véhicule. C’est stressant et franchement pas super fun », raconte-t-il.
D’un point de vue logistique, la famille devait s’habituer à changer d'hébergement tous les trois ou quatre jours, obligeant ainsi tout le monde à s'organiser autrement. Idem pour la nourriture, parfois plus difficile à dénicher, particulièrement en plein Ramadan. À tous ces petits défis s'est ajoutée la question de la monnaie utilisée: le dinar tunisien ne s'exporte pas, et dépenser ses derniers billets avant la frontière a été un casse-tête.
« Ça nous force à développer des nouveaux réflexes, on se rend un peu compte de notre ignorance en voyageant », estime Vicky.

Photo tirée du compte Facebook Espace Famille des Lessard-Ringuette
Aux dernières nouvelles, les six aventuriers étaient sur le point de sauter dans l’avion pour revenir passer six mois au Québec. Leur expérience de voyage en sac à dos à travers l’Europe et le nord de l’Afrique a été pour le moins enrichissante et débordante de péripéties.
Ceci étant dit, ce fut très énergivore: « On a sous-estimé la fatigue accumulée, on a attrapé des petits virus à cause que nos corps étaient épuisés […] on a presque toujours eu un sommeil suboptimal », se souvient Vicky. À l’avenir, lorsque les Lessard-Ringuette partiront pour de longs voyages, ils se limiteront à quelques mois avant de revenir se reposer puis de repartir. Car oui, une aventure n’attend pas l’autre pour cette famille de la région.
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