Dossier: zones inondables
La cartographie des zones inondables pour les villes de la CMM
Depuis près d’un an déjà, le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) est dans l’impasse avec 13 MRC du Québec, dont celle de Vaudreuil-Soulanges. Qu'en est-il des villes de Vaudreuil-Soulanges faisant partie de la communauté métropolitaine de Montréal (CMM)?
Le gouvernement tente de déléguer sa compétence en matière de cartographie des zones inondables alors que le regroupement de MRC, sous la bannière de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), s’y oppose.
Néomédia a retracé une partie de l’historique de ce bras de fer dans ce texte. Pour faire court, la MRC de Vaudreuil-Soulanges accepte, en 2018, une convention du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) dans laquelle il est stipulé que l’instance régionale doit procéder aux études hydrographique, hydrologique et de terrain nécessaires à l'élaboration des cartes en échange d’une compensation d'environ 2 500 000 $.
Les onze villes et municipalités de Vaudreuil-Soulanges qui font partie de la CMM, soit Vaudreuil-Dorion, Vaudreuil-sur-le-Lac, L'Île-Cadieux, Hudson, Saint-Lazare, Les Cèdres, Pointe-des-Cascades, Terrasse-Vaudreuil, L'Île-Perrot, Notre-Dame-de-l'Île-Perrot et Pincourt, n’ont pas à se soucier du litige en cours. En fait, la CMM est la seule instance municipale à avoir accepté la délégation du MELCCFP. Ainsi, contrairement au reste de la région, les cartes sont en cours de production pour cette partie du territoire.
Le maire de Vaudreuil-Dorion, Paul Dumoulin, a affirmé à Néomédia que les cartes qui concernent sa ville « font moins peur qu’anticipé pour l’ensemble du territoire [...] il risque d’y avoir moins de restrictions que prévu ».
D’ailleurs, « la CMM pourrait cartographier jusqu’au barrage de Pointe-Fortune, mais pour ça, il faudrait que la MRC nous fasse la demande », lance Nicolas Milot, directeur de la transition écologique de la CMM.
Interrogée sur cette éventualité, la MRC estime qu'il est encore trop tôt pour spéculer sur d'autres scénarios. « L'énergie est entièrement consacrée aux discussions avec le MELCCFP dans le cadre de la démarche menée avec la FQM. La responsabilité de la cartographie relève du ministère et nous souhaitons d'abord faire évoluer l'entente proposée pour qu'elle réponde mieux aux réalités des MRC », a-t-elle fait valoir.
De son côté, M. Milot dit comprendre la position de la MRC de Vaudreuil-Soulanges et des douze autres MRC conventionnées qui refusent conjointement de signer la délégation du MELCCFP. « Être une MRC, je ne voudrais pas de cette délégation-là non plus. À la CMM, on a les ressources et l’expertise pour entreprendre cette nouvelle étape, mais il reste du travail du côté des MRC et ils se demandent où ils trouveront le financement nécessaire », a ajouté le directeur de la transition écologique de la CMM.
Les démarches de la CMM s’inscrivent dans la continuité de son Plan Archipel développé en partenariat avec le gouvernement du Québec suite aux inondations du printemps 2017. Il s’agit d’une stratégie de gestion des risques d'inondation à l'échelle du Grand Montréal. Il s'articule autour de deux axes principaux: la protection des populations, des biens et des milieux naturels ainsi que le renforcement de la résilience du territoire grâce à des aménagements durables des berges. Au cœur de ce plan, le gouvernement du Québec mandate la CMM d’établir les cotes de crue, de mettre en place un système de suivi des niveaux d'eau et d’élaborer une réglementation riveraine en harmonie avec les changements climatiques.
Toutes les données recueillies lors des études de terrain menées par la CMM se basent sur des balises scientifiques, ce qui fait en sorte qu’elle se sent très peu préoccupée par d'éventuelles poursuites: « Le travail a été fait rigoureusement, on ne regarde pas les lots afin de savoir s’il est avantageux ou non que le ou les bâtiments qui s’y trouvent soient en zone inondable », explique Nicolas Milot en terminant.
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