Rareté locale de main-d'oeuvre
PEQ: des arguments des acteurs locaux soulevés à Ottawa
Par Christopher Chartier-Jacques, Directeur régional des contenus
Des représentants de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) se sont rendus récemment à Ottawa pour signaler aux parlementaires canadiens certains des enjeux pressants sur le terrain au Québec. Ils ont décrié les impacts des difficultés vécues par les travailleurs étrangers, un élément crucial selon les acteurs économiques de Vaudreuil-Soulanges.
L'UMQ a signifié aux élus que les travailleurs étrangers temporaires (TET) sont indispensables à l'économie québécoise et que les mesures annoncées jusqu'ici ne répondent pas à l'urgence sur le terrain. Le renouvellement des permis pour les TET en voie d'obtenir la résidence permanente est un pas dans la bonne direction, mais Québec et Ottawa devront rapidement conclure une entente pour garantir une véritable clause de droits acquis pour les personnes touchées par les changements au Programme de l'expérience québécoise (PEQ).
Rappelons que le gouvernement Legault a aboli en 2025 le PEQ. Dans Vaudreuil-Soulanges, Développement Vaudreuil-Soulanges (DEV), la MRC de Vaudreuil-Soulanges, la communauté d'affaires et des organismes spécialisés en employabilité se sont mobilisés en février avec une demande claire: que la région de Vaudreuil-Soulanges profite d'une exclusion à l'interdiction d'offrir des contrats aux TET.
Pour Philippe Roy, directeur à la planification et aux enjeux régionaux, l'action de l'UMQ à Ottawa est une bonne nouvelle. « On voit une belle mobilisation assez rare entre plusieurs acteurs municipaux et économiques partout au Québec. C'est sûr que nous allons en profiter pour faire avancer nos demandes locales. Il y a déjà 1000 postes vacants dans la région. Juste l'ouverture prochaine de l'hôpital de Vaudreuil-Soulanges créera 3500 nouveaux postes. Selon les plus récentes données, plus de 500 TET travaillent déjà dans la région. Nous n'avons pas de problème de chômage. C'est plutôt le contraire », explique l'intervenant.
Besoin de prévisibilité
Les acteurs locaux qui participent à la mobilisation soutiennent le même besoin: la prévisibilité. Philippe Roy rappelle que pour les entreprises, il est impensable d'investir ou de lancer de nouveaux projets sans prévisibilité.
Il précise sa pensée: « Nous accompagnons au quotidien les entreprises dans leurs projets. Nous avions un plan de match pour les aider et nos prédictions montrent que la région va accueillir au bas mot 10 000 nouveaux emplois d'ici 2030. Avec l'abolition du PEQ, notre plan de match ne tient plus. Le problème se complexifie avec la proximité de l'Ontario qui ne présente pas d'obstacle à l'embauche de TET. Vaudreuil-Soulanges risque de perdre des individus déjà intégrés dans la communauté qui vont simplement s'installer en Ontario. Nous sommes déjà en rareté de main-d'oeuvre. »
Et maintenant?
DEV, avec les autres intervenants, profite de toutes les tribunes pour défendre la création d'une zone d'exclusion pour l'embauche de TET en raison du contexte géographique particulier de DEV.
Ses responsables ont d'ailleurs lancé une série de rencontres avec les députés provinciaux et fédéraux locaux. DEV a ainsi rencontré la députée de Soulanges Marilyn Picard lundi dernier. Soulignons que celle-ci a donné son appui à Bernard Drainville dans la course pour remplacer François Legault au moins jusqu'aux élections. Bernard Drainville a évoqué être en faveur de l'abolition du PEQ.
Philippe Roy affirme que les actions de mobilisation locale demeurent les mêmes peu importe les députés, le contexte ou leurs allégeances. « Notre argumentaire est solide », conclut le représentant régional.
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