Produits alcoolisés
Retrait des produits américains: une occasion en or pour des gars d'ici
Par Christopher Chartier-Jacques, Directeur régional des contenus
Tout près d'un an après l'annonce du retrait des produits américains des tablettes de la SAQ, les habitudes des consommateurs semblent avoir changé. Le trio de la Distillerie des 3 Lacs est aux premières loges pour le constater. Il s’agit d’une belle démonstration du dicton « le malheur des uns fait le bonheur des autres ».
Rappelons qu’en mars dernier, la Société des alcools du Québec (SAQ) annonçait non seulement le retrait de tous les produits alcoolisés américains de ses produits disponibles, mais aussi la suspension de leur approvisionnement dans les agences, épiceries, bars et restaurants.
Après une période d’incertitude, les consommateurs québécois semblent avoir changé leurs habitudes de consommation. Nicolas Bériault, un des propriétaires et fondateurs de la Distillerie des 3 Lacs, confirme que les impacts sont probants. « On le ressent très clairement dans la catégorie des rhums. Nos ventes ont augmenté de 40 % dans la dernière année », lance l’entrepreneur originaire de Les Cèdres.
Il signale que les effets sont moins marqués pour les catégories de produits moins attachées à l’industrie américaine. Par exemple, la distillerie produit un gin bien connu. « Les États-Unis ne sont pas de grands producteurs de gin, explique-t-il. Je ne peux donc pas voir un effet si spectaculaire. »
Bien que l’entreprise se soit fait connaître grâce à son gin, Nicolas Bériault souligne que le rhum brun épicé est désormais le principal vendeur.
Profiter d’une nouvelle situation
Le jeune entrepreneur ne fait pas de cachette; cette politique représente une occasion en or pour son entreprise. Il renchérit: « On profite de cette opportunité. En même temps, c’est l’fun de voir que les gens découvrent nos produits et qu’ils gardent, jusqu’à preuve du contraire, ce réflexe d’acheter local. On se doute que ce n’est pas une situation éternelle. »
Toujours dans un esprit de profiter d’un contexte favorable, le distillerie campivallensienne s’est lancée dans la production de bouteilles miniatures de 50 ml de rhum blanc. Elle vise ainsi à combler une part de marché laissée vacante par le retrait d’une marque appréciée des Québécois. Selon Nicolas Bériault, l’entreprise peut accueillir cette croissance et ce nouveau volume de production.
D’un autre côté, elle fait progressivement son entrée dans le monde des épiceries avec de nouveaux produits sans alcool.
« On se rend compte que les gens boivent mieux mais je pense qu’on peut dire qu’ils boivent mieux. La distillerie est devenue une valeur sûre, selon moi », conclut le distillateur.
