Des défis à relever pour certaines municipalités
Boom dans Beauharnois-Salaberry: « c’est à cause du prix des terrains»
Par Christopher Chartier-Jacques, Directeur régional des contenus
Depuis le tournant des années 2000, la région de Vaudreuil-Soulanges, et tout spécialement Vaudreuil-Dorion, a attiré l’attention avec sa croissance démographique. À en croire les données les plus récentes, l’éclairage se braque de plus en plus vers la MRC voisine.
L’Institut de la statistique du Québec (ISQ) publie périodiquement des projections sur la croissance de la population par municipalités. Ces projections sur 15 ans font sortir une nouvelle réalité dans la région: en termes comparatifs, les municipalités sur la rive sud du canal de Beauharnois se démarquent par des augmentations de population spectaculaires. Il est à noter cependant que ces augmentations se traduisent en pourcentage et non pas en nombres absolus. Ainsi, même si la population de Saint-Louis-de-Gonzague double dans la prochaine décennie, elle ne devancera pas Vaudreuil-Dorion en nombre d’habitants.
Dans le détails, l’ISQ estime que les populations de Vaudreuil-Dorion et Salaberry-de-Valleyfield croîtront respectivement de 20 et de 17 % d’ici 2041. En comparaison, voici les augmentations attendues pour certaines municipalités de la MRC de Beauharnois-Salaberry:
- Saint-Stanislas-de-Kostka: 43,9 %;
- Saint-Louis-de-Gonzague: 110,9 %;
- Saint-Étienne-de-Beauharnois: 44,1 %;
- Beauharnois: 35,5 %.
Encore de la marge à Salaberry-de-Valleyfield
« Le centre de services scolaire de la Vallée-des-Tisserands est celui avec la plus forte croissance dans toute la Montérégie. Ce n’est pas réellement une surprise » , lance Miguel Lemieux, maire de Salaberry-de-Valleyfield et préfet de la MRC de Beauharnois-Salaberry.
Il poursuit : « Les raisons sont relativement simples. Nous avons des espaces disponibles et les terrains demeurent moins chers que pour les régions autour comme dans Vaudreuil-Soulanges.»
Il explique du même souffle que les résidents actuels n’ont pas à être inquiets puisque les infrastructures municipales comme l’aqueduc demeurent en sous-capacité. Elles ont été prévues pour accueillir et accommoder les nouveaux citoyens et les entreprises.
La réalité est un peu différente pour Beauharnois. La Ville planche présentement à la mise à jour de son réseau d'aqueduc, selon Katherine Vincent, directrice générale. « Nous avons deux systèmes; celui de l'ancienne municipalité de Melocheville et celui de Beauharnois. Les travaux de mise à jour du premier vont bien. Pour celui de Beauharnois, le projet est tributaire de l'arrivée du centre de Google qui est lui-même dans l'attente d'Hydro-Québec pour l'autorisation.»
De nouveaux enjeux
Cette croissance dans Salaberry-de-Valleyfield même, située sur une île, et dans les municipalités directement sur son pourtour apporte son lot de nouveaux défis. La fluidité du transport vient directement à l’esprit.
« Nous vivons un phénomène semblable à celui de l’île de Montréal mais à une échelle beaucoup plus petite, commente M. Lemieux. Salaberry-de-Valleyfield s’est transformée en pôle d’emploi. On doit aussi compter les étudiants. Il y a donc beaucoup de personnes qui essaient d’entrer sur l’île le matin et la quitter en après-midi.»
Pour lui, il est évident que la diminution du trafic automobile sera une de ses tâches au cours des prochaines années. Une des avenues à considérer sera des plans de développement qui viseront à densifier certains secteurs.
Pour Beauharnois, la densification n'est pas une option mais bien une obligation. En effet, contrairement à sa voisine Campivallensienne, Beauharnois est membre de la Communauté métropolitaine de Montréal et donc soumise au Plan métropolitain d'aménagement et de développement.
« On constate quand même les effets de la croissance démographique sur la fluidité du transport, souligne Katherine Vincent. Les résidents de longue date de Beauharnois le remarquent.»
Des réalités changeantes viennent avec de nouveaux enjeux. Reste à voir si la boule de cristal de l'ISQ est digne de confiance.
