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La recherche est menée par des professeurs de l'Université du Québec à Montréal

La plupart des Canadiens ont une vision romantique de l'intimité, selon une étude

durée 04h00
12 février 2024
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne

La plupart des Canadiens ont une vision romantique et plutôt traditionnelle de l'amour et de l'intimité, dévoile une étude menée par des professeurs de l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Toutefois, une conception plus contemporaine pourrait gagner du terrain. 

En interrogeant plus de 3000 personnes âgées de plus de 18 ans à travers le Canada, le projet Cartographier les idéaux amoureux et intimes au Canada a déterminé cinq profils en fonction des valeurs et des idéaux des citoyens en matière d'intimité et de relations amoureuses. 

Celui qui comporte la plus grande proportion de répondants (44,6 %) a été nommé «raisonnablement romantique» par les chercheurs. Il est composé de personnes qui «endossent tièdement les idées romantiques, tout en exprimant une vision légèrement négative des idées plus modernes», comme la non-monogamie et le sexe sans engagement. Parmi les personnes interrogées, 14,8 % ont été classées dans le profil «complètement romantique», composé de répondants qui croient que l'amour peut surmonter tous les obstacles, et que le destin unit deux personnes faites l'une pour l'autre. 

La professeure au département de sociologie de l'UQAM et chercheuse principale de l'étude, Chiara Piazzesi, n'a pas été surprise par ces résultats. 

«Ça confirme des attentes que nous avions, c’est-à-dire que la majorité de la population est dans une relative ouverture, indifférence, ou légère froideur à l’égard des idéaux plus modernes. Par contre, (elle est) encore relativement sensible à l’idéalisation romantique», a-t-elle affirmé, en disant que ces idées se basent notamment sur les représentations audiovisuelles, qui valorisent souvent une vision romantique du couple. 

«Ce qui nous a quand même intrigués, c’était de voir que des profils plus modernes se différencient vraiment autour de la valeur de la non-monogamie consensuelle versus le sexe sans engagement, qui semble vraiment faire une différence importante», a ajouté Mme Piazzesi. 

Les trois autres profils déterminés par l'étude, qui en est à sa troisième année sur cinq, s'inscrivent dans une vision plus contemporaine de l'intimité. Le profil «prudemment moderne», qui est composé de 16,8 % des répondants, est caractérisé par les personnes qui rejettent la non-monogamie consensuelle, mais qui estiment le sexe sans engagement acceptable.

Les personnes associées au profil «généralement moderne» (5,6% des répondants) rejettent pour leur part la croyance en l'unicité de l'amour. Elles sont d'accord avec la non-monogamie consensuelle, mais s'opposent au sexe sans engagement. 

Enfin, 18,1 % des personnes ayant participé à l'étude ont été classées dans le profil «complètement moderne», où les citoyens rejettent les idées romantiques en appuyant clairement la non-monogamie consensuelle et la sexualité sans engagement. 

Des différences entre les croyances et la pratique

Selon MmePiazzesi, il est possible que les profils modernes gagnent en popularité au fil des ans. 

«C’est possible que le nombre de personnes qui s’ouvrent, qui considèrent de plus en plus des formes de non-monogamie comme acceptables, augmente au fil des changements générationnels. Ce qu’on remarque, c’est que les personnes les plus jeunes se trouvent dans les deux profils les plus modernes», précise la professeure. 

«Cela pourrait être expliqué par un changement culturel qui est en cours, ça pourrait aussi s’expliquer relativement à la phase de la vie dans laquelle les personnes se trouvent», ajoute-t-elle.  

Toutefois, ce n'est pas parce qu'une personne s'inscrit dans un profil moderne puisqu'elle considère la non-monogamie et la sexualité sans engagement comme acceptables que ces pratiques font partie de son quotidien. 

«Parfois, la non-monogamie c’est soit une position de principe, de dire, c’est tout à fait acceptable, mais ce n’est pas pour moi. Des fois, ça a été une phase de la vie de ces personnes», indique-t-elle. 

Coralie Laplante, La Presse Canadienne

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