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Office régional d'habitation de Vaudreuil-Soulanges

« Nous vivons une crise du logement sans précédent » - Manon Charest

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9 février 2024
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Jessica Brisson
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Par Jessica Brisson, Éditrice adjointe

Triste réalité partout au Québec, la crise du logement s'est grandement aggravée en 2023 et malheureusement, 2024 ne s'annonce guère plus encourageante. De quoi inquiéter la directrice générale de l’Office régional de l’habitation de Vaudreuil-Soulanges (ORHVS), Manon Charest.

« Nous vivons une crise du logement sans précédent. On essaie de pallier les besoins de nos citoyens de Vaudreuil-Soulanges en déployant notre service d'aide à la recherche de logements. L’année 2024 vient à peine de commencer et elle s’annonce très occupée », expliquait, en entrevue à Néomédia, Manon Charest.

En janvier dernier, le Tribunal administratif du logement (TLA) a annoncé les taux d’ajustement sur lesquels les propriétaires d’immeubles à logements doivent se baser pour calculer leurs augmentations de loyer. Ainsi, pour juillet 2024, les locataires peuvent s’attendre à une hausse de 4% pour un logement chauffé à l’électricité.  

« Si les propriétaires ont fait des rénovations, si leurs taxes ont augmenté, s'ils ont renouvelé leur hypothèque, il est possible que l'augmentation soit supérieure. Ils sont censés s'en tenir à ce barème, mais ils peuvent demander au TAL l’autorisation d’augmenter de plus de 4%, tout en démontrant que c'est justifiable », ajoute la directrice générale.

Actuellement dans Vaudreuil-Soulanges, pour un 3 1/2, un locataire peut s’attendre à payer 1 312 $ par mois. « C’est le prix sur le marché. Oui, il y a des propriétaires qui louent à 650$ par mois. Mais en ce moment, sur marché ce qui est disponible est à 1 312 $ », de dire Manon Charest. Pour un 4 1/2, les mensualités varient entre 1 500$ et 1 700$ et pour un 5 1/2, c’est 2 300$ en moyenne. « Ça, ce sont les prix avant l’augmentation prévue en juillet. Et des 5 1/2, des 6 1/2 ou des 7 1/2, il n’y en pas dans la région ».

« C’est la troisième année que ça gonfle. Des gens ont pris des logements qu'ils ont de la difficulté à payer. J'ai l'impression que cette année, ça va exploser », a renchéri Marie-Ève Brisson, gestionnaire de projets au sein de l’ORHVS. 

Autre élément pouvant expliquer la crise actuelle, selon Mme Brisson, c'est le prix des maisons. « Avant, vers 24, 25 ans, les gens commençaient à regarder pour s’acheter une maison et devenir propriétaires.  Aujourd’hui, avec le prix inabordable des maisons les jeunes restent plus longtemps en logement. Ça vient donc créer une rareté des logements. C’est une réalité que l’on vit ».

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Les familles les plus touchées

« La conjoncture économique nous donne la tempête parfaite, entre autres, avec les coûts des matériaux, de la main-d’oeuvre et des taux d'intérêt. Il n'y a rien de simple. En moyenne, les gens consacrent actuellement 50%, 60% et même plus, de leurs revenus à se loger. Ça veut dire qu'il reste combien pour s'alimenter, payer les fournitures scolaires, les vêtements, les médicaments, les réparations, l’électricité ? Quand on regarde ça, nous sommes vraiment inquiets », poursuit Manon Charest.

Selon la directrice générale de l’ORHVS, les familles seraient les principales victimes de la crise du logement. « Elles vivent beaucoup de rénovictions de la part des propriétaires et des offres de logements 5 1/2, 6 1/2, et de 7 1/2, il n’y en a pas. C'est à la grandeur de la MRC. Que l'on soit à Rigaud, à Saint-Zotique, à Les Coteaux ou à Vaudreuil-Dorion, c'est la même chose. En 2023, nous avons dû héberger à l’hôtel des familles et des parents avec de jeunes enfants parce qu’ils ont été expulsés par leurs propriétaires pour toutes sortes de raisons. Toute l’année, nous avons eu des gens à l’hôtel », déplore-t-elle.

Et, si des offres il y a, encore faut-il que les prix soient raisonnables. « Si on pense aux femmes victimes de violence ou aux couples qui veulent se séparer, souvent, ces femmes restent dans leur logement et endurent des choses qu’elles ne devraient pas, parce qu’elles sont incapables de se trouver un logement. Se payer un loyer à 1 500$, 1 600$ avec un seul salaire, ça ne fonctionne pas. Le défi est tout sauf simple », ajoute Mme Charest. 

L’immigration viendrait également jouer un rôle important dans la crise que vit actuellement Vaudreuil-Soulages, mais aussi l’ensemble du pays. « Beaucoup d'immigrants arrivent ici avec le désir de vivre avec grand-papa, grand-maman, les frères et les soeurs. Nous n’avons pas de logements pour accueillir ces gens-là », de dire la directrice générale, tout en ajoutant que la situation touche également les grandes familles, les familles recomposées. « Finalement, on se rend compte que ce n'est pas seulement les gens les plus vulnérables qui sont touchés, mais tout le monde. C'est vraiment inquiétant », ajoute-t-elle. 

Un travail de sensibilisation

Si la crise du logement peut être attribuable à plusieurs facteurs extérieurs aux locataires, il n’en reste pas moins que ces derniers ont aussi certaines responsabilités et, pour Manon Charest, il est évident qu’un travail de sensibilisation doit se faire. 

« On doit sensibiliser les gens, leur faire comprendre qu’avant de résilier leur bail, ils doivent en signer un autre ailleurs. Ils doivent aussi comprendre que comme les propriétaires, ils ont des droits et des responsabilités en tant que locataires. Ils peuvent d’ailleurs consulter la plateforme, "Mon logement, mes droits", pour s’informer de leurs droits et obligations.

Les gens ne pensent pas, quand ils vont au TAL, que s'ils ne paient pas leur loyer et qu’ils se font évincer, ce sera beaucoup plus difficile après de trouver un propriétaire qui voudra leur faire confiance. Les gens doivent démontrer, le plus possible, patte blanche, dans leur dossier. Ils doivent agir en amont et être plus prévoyants » rappelle la directrice générale. 

Service d’aide à la recherche d’un logement

Depuis quelque temps, l’ORHVS offre à la population un service d’aide à la recherche d’un logement (SARL). Entièrement gratuit, le SARL se veut un service d’assistance et s’adresse à l’ensemble de la population, toutes classes confondues.  

D’ailleurs, un outil à la recherche de logement est disponible sur le site Internet de l’ORHVS (orhvs.ca) dans la section Rechercher un logement.

« C’est vraiment important que les gens sachent que ce service n’est pas juste pour les personnes vulnérables. Il est offert à tout le monde. Notre objectif, avec le SARL, est de rediriger les gens vers les bonnes plateformes de recherches. Nous ne sommes pas là avec une banque de logements ou pour faire des maillages. Nous sommes là pour assister les gens dans leurs recherches », conclut Marie-Ève Brisson.

Pour en savoir plus sur les services de l’Office régional d’habitation de Vaudreuil-Soulanges, consultez le orhvs.ca.

 

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