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Saint-Valentin pour Ann et Rod : 57 ans de mariage

Il me demande beaucoup, mais il me donne la lune!

durée 18h00
14 février 2023
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Pour la Saint-Valentin, nous avons rencontré un couple de la région qui est marié depuis 57 ans, Ann et Rod. Rod l'avoue, dès qu'il l'a vue, il a pensé que ce serait la femme de sa vie. Ann a également eu cette intuition à leur deuxième rencontre.

La rencontre

Rien, en apparence, ne les destinait l'un à l'autre. Elle est née à Arvida, dans une petite ville anglophone, siège social d'Alcan, son nom de famille est White. Rod est né à Trois-Rivières, dans une famille francophone et son nom de famille est Desmarais.

Puis, par le hasard des circonstances de la vie, ils sont tous les deux déménagés, Rod à Dorval pour ses études au collège Loyola, et Ann, qui a suivi ses parents à Montréal.

Ils avaient une connaissance en commun, l'ami de coeur de la soeur d'Ann, André Gladu. Rod vivait à ce moment-là en appartement à Dorval et son futur beau-frère André demeurait en face. C'était un soir de party town se souvient Rod. Plusieurs locataires des blocs à appartements se visitaient la fin de semaine. 

Ann était accompagnée d'un autre garçon et quand Rod est entré chez le beau-frère d'Ann, il l'a immédiatement remarquée. Il est allé lui parler rapidement « Qui es-tu? » a-t-il demandé. Il avait pris quelques verres et Ann l'a trouvé un peu sans-gêne ce soir-là.

Rod a demandé au beau-frère de vérifier avec Ann si elle acceptait qu'il l'appelle. Elle a dit oui.

Il l'a invitée pour la 2e rencontre à un party à la piscine liée à son appartement. Il a fait des steaks sur le barbecue... « Le premier de millions de steaks qu'il cuisinera sur le BBQ dans notre vie », raconte Ann. « Tout était parfait, se souvient Ann; et j'ai vu qu'il se comportait comme un vrai gentleman ». Ensuite, ils sont allés s'amuser en go-kart tout près.

Les fréquentations

Elle n'a pas accepté de le revoir la semaine suivante, car elle voyait un autre prétendant. Il l'a invitée au cinéma la semaine d'après. Ann poursuit: « On s'est promenés après le cinéma et j'ai commencé à le trouver vraiment à mon goût. J'aimais son côté gentleman, j'admirais le fait qu'il soit un athlète, il jouait comme défense au football semi-professionnel et je sentais que c'était un homme bon ».

Rod dit : « Elle était belle, ouverte aux nouvelles idées, et elle voyait la beauté dans tout », continue Rod.

Après cinq sorties, ce fut la demande en mariage de Rod. Ann était surprise et a demandé un peu de temps de réflexion. Ce à quoi, Rod a répondu : « Penses-y vite parce que je n'attendrai pas trop longtemps ».

Le mariage

Ils se sont épousés dans la salle de bal de l'hôtel Windsor à Montréal, devant 125 invités, le 25 juin 1966, il y a 57 ans.

Un an après, le premier garçon naissait et deux ans plus tard, le second : Paul et Darcy : deux beaux enfants en santé qui ont fait la joie des parents. Ils ont également connu l'épreuve de perdre une fille, Aimée Catherine, décédée un jour après sa naissance.

Comment raconter 57 ans en quelques phrases. Rod travaillait comme représentant des ventes pour diverses compagnies depuis qu'ils s'étaient rencontrés. Au début du mariage, iI a été promu à titre du plus jeune gérant des ventes chez Scott Paper et ils ont vécu 5 ans à Québec. «

« Je m'ennuyais beaucoup à Québec; j'essayais d'améliorer mon français en marchant avec mes voisines mais c'était difficile.» Ann poursuit: « J'ai reçu un très beau cadeau durant cette période où je me sentais très isolée de ma famille, car nous nous sommes énormément rapprochés, nous étions toujours tous les quatre ensemble, c'était merveilleux ». Ann est convaincue qu'il y a toujours un cadeau derrière une épreuve ou une difficulté.

Rod avait un esprit d'entrepreneur et pensait constamment à fonder sa propre compagnie. Il a tenté d'ouvrir une beignerie et ça n'a pas fonctionné. Ils ont perdu toutes leurs économies. Ils ont tenu à payer leurs dettes, ont tout vendu, même les bijoux, se rappelle Ann.

Ils ont quitté Québec et ont réussi à acheter une maison à Dorion, à l'angle des rues Galt et Saint-Charles, avec deux locataires. Ils y sont demeurés plusieurs années avant de déménager à Notre-Dame-de-L'Île-Perrot.

Un grave accident et un tournant

Le 2 février 1976 s'abat une importante tempête de neige. Rod ne se rend pas au travail ce jour-là mais se dit qu'il peut aller à son rendez-vous tout près à Vaudreuil-Dorion, chez Hoffman-La Roche. Dans la baie de Vaudreuil, alors que la visibilité est nulle, un tamponnage de plusieurs véhicules se produit.

Une automobile frappe sa voiture. Il sort de l'auto pour ramasser ses papiers et il voit un camion venir; il essaie de sauter par-dessus son auto et ne réussit pas; il tombe entre les voitures, le camion frappe le tas de voitures et sa jambe est écrasée entre les autos. 

« J'avais peur d'être décapité. J'ai crié " Dieu! aide-moi et le l'ai senti à côté de moi » avoue Rod, qui n'est pas très religieux, mais qui considère alors avoir été protégé. L'ambulance qui l'a transporté à l'Hôpital général du Lakeshore a dû être attachée à un chasse-neige de la Ville de Vaudreuil pour se frayer un chemin jusqu'à Pointe-Claire.

Le chirurgien orthopédiste qui a opéré Rod, le Dr Houle, s'est rendu à l'hôpital en raquettes ce jour-là. Sa jambe était en bouillie, a constaté le chirurgien. Avant d'être opéré, Rod a appelé Ann et lui a dit : « Ne t'inquiète pas, le maire de Trois-Rivières a été amputé des 2 jambes et il a fait une belle vie ». Dr Houle a tout fait pour sauver sa jambe et il a réussi.

La convalescence a duré un an, une partie avec la jambe en traction au Lakeshore et le reste du temps à la maison à Dorion, avec un plâtre à partir du pied jusqu'au haut de la cuisse. Une 2e opération, due a une phlébite et où Rod a failli mourir, l'a obligé à se faire réopérer d'urgence et à faire un testament. Optimiste en dépit de tout, il a rassuré Ann : « Ne te sens pas mal, je ne vais pas mourir ».

Durant cette période, son employeur est passé le voir à la maison pour le congédier. Plus tard, il l'a réembauché. 

Le lancement de Duopac par Rod

Et bien sûr, il s'est relevé. Ann a travaillé dans son sous-sol pour apporter un peu d'argent au moulin puis ils ont reçu un montant en compensation de la CSST. Rod a commencé son entreprise d'emballage et d'embouteillage à partir du sous-sol de la maison pendant un certain temps, avant de s'associer avec l'un de ses anciens vendeurs. 

Ils ont fondé la compagnie Duopac à Pointe-Claire, spécialiste dans l'emballage et l'embouteillage, etc.

Ann a travaillé avec Rod pendant 11 ans puis a pris sa retraite. Eh oui! Rod a réalisé son rêve de fonder une entreprise à succès. Quand il a pris sa retraite et vendu Duopac dans les années 90, l'entreprise comptait 150 employés, et son imprimerie 50 de plus.

Quand les enfants avaient un peu vieilli et avaient moins besoin d'elle, Ann a ressenti un grand vide intérieur et s'en est ouverte à Rod. Il lui a répondu : « Ann, je t'aime mais je n'ai pas la responsabilité de te rendre heureuse, c'est ta responsabilité ».

Ann l'artiste

Par la suite, elle s'est impliquée pendant 8 ans comme guide et hôtesse bénévole à la maison Trestler. « Une belle période, je me suis ouverte à tous les artistes québécois », se souvient Ann.

Ann peint depuis son adolescence. Durant les années financières difficiles, elle vendait des toiles et prenait parfois des commandes. Elle a exposé plusieurs toiles à la Galerie Pierre Séguin à Notre-Dame-de-L'Île-Perrot où ses oeuvres ont été très populaires à quelques vernissages, dont une exposition en 2003, dans le cadre du Mois du cancer du sein.

Durant les années de succès, Ann est également retournée aux études et a complété avec honneur un programme des beaux-arts au Collège John Abbott. Sa détermination a impressionné Rod. Elle s'est ensuite inscrite à des cours de théologie à l'Université de Montréal par passion.

La retraite

Ils ont passé plus de 15 hivers en Floride jusqu'à il y a quelques années. Rod a toujours pu compter sur un bon cercle d'amis et Ann aussi.

Quand ils ont commencé à avoir plus de temps pour les loisirs, ils ont un peu craint que le manque d'activités en commun puisse les éloigner et ils en ont discuté : l'une, toujours dans la créativité et peintre très talentueuse, l'autre, homme d'affaires à l'esprit rationnel.

Rod a dit à Ann : « Ne t'attends pas à ce que je prenne un pinceau ». Bien sûr, il n'avait pas ce talent et Ann a décidé de s'initier au golf pour pouvoir partager ce passe-temps avec lui et ainsi éviter qu'ils se perdent de vue. Ann continue : « Je n'ai jamais été une bonne joueuse, j'étais très moyenne mais je l'ai accompagné et j'ai joué avec lui partout dans le monde; et j'en suis venue à aimer ça ».

Au cours des années, d'autres épreuves ont parsemé leur route. C'est toujours ensemble qu'ils les ont traversées. Rod a encore aujourd'hui des séquelles en lien avec sa blessure à la jambe et les douleurs ont augmenté au fil des ans.

En diverses occasions, il doit prendre la chaise roulante pour se déplacer. Ann a développé un glaucome de plus en plus sévère et Rod l'a accompagnée et soutenue pour une quinzaine d'interventions et de traitements. La vue d'Ann beaucoup diminué aujourd'hui.

Rod a également subi un accident de la route il y a quelques années, et il a souffert d'un traumatisme crânien sévère, qui a laissé des séquelles.

Les secrets de la réussite de leur couple, s'il y en a

En fait, le secret de la longévité de leur couple réside en bonne partie dans leur détermination commune, leur admiration mutuelle et leur grand amour. Ann explique : « Il attend beaucoup de moi, mais il me donne la lune ». Rod insiste particulièrement sur la loyauté sans faille dont Ann a toujours fait preuve.

Ils ont beaucoup voyagé : un peu plus de 50 destinations dans le monde. Ann rapporte : « Je voyais avec des yeux différents et il voyait par mes yeux ». Rod a toujours admiré chez Ann cette capacité de percevoir la beauté.  

Ils se sont disputés et ont discuté fermement à quelques reprises mais Ann tient à préciser qu'il n'y a jamais eu d'insultes et de blasphèmes dans leurs discussions : le respect était toujours présent.

Ann avoue que le soutien et la proximité de ses 4 soeurs et de son frère sont essentiels à son bien-être.

Les roses rouges

Rod est un amoureux des roses rouges. Avant qu'il se marie, alors qu'il était chez la mère d'Ann et que celle-ci revenait d'un petit séjour à l'extérieur, Il avait fait livrer trois douzaines de roses rouges pour l'occasion. Ann se rappelle en souriant que sa mère, n'ayant pas de vase assez grand, les avait déposées dans une chaudière.

Cela est devenu une tradition et toutes les occasions sont bonnes pour offrir des roses rouges à Ann. Nul doute que pour la Saint-Valentin 2023, il y en aura à leur porte à un moment de la journée.

Quand ils se couchent le soir, Ann dit à Rod : « Je t'aime »; Rod répond : « Je t'aime plus ».

N.B. Le véritable prénom de Rod est Rodrigue. Toutefois, même les clients l'appelaient Rod après très peu de temps, alors que tous ses proches et connaissances n'utilisent que Rod.

 

 

 

 

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