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Un dispositif utilisé depuis près de 25 ans en Ontario

Un pompier de Rivière-Beaudette milite pour l’utilisation du gyrophare vert

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31 août 2019
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Marie-Claude Pilon
Par Marie-Claude Pilon, Journaliste

Au Québec, les véhicules d’urgence, comme les camions pompiers ou les autopatrouilles sont munis de gyrophares. Un pompier volontaire de Rivière-Beaudette milite depuis quelques années afin que lui et ses collègues du Québec puissent utiliser un gyrophare vert lorsqu’ils se rendent sur les lieux d’une intervention.

Concrètement, le gyrophare vert, qui est officiellement reconnu en Ontario, est un dispositif qu’on installe dans son pare-brise. Celui-ci avise, s’il est activé, qu’un pompier volontaire est au volant et en route vers les lieux d’une intervention. Pour Jean-Guy Poulin, ce dispositif est plus que nécessaire au Québec.

« Près de 80 % des services de sécurité incendie du Québec n’ont pas de pompiers en caserne à temps plein. Par conséquent, ils sont formés de pompiers volontaires à temps partiel qui ont tous une vie en parallèle à leur profession de pompier. Une demande d'intervention peut survenir à tout moment et ce serait bien que les gens qui roulent en même temps que moi sur les routes sachent, qu’à cet instant précis, je vais aider des gens », raconte-t-il.

Projet-pilote 

Le 13 février 2014, l’ex-ministre de la Justice, Stéphanie Vallée remettait à l’Assemblée nationale de Québec, une pétition de 2700 signataires. L’objectif? Demander au gouvernement provincial de reconnaître officiellement le gyrophare vert comme c’est le cas en Ontario depuis près de 25 ans.

« Le gouvernement nous a entendu en quelque sorte. Depuis 2015, un projet-pilote est en cours dans les MRC de Bécancour et Des Collines afin de tester ce dispositif. Au total, 400 pompiers peuvent utiliser le gyrophare vert dans le cadre de cette initiative. Mais le gouvernement devra prendre une décision en mars 2020, soit au terme de celui-ci », ajoute M. Poulin.

Des avantages et des inconvénients

De l’aveu de M. Poulin, le gyrophare vert, s’il est adopté à l’échelle provinciale, a des avantages, mais aussi des inconvénients. « Premièrement, il identifie clairement que la personne au volant de la voiture est un pompier en route pour combattre un incendie. Deuxièmement, ça assure ma sécurité et celle des autres automobilistes qui partagent la route avec moi si je suis clairement identifié. Par contre, ce système a aussi des inconvénients », philosophe-t-il.

Abus possible

On pourrait décrire le principal désavantage du gyrophare vert comme sa distribution. Comment garantir qu’il est acheté uniquement par des pompiers volontaires? Comment s’assurer que ceux-ci n’abusent pas des privilèges venant avec celui-ci pour enfreindre, par exemple, le Code de la sécurité routière?

« Ici, à Hawkesbury-Est, c’est le pompier qui doit se procurer le gyrophare vert, ce qui fait en sorte que ce n’est pas tout le monde qui en a un. Dans certains services de sécurité incendie plus gros, c’est l’organisation qui le fournit aux pompiers, ce qui assure une uniformité. Au moment de l’achat, en personne ou sur Internet, aucune carte n’est demandée pour prouver notre statut de pompier volontaire. Donc pas mal n’importe qui peut munir son véhicule de cet équipement et l’uitliser », témoigne pour sa part le directeur du Service de sécurité incendie de Hawkesbury-Est, Bryce Luker.

Il poursuit en soutenant de façon générale, la collaboration avec les citoyens est bonne à la vue d’un gyrophare vert activé. Cependant, certaines personnes ne savent pas ce que c’est. « En aucun temps, le gyrophare vert donne le droit d’enfreindre le Code de la sécurité routière ou d’avoir un comportement dangereux au volant. C’est simplement pour prévenir les autres automobilistes et nous permettent de rouler sur l’accotement au besoin », renchérit M. Poulin.

Sensibilisation du public

Que ce soit du coté de M. Poulin et ou de M. Luker, on estime qu’il serait utile d’informer le public sur le gyrophare vert. « Si le projet vient à être légalisé au Québec, ce serait bien de le publiciser », estime le premier. « Encore trop de citoyens ne savent pas comment réagir en voyant un gyrophare vert ou ne savent pas ce que c’est. Ce serait bien de les sensibiliser sur le sujet », conclut le second.

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