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Plusieurs autres femmes ont dénoncé l’hôpital du Suroît

Décès périnatal: le cri du coeur de Stéphanie Leclerc Latulippe

durée 18h00
6 mai 2026
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Maxim Ouellet
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Par Maxim Ouellet, Journaliste

Le 5 décembre 2025, la tragédie frappe la famille Leclerc Bichet. D'après la mère, des complications et un manque de rigueur médicale mènent au décès de la petite Ophélie qui n’aura finalement jamais vu le jour. Le tout s’est passé à l'hôpital du Suroît, à Salaberry-de-Valleyfield. 

Stéphanie Leclerc Latulippe arrive vers 7 h du matin à l'hôpital le 4 décembre, date à laquelle son rendez-vous avait été fixé par sa médecin. La femme est en pleine forme, elle qui est habituée à courir des demi-marathons. D'après les dernières nouvelles, son bébé se porte bien et elle n’a rien à craindre. Après tout, Stéphanie a donné naissance à son premier enfant à l'hôpital du Suroît.

Une fois couchée, les infirmières remarquent que Mme Leclerc Latulippe n’est pas assez dilatée pour accoucher, on lui donne donc un médicament à trois reprises puis on essaie de déclencher l’accouchement en lui insérant un ballonnet sans succès. « C’est comme si mon corps n’était pas prêt à accoucher cette journée-là », explique la campivallensienne. 

Vers minuit, ses contractions deviennent plus intenses et le personnel s’active puisque personne ne semble en mesure de capter le rythme cardiaque du bébé. Une personne responsable demande donc qu’on procède à une césarienne d’urgence, mais, selon la maman concernée, l'anesthésiste n’est jamais appelé. L'opération a lieu deux heures plus tard.

« On m’a dit par la suite qu’une procédure comme ça doit avoir lieu dans les 30 prochaines minutes, pourquoi y’a pas eu de réaction ? On a perdu du temps ! », déplore Stéphanie.

Pendant l’opération qui dure 8 h, Mme Leclerc Latulippe perd beaucoup de sang. Tellement, qu’elle frôle aussi la mort. On la plonge pendant deux jours sous anesthésie générale puis elle est déplacée aux soins intensifs dans un autre hôpital. « J’ai été en douleur comme jamais et malgré toute cette souffrance, notre enfant n’est pas en vie », déclare-t-elle.

Une peine qui fait écho

Depuis qu’elle a partagé son histoire, plusieurs autres femmes ont appelé Stéphanie Leclerc Latulippe pour lui faire part d’un constat similaire: quelque chose ne fonctionne pas comme il se doit à l'hôpital du Suroît.  

Elles étaient cinq à témoigner hier dans le Journal de Montréal. « On se questionne énormément et on n'est pas les seuls [...] Quand ça va mal il faut qu’il y ait un filet de sécurité », signale Mme Leclerc Latulippe. 

Selon la mère, « beaucoup de choses auraient pu se passer différemment », autant pour elle que pour les autres mamans ayant perdu leur enfant dans de telles circonstances.

Une enquête du  coroner visant à faire la lumière sur les causes de la mort d'Ophélie Leclerc Latulippe est actuellement en cours.

Provoquer un sentiment d’inquiétude

Contacté par Neomedia, le CISSS de la Montérégie-Ouest (CISSSMO), qui chapeaute l'hôpital en question, a tenu à rassurer les futures mamans qui auraient à y accoucher.

« Nous comprenons profondément les inquiétudes que ce type de situation peut susciter chez les futures mamans et leurs proches. Donner naissance est un moment important, et il est tout à fait normal de vouloir se sentir en sécurité et en confiance. »

Que ce soit à Salaberry-de-Valleyfield, ailleurs en Montérégie ou dans n’importe quel centre hospitalier de la province, des complications menant au décès du nouveau-né peuvent survenir et ce, malgré la grande qualité des soins octroyés. 

Les statistiques tendent d’ailleurs à démontrer que le taux de mortalité à la naissance en Montérégie se situe dans la moyenne québécoise. En 2025, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) dénombre 39 morts-nés sur 9486 naissances dans la région administrative, ce qui représente 0,4 % des accouchements. À titre comparatif, la moyenne québécoise pour la même année est d’environ 0,8 %.

Au moment d’écrire ces lignes, il est toutefois impossible de déterminer si l'hôpital du Suroît fait pire que les autres hôpitaux de la région à ce chapitre.

Un décès périnatal demeure une épreuve qu’aucun parent ne devrait subir. 

« Chaque situation fait l’objet d’analyses cliniques rigoureuses afin de bien comprendre les circonstances et, au besoin, d’identifier des pistes d’amélioration », réitère le CISSSMO en assurant que les soins en périnatalité et en obstétrique reposent sur des standards cliniques reconnus.

La famille Leclerc Bichet a aussi porté plainte à l'hôpital du Suroît. Des recommandations vont être faites à l'équipe en obstétrique dans les plus brefs délais, mais le plus important pour Stéphanie Leclerc Latulippe, c’est que cette situation-là ne se reproduise plus. Pour elle, le réel enjeu est le manque de ressources.

Avoir accès à du soutien psychologique: pas facile

Malgré tout ce qu’elle et son conjoint ont traversé, ils n’ont pas eu droit à un suivi psychologique. Les listes d’attente pour consulter au public étant interminables, les deux parents se sont tournés vers le privé. Stéphanie critique le non-sens: « comment se fait-il qu’on ait aucun soutien après la perte de notre enfant [...] heureusement, on peut compter sur notre famille et nos amis. »

Grâce à la compréhension de son employeur, Stéphanie Leclerc Latulippe est en arrêt maladie jusqu’en septembre. 

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