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Immigration économique

Des seuils d’immigration jugés insuffisants par la FCCQ et la CCIVS

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15 janvier 2026
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Maxim Ouellet
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Par Maxim Ouellet, Journaliste

En conférence de presse mercredi matin, la Chambre de commerce et d’industrie de Vaudreuil-Soulanges (CCIVS) ainsi que la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) ont vivement critiqué le plan d’immigration 2026-2029 du gouvernement du Québec, estimant que les seuils annoncés sont nettement insuffisants pour répondre aux besoins criants des entreprises, tant en région qu’à l’échelle provinciale.

Devant des dirigeants d’entreprises locales ainsi que des élus municipaux et provinciaux, la présidente-directrice générale de la FCCQ, Véronique Proulx, et Pierjean Savard, président de Conteneurs Experts à Vaudreuil-Dorion, ont dressé un portrait qu’ils jugent préoccupant de la situation. 

Selon les données de la Fédération, la province fait face à un déficit d’environ 106 000 travailleurs économiques, alors que les cibles gouvernementales annoncées de 45 000 nouveaux arrivants sont largement en deçà des besoins réels. Les élus ont abondé dans le même sens, réitérant le besoin de cibles plus réalistes et adaptées aux différentes régions du Québec.

« Il n’est pas minuit moins une, il est deux heures du matin », a résumé Mme Proulx, soulignant que la rareté de main-d’œuvre constitue désormais l’enjeu numéro un pour les commerces, particulièrement pour les petites et moyennes entreprises (PME), souvent moins attractives que les grands employeurs auprès des travailleurs étrangers.

« On fait affaire avec des travailleurs étrangers depuis plusieurs années, ce n’est pas nouveau, c’est essentiel », ont martelé les intervenants.

Des impacts déjà bien réels pour les entreprises de la région

Des entrepreneurs de Vaudreuil-Soulanges sur place mercredi matin ont témoigné de réalités difficiles : impossibilité de renouveler les permis de travailleurs étrangers temporaires, abandon de projets de croissance, pertes de contrats et ralentissement des activités. 

Certains établissements, dont des résidences pour aînés et des entreprises manufacturières où une bonne partie de la main-d’œuvre est issue de l’immigration, se voient contraints de mettre leurs ambitions de développement sur pause et de devoir constamment trouver du personnel qualifié prêt à les remplacer en cas de départ. 

« Ce n’est pas facile, d’autant plus que j’ai peur qu’on vide les autres entreprises pour fournir l'hôpital de Vaudreuil [...] je ne sais pas comment on va faire », s’inquiète Jean-François Blanchard, propriétaire du Manoir Harwood où 13 % des employés sont dans la province de façon temporaire.

Le PEQ et les travailleurs étrangers temporaires au cœur des préoccupations

D’ailleurs, la fin du programme de l’expérience québécoise (PEQ) a également contribué au déséquilibre et au manque de prévisibilité. Selon la FCCQ et la CCIVS, cette décision force des travailleurs déjà intégrés, formés et actifs dans des secteurs en pénurie à quitter le Québec, malgré les investissements consentis par les entreprises pour leur intégration.

La Fédération réclame le maintien du programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), une meilleure conversion vers la résidence permanente ainsi que des règles plus simples et prévisibles, tant à Québec qu’à Ottawa. 

La prévisibilité des seuils demeure, selon Mme Proulx, « le nerf de la guerre » pour permettre aux entreprises de planifier leurs opérations et leurs services.

Vers des solutions plus flexibles et adaptées aux régions

La FCCQ propose l’instauration de seuils temporaires d’immigration, plus flexibles, ainsi que la création d’un tableau de bord public permettant de suivre en temps réel le nombre de travailleurs présents et manquants. Elle plaide également pour une immigration ciblée par métiers en pénurie, afin de mieux arrimer les besoins économiques aux politiques migratoires.

« Ils s’intègrent bien à l’équipe et à la communauté, ce ne sont pas des travailleurs de passage sans attache », a mentionné un dirigeant d’entreprise dépité par la situation.

Une approche décentralisée est à privilégier selon Véronique Proulx et Pierjean Savard, puisqu’elle tiendrait compte des réalités propres aux régions. 

Plusieurs municipalités se disent prêtes à contribuer davantage à l’accueil et à l’intégration des nouveaux arrivants, à condition d’avoir les leviers nécessaires en matière de logement, de francisation et de services.

Un enjeu tant humain qu’économique

Pierjean Savard distingue par ailleurs l’immigration économique, qu’il juge essentielle au maintien des activités régionales, de l’immigration non économique, qu’il estime plus difficile à absorber pour les infrastructures locales. 

« Il y a un an et demi, deux ans, on avait de la place pour tout le monde, la capacité des logements n’était pas nécessairement un enjeu. Ce qui fait mal, et on ne peut pas le nier, c'est l'immigration qui est non économique. Tous ceux qui passent par le chemin Roxham, qui sont rentrés en masse, ça prend des places dans les CPA, dans les écoles et dans les logements, a exprimé monsieur Savard.

Il plaide enfin pour une plus grande cohérence des politiques publiques et pour le maintien des travailleurs déjà intégrés au Québec, rappelant que leur départ forcé représente une perte humaine et économique importante pour les régions.

Si l’impact économique a été largement abordé, plusieurs intervenants ont insisté sur l’importance de replacer l’humain au cœur du débat. « Les familles immigrantes apportent beaucoup plus que juste de la main-d’œuvre », a rappelé Danie Deschênes, mairesse de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot, soulignant la nécessité d’améliorer l’acceptabilité sociale et le sentiment d’appartenance. 

Selon elle, le discours vis-à-vis de l'immigration au Québec est trop négatif et pousse ainsi une partie de la population à s'opposer à une hausse des seuils présentés.

Les positions du politique

D’ailleurs, les maires des villes de Pincourt et de l’Ile-Perrot étaient également présents. En compagnie de Mme Deschênes, ils ont réclamé une meilleure consultation des régions dans l’élaboration des politiques d’immigration économique, affirmant que le potentiel de développement régional est sous-estimé.

« Il y a beaucoup de red tape. C'est ça, le gros enjeu. La bureaucratie des gouvernements au-dessus de nous ralentit la mise en chantier des projets de logement. Il faut qu’on s'implique et qu’on communique avec DEV et les chambres de commerces afin de se donner une voix », a indiqué Claude Comeau, maire de Pincourt.

Du côté du provincial, Marie-Claude Nichols, députée libérale dans la circonscription de Vaudreuil, a assisté à l’échange sur les seuils d’immigration et a, d’une certaine manière, appuyé les propos des conférenciers. Elle s’est dite prête à revoir les cibles si jamais elle ou son parti étaient élus en octobre.

« En présumant que le prochain chef du PLQ sera Charles Milliard, c'était l’ancien président directeur général de la FCCQ. Il était en poste juste avant Véronique Proulx. Je pense donc qu’il est bien au courant des enjeux et j’imagine que ses positions en tant que chef du PLQ vont définitivement refléter les positions de la FCCQ. On était déjà d’accord pour dire que le 45 000 avait dépassé les limites », a expliqué la députée en entrevue avec Néomedia.

Négocier sans lâcher le morceau

Dans un contexte où le gouvernement souhaite investir massivement dans les infrastructures, la FCCQ questionne l’incohérence entre ces ambitions et le manque de travailleurs pour réaliser les chantiers à venir.

La Fédération entend poursuivre la pression auprès des gouvernements et dévoiler, d’ici la fin de l’hiver, des pistes de solutions issues de consultations menées partout au Québec. 

Pour la chambre de commerce, une chose est claire : sans ajustement rapide des politiques d’immigration économique, le développement et la vitalité des régions demeurent sérieusement compromis.

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