Pour 2026
Pas d'augmentation de salaire pour les élus de Coteau-du-Lac
Alors que des dirigeants d’entreprises privées n’hésitent pas à s’octroyer des augmentations de salaires faramineuses, les élus de Coteau-du-Lac ont refusé une proposition visant à hausser leur rémunération annuelle. Le sujet faisait l’objet d’une résolution lors de la séance régulière du mardi 13 janvier 2026.
Intitulée sur l’ordre du jour, Règlement #360 sur le traitement des élus municipaux, elle visait à augmenter le salaire des élus de 20%. En 2025, la mairesse Andrée Brosseau a gagné 27 203$ pour occuper son rôle, tandis que les conseillers ont reçu 9 067$ pour leur engagement en politique municipale. Ces sommes s’ajoutent à certains montants perçus à titre d’allocations de dépenses.
« Cette résolution découle du fait que nous, les élus, on n’a pas eu d’augmentations salariales depuis huit ans, soit depuis mon arrivée en poste à titre de mairesse. À la suite de chaque élection municipale, les élus disposent d’une période de soixante jours pour apporter des modifications à sa rémunération. À l’époque, nous avions statué sur un ajustement salarial à chaque 1er janvier, mais pas sur le montant de cette hausse. La résolution de ce soir vise à le faire», expliquait la première magistrate.
Elle a poursuivi en soutenant que récemment l’Union des municipalités du Québec (UMQ), a émis des barèmes pour favoriser l’équité des élus à travers les Municipalités régionales de comté (MRC) de la province. « Dans Vaudreuil-Soulanges, nos salaires figurent parmi les plus bas si on les compare avec les localités de même taille. Pour en arriver à proposer une hausse de rémunération de 20%, nous nous sommes fiés à une Ville de même taille que la nôtre et accueillant la même population, soit Rigaud. Nous avons le même RFU, soit la richesse foncière uniformisée.»
La résolution a été proposée par le conseiller du district 5, David-Lee Amos. Ses collègues ont été appelés à se prononcer sur la question.
Le conseiller du district 1, Sébastien Daoust-Charest, a voté en faveur. Le représentant du district 2, François Décosse, s’est dit en défaveur. « Je trouve très bizarre ce processus qui veut qu’on se vote nous-mêmes notre augmentation de salaire. J’aimerais que ce soit un processus différent.»
Pour le conseiller municipal du district 3, Alexis Buisson, la « vraie paie est celle de voir fleurir ma ville grâce à nos efforts et nos décisions. Je vais donc voter contre.»
La conseillère du district 4, Line Roussin, s’est dite d’accord avec les arguments de son collègue François Décosse et a voté contre. « Je ne suis pas à l’aise avec la manière de procéder. Personnellement, je n’ai rien contre une augmentation de salaire, mais pourrait-on la répartir sur quatre ans pour diminuer la charge fiscale pour les contribuables?»
Pour sa part, le conseiller du district 5, David-Lee Amos a dit ne pas être gêné par cette proposition. « Chaque personne qui travaille fort est rémunérée pour ses efforts et c’est tout à fait normal. Tout le monde ne peut se permettre de s’investir dans un rôle sans avoir de rémunération. Nous sommes assez proactifs à Coteau-du-Lac. On a souvent deux à trois réunions par mois.»
Enfin, le conseiller municipal du district 6, Patrick Delforge, s’est dit contre cette proposition. « Une augmentation de 20%, c’est beaucoup trop quand on vient de faire monter le compte de taxes des citoyens de 3%. Avant de se présenter, on savait quel salaire on gagnerait en tant qu’élu. Moi aussi, j’aurais opté pour une hausse de salaire répartie sur les quatre ans de notre mandat.»
Face à cette égalité, la mairesse s’est prononcée en faveur. « Même avec cette hausse, on va demeurer parmi les élus les moins rémunérés de la région. Ce n’est pas une question d’argent. On prône l’équité en 2026 et c’est important de donner l’exemple.»
Comme la Loi sur le traitement des élus municipaux du Ministère de L’Emploi et de la Solidarité sociale le précise le « règlement ne peut être adopté que si la voix du maire ou du préfet est comprise dans la majorité de voix favorables exprimées aux deux tiers des membres du conseil de la municipalité.»
Puisque les votes en faveur n'atteignaient pas les deux tiers des membres du conseil, le règlement n’a pas été accepté et les élus conserveront leur rémunération actuelle pour 2026.

