Une plainte a été déposée à la CNESST concernant l’utilisation d’un tracteur jugé dangereux
Un tracteur au cœur d’un désaccord à Coteau-du-Lac
Les employés municipaux cols bleus de Coteau-du-Lac dénoncent ce qu’ils considèrent comme une interférence politique dans le processus d’acquisition d’un nouveau véhicule d’entretien. Selon eux, la décision du conseil municipal va à l’encontre des recommandations formulées à l’issue d’un exercice conjoint entre travailleurs et gestionnaires.
En 2023-2024, un comité paritaire avait été mis sur pied afin d’évaluer le remplacement d’un tracteur utilisé pour diverses tâches municipales, telles que le déneigement, le balayage, l’épandage et la tonte. L’appareil, jugé en fin de vie utile, posait plusieurs enjeux de santé et sécurité, notamment un risque de basculement, des manœuvres de reculons répétées et un potentiel accru de blessures lombaires.
Une recommandation renversée
À l’issue de cette démarche, le comité avait recommandé l’acquisition d’un véhicule multifonctions mieux adapté aux besoins municipaux. Selon le syndicat, ce choix aurait permis d’éliminer en grande partie les risques de basculement et de manœuvres dangereuses, en plus d’offrir une solution plus économique et plus productive.
Or, lors de la séance du 8 juillet, le conseil municipal a rejeté cette recommandation pour opter plutôt pour l’achat d’un tracteur dit « de ferme ». Une décision que les cols bleus, représentés par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), section locale 3609, peinent à comprendre.
« Nous avons une occasion en or de régler de graves risques de santé-sécurité, pour les travailleurs mais aussi pour la population. Au lieu de cela, on tente de nous imposer un véhicule moins adapté à tous les niveaux, y compris le coût et la productivité. Nous voulons donc faire la lumière là-dessus pour que la population de Coteau-du-Lac s’en mêle », a déclaré Steve Laviolette, vice-président du SCFP 3609.
Une plainte déposée à la CNESST
Le syndicat indique avoir réagi dès le 18 juillet, alors que la conseillère syndicale Caroline Labelle s’était adressée par courriel aux membres du conseil municipal.
Dans sa missive, la conseillère a rappelé un événement survenu sur la route principale, le 5 janvier 2011, impliquant un tracteur Kubota qui s'est renversé, mettant ainsi en danger la vie de l'opérateur.
« En 2012, la Ville a acquis un tracteur John Deere. Malgré des roues plus étroites, sa largeur demeure inadaptée aux trottoirs. Plusieurs employés ont rapporté des situations dangereuses, frôlant le basculement. Depuis, ce tracteur est en mauvais état mécanique et ne répond plus aux exigences de sécurité et de confort. Il engendre des douleurs lombaires, cervicales et articulaires chez les opérateurs, en raison de sa conception non ergonomique et de la posture exigée lors de la tonte », peut-on lire dans la lettre.
Le 15 août dernier, une plainte a également été déposée auprès de la CNESST concernant le tracteur toujours en service.
« Nous avons été surpris et déçus d’apprendre le rejet de l’offre du véhicule multifonctionnel, malgré son approbation dans le PTI. Ce rejet est d’autant plus préoccupant que l’autre soumissionnaire n’a pas respecté plusieurs critères du devis, lequel était accessible à tous via le système d’appel d’offres public. Deux conseillers, dont un agriculteur, ont eux-mêmes reconnu la qualité et la pertinence de la machinerie proposée. Il est illusoire de croire que les équipements actuels, âgés de plus de 13 ans et en mauvais état, pourront être réutilisés efficacement sur un nouveau tracteur de ferme », souligne Mme Labelle dans sa lettre.
Jointe par Néomédia, la mairesse de Coteau-du-Lac, Andrée Brosseau, a indiqué ne pas souhaiter commenter le dossier pour le moment.