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19 septembre 2020 - 12:34 | Mis à jour : 12:43

Le projet dans sa forme initiale devait accueillir une première cohorte d’étudiants en 2021 et offrir 11 programmes en français et quatre en anglais

Le projet de Centre d’études collégiales à Vaudreuil-Dorion mis sur la glace par Québec

Jessica Brisson

Par Jessica Brisson, Journaliste

Annoncé en mars dernier, le projet de construction d’un Centre d’études collégiales bilingue (CEC) sur le territoire de Vaudreuil-Dorion a été mis sur pause par le ministère de l’Enseignement supérieur.

Dans une lettre adressée aux trois institutions collégiales impliquées dans le projet, le Collège de Valleyfield et les cégeps Gérald-Godin et John-Abbott, le MEES indique ne pas pouvoir donner « de réponse favorable au projet pour le moment. »

Le projet dans sa forme initiale devait accueillir une première cohorte d’étudiants en 2021 et offrir 11 programmes en français et quatre en anglais. La députée du comté de Vaudreuil, Marie-Claude Nichols, se dit très déçue de voir le projet mis sur la glace.

« Je ne comprends pas pourquoi la CAQ ne va pas de l’avant. Le terrain potentiel a été identifié, le plan financier était fait et les programmes d’études déterminés. J’ai demandé des explications à la ministre de l’Enseignement supérieur, mais je suis toujours en attente d’une réponse. Il est certain que je ne vais pas laisser tomber le dossier », indique la députée qui compte bien mobiliser la population et les élus pour faire avancer le projet.

De son côté, le maire de Vaudreuil-Dorion, M. Guy Pilon, demeure optimiste. « L’établissement d’un centre d’études collégiales dans la région envoie un message fort. Ça prouve que Vaudreuil-Soulanges est une région importante », indique le premier magistrat.

« Je suis confiant que le projet va voir le jour. Après tout, le gouvernement ne ferme pas totalement la porte. Après tout, il a laissé savoir qu’un projet révisé pourrait être considéré », ajoute M. Pilon.

Quant aux établissements scolaires au coeur du projet, ils ont préféré, pour le moment, ne pas commenter la décision ministérielle.

Un besoin criant 

La population dans Vaudreuil-Soulanges et spécialement à Vaudreuil-Dorion connait une croissance fulgurante depuis plusieurs années et l’essoufflement ne semble pas d’être sur le point de se faire sentir.

« Nous avons fait affaire avec une firme qui nous a présenté des projections pour les années à venir et ça nous a permis de conclure que le besoin pour de la formation collégiale dans Vaudreuil-Soulanges et spécialement dans Vaudreuil-Dorion est bel et bien présent. On estime que d’ici 2026 que le nombre de jeunes de 15 à 19 ans augmentera d’un peu plus de 17%. Avec l’arrivée en 2026 de l’hôpital et par conséquent la création de nouveaux emplois, on peut assumer que des familles viendront s’établir dans la région », indiquait en mars dernier, M. Jonathan Gagné, conseiller en communication au Cégep Gérald-Godin.

« Not in English »

Selon plusieurs sources, la décision de Québec serait étroitement liée à des inquiétudes des groupes qui craignent l’anglicisation du Québec par l’enseignement supérieur. D’ailleurs, le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, a lancé une vaste consultation pour prendre le pouls des institutions collégiales qui se disent préoccupées par l’attraction des collèges anglophones sur l’île de Montréal. 

Quant au Mouvement Québec français (MQF), il espère voir s’étendre l’application de la loi 101 au cégep, considérant que sa non-application est la plus grande porte ouverte à l’anglicisation de la province.  Dans une pétition lancée en ligne, le MQF indique que les inscriptions dans les programmes préuniversitaires anglophones sont en voie de surpasser celles des institutions francophones et par conséquent demande à ce que le gouvernement étende l’application de la Charte de la langue française au collégial. 

Jusqu’à présent, aucun parti représenté à l'Assemblée nationale ne préconise l'application de la loi 101 au niveau du collège.

 

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