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8 novembre 2019 - 12:00

Le Syndicat de l'enseignement de la région de Vaudreuil (SERV) et le Syndicat du personnel de soutien des Trois-Lacs (SPSTL-CSQ), réitèrent leur mécontentement face au projet de loi

Projet de loi 40 : les syndicats de la région montent aux barricades

Jessica Brisson

Par Jessica Brisson, Journaliste

Alors que la Centrale des syndicats du Québec déposait à l'Assemblée nationale, le 4 novembre dernier, son mémoire pour faire modifier le projet de loi 40 portant sur la gouvernance des commissions scolaires, le Syndicat de l'enseignement de la région de Vaudreuil (SERV) et le Syndicat du personnel de soutien des Trois-Lacs (SPSTL-CSQ), ont tenu à réitérer leur mécontentement face au projet de loi.

« Depuis des années, nous travaillons à valoriser la profession enseignante. Nous souhaitons redevenir maitres de notre profession, puisque nos droits se sont érodés au fil des réorganisations du réseau, des compressions et de la gestion axée sur les résultats. Si ce projet de loi voulait nous valoriser, il rate complètement sa cible. Il dilue nos droits et tente de faire des enseignants des exécutants et des pantins qui ont de moins en moins de prises pour exercer leur jugement professionnel », a fait savoir Véronique Lefebvre, présidente du SERV.

Rappelons que le projet de loi no 40 modifiant principalement la Loi sur l'instruction publique relativement à l'organisation et à la gouvernance scolaires, vise à doter le réseau scolaire québécois d'une gouvernance moderne, efficace et plus près des besoins des élèves. Il prévoit une décentralisation importante de la prise de décision vers les écoles et l'abolition des élections scolaires et la fin des commissions scolaires telles qu'on les connaît actuellement pour les transformer en centres de services scolaires (CSS). 

Selon le SERV, ce projet de loi avait trois cibles à l’origine : revoir les structures scolaires à cause du faible taux de participation aux élections scolaires, faire des économies et permettre une meilleure réussite des élèves et non porter atteinte à l’autonomie des enseignantes et enseignants.

« Quand on valorise l’éducation, on valorise aussi ceux qui s’y consacrent au quotidien. La souffrance des enseignants est trop grande pour en faire fi à ce point dans un projet de loi aussi large et intrusif. Le ministre doit sérieusement reconsidérer la portée de sa loi », a déclaré Véronique Lefebvre, présidente du SERV. 

« Parce que nous participons activement à la réussite des élèves. L’éducation c’est aussi NOUS!»

Selon le président du Syndicat du personnel de soutien des Trois-Lacs (SPSTL-CSQ), M. Éric Vézina, le projet de loi no 40 comporte de nombreux dangers, comme l’accentuation des iniquités dans les services offerts d’une école à l’autre et les inégalités dans la prise de décisions au sein de la nouvelle structure.

« Le ministre veut nous rassurer avec les fusions de service en nous indiquant que cela toucherait uniquement la perception de la taxe scolaire, mais la porte sera ouverte à la sous-traitance et aux suppressions de postes au sein du personnel de soutien. Par expérience, nous savons que nous sommes toujours les premiers à faire les frais des coupures. Il est important de conserver l’expertise des gens au sein de la commission scolaire. Il s’agit d’une préoccupation importante pour le personnel de soutien scolaire », mentionne Éric Vézina.

Le président du SPSTL-CSQ souhaite que le personnel de soutien soit mieux représenté à travers ce projet de loi. Par exemple, il serait normal que le personnel de soutien scolaire puisse bénéficier de deux sièges au Comité d’engagement pour la réussite des élèves, afin d’assurer une meilleure représentation. « Parce que nous participons activement à la réussite des élèves. L’éducation c’est aussi NOUS! », souligne monsieur Vézina.

N'y a-t-il des enjeux plus prioritaires ?

« J'ai rencontré à mon bureau de comté, madame Lefebvre et M. Vézina et ce que j'ai compris, c'est qu'ils ne sont pas totalement contre la transformation de la structure en place, mais se demandent plutôt si elle est vraiment nécessaire à l'heure actuelle. Selon eux, et je dois dire qu'ils n'ont pas tort, le système de l'éducation fait face à des défis bien plus importants et prioritaires notamment au niveau des services offerts aux élèves. Ne devrions-nous pas nous concentrer sur ces enjeux en premier ? Je crois que oui », souligne la députée de Vaudreuil, Marie-Claude Nichols. 

Soulignons qu'en entrevue avec Néomédia Vaudreuil-Soulanges, en octobre dernier, la députée soulignait avoir un certain malaise face au projet de loi notamment en raison du fait que Vaudreuil se trouve dans le comté de M. Paul-Gérin-Lajoie, l'homme a qui le Québec doit les commissions scolaires. « C'est lui a sorti l'éducation de l'église. Nous avons à Vaudreuil, la première polyvalente du Québec. Je crois que plutôt que de défaire le travail de ce grand homme, il serait préférable de le bonifier. »

Les consultations particulières et les auditions publiques sur le projet de loi n° 40 se poursuivront dans la semaine du 11 novembre. Les représentants de la Commission scolaire des Trois-Lacs seront entendus à l'Assemblée nationale le 12 novembre prochain. 

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