Journée internationale des droits des femmes
Portrait de femmes: Édith Gariepy, directrice de la CDC Beauharnois-Salaberry
Dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, Néomédia a rencontré des femmes marquantes de la communauté. En poste à la direction générale de la Corporation de développement communautaire (CDC) de Beauharnois-Salaberry depuis la fin de 2019, Édith Gariepy est définitivement l’une de celles qui fait une différence dans sa communauté.
Pour elle, la Journée internationale des droits des femmes est l’occasion parfaite pour se rappeler des combats menés par nos aïeules, mais aussi de se tourner vers l’avenir. « Il reste du travail à faire, on ne le cachera pas, notamment au niveau de l’égalité des droits entre les hommes et les femmes. J’essaie de sensibiliser mes enfants, surtout ma fille, aux différents enjeux d’aujourd’hui et à ce qui a été fait dans le passé pour nous permettre d’avoir la vie que l’on a. Dans le milieu communautaire, les occasions de mettre de l’avant les inégalités ou les situations compromettantes vécues par les femmes sont nombreuses. J’essaie toujours de prendre le temps de le faire, de dénoncer et d’en parler pour sensibiliser les gens », observe-t-elle d’entrée de jeu.
Elle note aussi la difficulté pour les femmes de faire entendre leur voix. « C’est plus dur pour les femmes, selon mon analyse, de s'imposer dans des postes de pouvoir ou même de faire entendre leur voix. En politique, par exemple, il faut être forte pour avoir l’écoute des gens. Peut-être parce qu’on a une approche moins frontale ou confrontante, ce n’est pas dans notre nature. Personnellement, en tant que militante, j’opte pour une approche dans la joie et la collaboration. C’est une approche différente qui ne rejoint pas nécessairement les oreilles des gens. Sinon, les faits au Québec démontrent que les femmes sont plus souvent concernées par les enjeux de logements, de santé, de pauvreté ou victime de violence. Tout cela s'amplifie pour les femmes issues de l'immigration.»
Au cours des dernières années, Mme Gariepy s’est grandement impliquée dans le mouvement pour garder le Centre mère-enfant à l’Hôpital du Suroît en marge de l’ouverture du futur centre hospitalier de Vaudreuil-Soulanges. « Beaucoup de femmes enceintes ou ménopausées ou en voie de l’être peinent à obtenir des services de santé dans la région. C’est aussi un fait. »
Une occasion de réfléchir collectivement
À ses yeux, le 8 mars a encore sa raison d’être en 2026. « Il y a encore des milieux de travail où les salaires ne sont pas les mêmes pour les deux sexes à compétences égales. De plus, les femmes sont plus souvent celles qui s’absentent lors des congés de maternité et celles dont la carrière est mise en pause, bien que de plus en plus d’hommes s’impliquent de nos jours. Dans certains pays, comme en Inde, les femmes n’ont pas accès à des toilettes juste pour elles, alors elles se retrouvent à partager celles des hommes et à être victimes de viols ou de violences. Elles n’ont pas accès à l’éducation. Elles ne peuvent pas conduire ou voter. Ici, au Canada, on a la chance de faire tout ça. Je pense que cette Journée est une bonne opportunité pour discuter socialement de ce qu’on peut faire pour aider ces pays à évoluer.»
Des modèles inspirantes
Dans son entourage, Édith Gariepy cite le nom de deux politiciennes bien connues dans la région à titre de modèles. « Claude DeBellefeuille, encore en politique, et Anne Quach sont des inspirations pour moi, car elles sont éloquentes, vraies et intègres. Ma nièce, une jeune adulte mère de famille, a traversé plein de choses dans sa vie, mais elle continue malgré tout d’avancer et de se développer. Elle est une source quotidienne d’inspiration pour moi. »
Un autre modèle de Mme Gariepy est Isabelle Corbeil, la directrice générale du CALACS La Vigie. « En tant que directrice générale d’un organisme communautaire, je peux comprendre toute la tâche qu’elle accomplit dans une journée. Elle fait beaucoup avec peu de moyens.»
Le 8 mars, Mme Gariepy s’assurera de souligner la Journée internationale des droits des femmes. « Parfois, mon amoureux nous offre, à ma fille et moi, des fleurs. Au travail, j’essaie toujours de prendre un petit moment avec mon équipe pour la célébrer. À l’occasion, d’autres organismes communautaires organisent des évènements ce jour-là. J’essaie d’y assister lorsque je le peux.»
Les femmes ont souvent tendance à être dures envers elle-même. Quel conseil souhaite-elle partager en marge de cette journée importante? « Vous n’êtes pas seules. On a parfois tendance à penser qu’on peut tout faire: bien gérer au travail, à la maison, avec la famille ou notre amoureux. Prendre un pas de recul peut faire du bien. Notre conjoint et notre équipe sont nos alliés. Il ne faut pas l’oublier. »

