La cheffe d’Inspire Vaudreuil-Dorion tire sa révérence
Karine Lechasseur: sereine et occupée
Par Christopher Chartier-Jacques, Directeur régional des contenus
Finie la politique active pour Karine Lechasseur, ancienne conseillère municipale et cheffe du parti Inspire Vaudreuil-Dorion. La courtière immobilière ne quitte pas son rôle sans une tonne de nouveau bagage.
Rencontrée quelques jours après l’annonce de sa démission du parti qu’elle a fondé en vue des élections municipales de 2025, Karine Lechasseur ne montre aucune amertume.
« C’était évident dès le départ. Si je perdais, je devais éventuellement laisser ma place vacante. Je dois consacrer le temps que j’ai à ma vie professionnelle et ça n’aurait pas été réaliste de continuer de jouer mon rôle pour le parti », explique-t-elle sans détour. Elle admet du même coup qu’elle a joué son va-tout en novembre dernier: si elle n’accèdait pas à la mairie de Vaudreuil-Dorion, elle devrait tirer un trait sur sa carrière politique.
« Je n’ai pas gagné mais je suis bien fière de ce que nous avons accompli, renchérit la mère de famille. Nous avons eu environ 40 % des votes et le parti à faire élire deux conseillères. »
Elle fait référence à Jasmine Sharma, une amie de longue date qu’elle a côtoyé sur le conseil municipal de Vaudreuil-Dorion et Vanessa Leduc, qui a été élue pour une première fois en 2025.
Rappelons que Karine Lechasseur a été élue conseillère en 2021 au sein de l’équipe du Parti de l’action Vaudreuil-Dorion (PAVD); le parti de l’ancien maire Guy Pilon et de son successeur Paul Dumoulin. Elle avait claqué la porte du PAVD avec ses collègues Jasmine Sharma et Diane Morin en cours de mandat.
Le pouvoir
Il serait contradictoire de croire que quiconque se présente pour des postes électifs ne cherchent pas à avoir une forme de pouvoir sur certaines décisions. L’ancienne conseillère ne le nie pas. « C’est une leçon que je tire de mon passage comme conseillère. J’ai souvent été frustrée de voir les limites du pouvoir d’un conseiller dans une ville », souligne-t-elle.
Une limitation imposée par le cadre légal au Québec? Pas réellement, selon elle. « On se rend rapidement compte que le pouvoir prend des formes informelles et que parfois, un projet ou une décision sont grandement accélérés parce que quelqu’un a parlé à quelqu’un », poursuit la professionnelle.
En contrepartie, elle se désole de voir le désintérêt des citoyens dans le domaine municipal. Elle cite en exemple les faibles taux de participation aux élections de novembre dernier. Elle renchérit: « Les électeurs en viennent à croire qu’ils n’ont pas réellement de pouvoir. C’est contradictoire avec ce que l’on voit sur le terrain. Dans certains cas, de simples mobilisations de 10 ou 25 personnes sont suffisantes pour renverser un projet. On peut parler de l’exemple du 25, rue Saint-Michel où les résidents du coin se sont mobilisés. C’est un peu ça le pouvoir informel dont je parlais. Parfois, il suffit qu’un électeur parle à son conseiller ou à un employé et les choses avancent. Les citoyens doivent être convaincus de ça. »
Et maintenant?
Quand elle affirme mettre une croix sur la vie politique, ce n’est pas avec des demi-mesures. Son intérêt est nul, bien qu’elle continue à suivre ce qui se passe à Vaudreuil-Dorion mais à titre de citoyenne engagée.
Ce n’est toutefois pas la fin de l’engagement de la courtière immobilière dans la communauté. Loin s’en faut. « La région aura toujours besoin de bénévoles. Les organismes auront toujours besoin de membres sur le conseil d’administration. À travers mon travail, je vois que je peux agir positivement auprès de groupe. C’est vers ça que je veux me diriger », promet-elle.
Elle affirme être particulièrement touchée et sensible aux enjeux d’itinérance et de logements dans la région. « Nous sommes une région avec un profil socio-économique privilégié. Ça ne doit pas nous faire oublier que nous sommes toujours à une malchance ou deux, individuellement, d’aussi se retrouver en situation précaire. Je suis très sensible à ça », souligne l’ancienne conseillère.
On peut donc s’attendre à revoir le nom de Karine Lechasseur ailleurs que sur une affiche immobilière. Toutefois, ce ne sera pas sur un poteau pendant une élection.
