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Témoignage d'Anne St-Denis Lalonde

Proche aidante par conviction, pas par obligation

durée 18h00
19 février 2026
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Marie-Claude Pilon
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Par Marie-Claude Pilon, Journaliste

« C’est quand le médecin a inscrit aidante naturelle pour me désigner sur les formulaires que j’ai réalisé mon rôle auprès de ce couple. » À l’aube de ses 70 ans, Anne St-Denis Lalonde vient en aide à deux aînés de 83 et 84 ans de son entourage en tant que proche aidante. 

Pour Mme St-Denis Lalonde, il est normal d’aider son prochain et cette valeur est inculquée en elle depuis la tendre enfance. « On ne devient pas proche aidante du jour au lendemain. Dans ma jeunesse, j’ai beaucoup aidé mes deux parents qui sont décédés à un jeune âge et une de mes sœurs qui avait un handicap cérébral. Mon père est mort à 64 ans de la maladie de Paget et ma mère s'est éteinte à 58 ans d'un cancer du sein. Dans les deux cas, je les ai épaulés dans ces épreuves. Ma soeur handicapée avait besoin de beaucoup de soins et je m’en suis pas mal occupée. C’est ancré en moi de prendre soin des autres. Ça fait partie de moi », raconte la dame qui soufflera ses 68 bougies en mars prochain. 

À la retraite depuis trois ans, la proche aidante a œuvré au service à la clientèle dans le domaine de l’optométrie pendant de longues années. « J’ai côtoyé beaucoup de patients plus âgés et parfois même, quand je voyais qu’ils avaient de la difficulté à se déplacer, j’allais livrer leurs lunettes à domicile. J'ai toujours eu cette sensibilité-là en moi», observe-t-elle. 

Venir en aide à trois personnes 

Au quotidien, elle vient en aide à l’une de ses sœurs âgée de 83 ans en la conduisant à ses rendez-vous médicaux à l’occasion. Cette dernière doit se rendre, à quelques reprises, à Montréal pour des rendez-vous avec un cardiologue. 

Sinon, elle s’investit beaucoup auprès de deux aînés de la région qui résident dans une résidence pour personnes âgées (RPA). « Ce sont des amis de longue date de la famille de mon conjoint. Un jour, ils nous ont appelés pour demander qu’on les aide à se rendre à un rendez-vous médical, car ils n’étaient pas en mesure d’y aller par eux-mêmes. L’un des deux conjoints a des problèmes de mobilité et se déplace en déambulateur, en plus d’avoir de l’oxygène de manière permanente. L’autre est atteint de problèmes cognitifs et a de nombreux problèmes de santé. On a accepté de les aider et de les conduire à leur rendez-vous. Ça me fait plaisir », lance-t-elle. 

Mentionnons que depuis 14 ans, Mme St-Denis-Lalonde est aussi bénévole auprès de l’OVPAC. L’organisme, basé à Salaberry-de-Valleyfield, offre un service aux personnes malades qui doivent se rendre à des rendez-vous médicaux. Elle s'est notamment impliquée dans les collectes de rues tenues par l'organisme, dans la vente de billets pour différentes activités ou même encore dans la confection du repas du temps des Fêtes pour les bénévoles d'OVPAC. 

« Je prend mon rôle de proche aidante très au sérieux, explique-t-elle. J’ai un cahier de notes dans lequel j’écris tout ce que me disent les médecins lors des rendez-vous chez le cardiologue, le gériatre, l’urologue ou le médecin généraliste. De cette manière, je peux rapporter les informations à l’autre conjoint resté à la maison quand on est de retour. Quand je les ai rencontrés, l’état de santé de l’un des deux conjoints était vraiment mal en point. Ils me disent qu’un des deux ne serait plus de ce monde si je n’étais pas impliquée auprès d’eux. Eux aussi m’apportent beaucoup. C’est valorisant pour moi de les aider. » 

Il n'y a pas que les personnes à qui elle vient en aide qui sont reconnaissants, les médecins aussi le sont. « Ils sont surpris de me voir accompagner l'un des deux membres du couple dont je m'occupe, alors que nous ne sommes pas liés par le sang. Ils me remercient de faire cela pour lui. Ils me disent qu'ils voient beaucoup de personnes seules et ils sont touchés par mon geste.» 

Le plus dur pour elle est sans contredit d’expliquer les propos du médecin à l’autre conjoint du couple. « La personne n’est pas en mesure de nous accompagner. Je dois donc résumer ce que le médecin a dit, mais parfois ce n’est pas toujours évident. Elle voit la personne qu’elle aime dépérir et elle se sent impuissante. Ce serait sûrement plus difficile si j’avais un travail à temps plein, ce qui n’est plus le cas depuis trois ans. Je m’implique auprès d’eux avec passion et cœur. Je ne le fais pas pour l’argent.» 

Si elle comprend les personnes qui jouent le rôle de proches aidants de vouloir être rémunérées en échange de leur temps et de leur engagement si leur situation personnelle n'est pas aussi bonne que la sienne, de son côté, elle ne le fait pas pour ça. « Je suis heureuse dans ma situation actuelle. Ça m’apporte autant à moi qu’aux personnes que j’aide. C’est très valorisant, ça me fait grandir de jour en jour. J’aime entendre leurs témoignages de vie », raconte-t-elle en ajoutant qu’elle aime rendre service, comme mettre les poubelles de sa voisine de 90 ans en bordure de rue les jours de collecte pour éviter à la nonagénaire de le faire. 

« Je le fais avec l’espoir que des gens le feront pour moi si j’en ai besoin un jour aussi. La population se fait de plus en plus vieillissante : si on ne prend pas soin les uns des autres, les gens seuls, sans famille ou enfants, auront de la difficulté à se nourrir ou encore à se loger avec le coût de la vie actuelle.» 

Dans le passé, Mme St-Denis Lalonde a aussi pris soin de ses beaux-parents qui souffraient d’Alzheimer et d’un cancer des os. « J’essaie aussi de passer du temps avec mes petits-enfants en les conduisant à leurs loisirs et de prendre du temps pour moi. Je ne peux arrêter de m’occuper de ce couple et les abandonner. On m’a aussi sollicité pour m’occuper de d’autres gens, mais si je commence ça, je ne ferai que ça de mes journées. Malheureusement, je dois refuser, mais j’essaie de référer les gens qui me le demandent vers d’autres ressources. » 

 

 

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