Direction de la Santé publique de la Montérégie
La hausse des cas de rage chez les ratons laveurs préoccupe les autorités

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste
Depuis le début de l’année 2026, 76 cas de rage ont été détectés chez des ratons laveurs présents sur le territoire de la Montérégie. Jugeant préoccupante cette hausse des cas, la Direction de la Santé publique de la Montérégie a fait le point sur la situation.
Plus précisément, c’est le Dr David-Martin Milot et la Dre Alex-Ane Mathieu, médecin-conseil en santé publique, qui ont répondu aux questions des médias sur le sujet.
« Le situation nous préoccupe, car plus on détecte d’animaux rabiques, soit qui sont atteints de la rage, plus les risques de transmission de la maladie aux humains sont également en hausse. Notre message est clair: c’est important de se préoccuper de la situation et de s’assurer que la population connaisse les moyens de protection qui existent. C’est une maladie évitable si toutes les mesures de protection sont en place et que l’intervention d’un professionnel de la santé est rapide », indique le Dr Milot.
Bien que cette maladie soit rare chez l’humain, il n’est pas impossible de la contracter, notamment si on a été en contact avec un animal qui en est atteint et porteur. « Il y a eu des cas dans le passé. Malheureusement, quand les symptômes apparaissent, chez l’humain, il est trop tard et la finalité sera toujours la mort. Si le traitement est administré avant l’apparition, la personne peut s’en sortir. Fort heureusement, c’est une maladie rare qui n’a pas fait de victimes récemment, mais qui en a fait dans le passé», ajoute-t-il.
L’important est d’agir rapidement après le contact avec l’animal infecté. « Il faut d’abord rincer à l’eau et au savon la partie infectée et ensuite contacter le 811. La rage se transmet via la salive, les liquides ou encore les tissus nerveux de l’animal malade. On peut l’attraper si on se fait mordre, griffer ou qu’on est en contact avec la salive de l’animal. Il faut aussi préciser qu’un animal qui semble en bonne santé peut être porteur de la rage, il ne faut pas se fier aux apparences », résume-t-il.
Des mesures de protection
Comme c’est souvent le cas, le meilleur moyen d’éviter d’attraper la rage est de ne pas être en contact avec des animaux sauvages ou domestiques susceptibles d’être contaminés. « Il ne faut pas les toucher, les approcher, les caresser ou les nourrir si l’animal semble blessé ou qu’il est seul. Il faut limiter les interventions avec eux et redoubler de vigilance. En Montérégie, un cas de rage de raton laveur a été confirmé à Saint-Armand en 2024. La zone de surveillance a été étendue à l’ensemble de la Montérégie et même à l’Estrie puisque des cas ont été confirmés au Vermont et à Stanstead », confie M. Milot.
De son côté, Dre Mathieu confirme que la rage est un virus qui s’attaque au système nerveux de tout mammifère qui en est atteint. Elle est contagieuse et mortelle une fois l’apparition des symptômes.
Le dernier cas décelé au Québec remonte à l’année 2000, mais un cas a été confirmé en 2024 en Ontario. C’est une chauve-souris qui en était porteuse. « En date du 16 juin, soit mardi, on rapportait 170 cas de ratons laveurs rabiques au Québec contre 93 en 2025 et un seul cas en 2024. Les cas sont répartis un peu partout en Montérégie, dont à Saint-Jean-sur-Richelieu, Chambly et Saint-Hyacinthe. Les milieux urbains sont touchés et d’autres cas pourraient se déclarer sur des animaux qui se trouvent dans les cours d’école, les parcs ou même dans nos cours. D’où l’importance de sensibiliser les jeunes enfants qui pourraient être tentés de toucher à un animal blessé », poursuit-elle.
Pour se protéger de la rage, il est conseillé de ne pas toucher d’animal domestique ou sauvage qui en est atteint. « Si on est exposé, il faut laver la plaie pendant 10-15 minutes à l’eau et au savon et contacter le 811 pour recevoir 4 à 5 doses de prophylaxie et une dose d'anticorps sur une période de deux semaines. Il faut faire cette démarche le plus rapidement possible. Il est dur de dire en combien de temps les symptômes apparaîtront car cela dépend du type d’exposition et de la vitesse à laquelle la maladie se déplace vers les nerfs du cerveau », informe-t-elle.
En marge de cette démarche, si l’animal infecté est domestique, prenez les coordonnées du propriétaire pour mieux le retracer ensuite. Si l’animal est sauvage, il est recommandé de tenter de le garder en captivité si cela est possible et sans danger
En terminant, notons qu’un vaccin préventif existe, mais qu’il est réservé à un groupe limité. « Il sera administré aux gens qui sont souvent en contact avec des animaux, comme des vétérinaires », termine la paire.
