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L'entreprise a déjà deux autobus "verts"

Autobus Grenier: en route vers une transition à l'électrique

durée 08h00
10 avril 2023
Marie-Claude Pilon
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4 minutes

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste

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Ce lundi, la députée de Soulanges, Maryline Picard confirmait l’octroi d’une subvention à l’entreprise Autobus Grenier, située à Les Coteaux, en lien avec l’électrification de sa flotte de véhicules. Rencontre avec le propriétaire de l’entreprise familiale de 3e génération, Alexandre Grenier.

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À ce jour, Autobus Grenier, dont le garage prend place au 99 rue Delisle à Les Coteaux, a déjà amorcé sa transition électrique. Deux autobus qui fonctionnent à l’électricité sont partie intégrante de la flotte de 20 véhicules de l’entreprise de transport.

« Je viens d’en acheter un troisième, mais il ne sera pas ici avant 2024. Notre objectif à long terme est de convertir l’ensemble de notre flotte de véhicules à l’électrique. Au quotidien, nous avons 18 circuits qui desservent des établissements du Centre de services scolaire des Trois-Lacs, dont les écoles primaires de Saint-Zotique, de Coteau-du-Lac, de Sainte-Justine-de-Newton et la polyvalente de la Cité-des-Jeunes à Vaudreuil-Dorion. Un autobus électrique a une autonomie de 150 kilomètres », image-t-il.

Une transition obligatoire vers l’électrique

Dans les faits, l’aide financière accordée à Autobus Grenier pour son électrification est de 125 000$ pour la conversion de trois de ses véhicules. L’entreprise recevra donc 375 000$. Combien coûte un seul autobus « vert »? « C’était un peu moins cher, mais aujourd’hui, ça coûte 360 000$. Leur durée de vie est estimée à une douzaine d’années. Depuis 2020, il est obligatoire pour nous, les compagnies de transport, d’acheter un véhicule électrique et il est interdit de faire l’acquisition d’un autobus alimenté avec de l’essence ou du gaz propane. On a donc pas le choix. Dans la foulée, le gouvernement provincial a mis à notre disposition des subventions financières pour nous soutenir dans cette transition. On n’a pas le choix de suivre le mouvement », raconte-t-il sous l’œil attentif de son paternel, Michel Grenier, toujours impliqué dans l’entreprise familiale malgré sa soixantaine avancée.

Dans le même ordre d’idées, son fils Alexandre, aujourd’hui à la tête d’Autobus Grenier, fondée en 1965 par son grand-père Gilles Grenier, a constaté que les aides financières gouvernementales ont diminué depuis leur mise en place. En 2020, elles étaient de l’ordre de 150 000$ par autobus, en 2021, elles ont baissé à125 000$ avant d’atteindre 100 000$ en 2022.

« Par contre, je dois dire qu’on est bien appuyé par Lion pour la transition. Tout est informatisé. Éventuellement, des formations seront offertes aux mécaniciens de nos entreprises pour savoir quoi faire en cas de problèmes. D’ici là, si j’ai un souci, je dois les appeler pour que leur atelier mobile se déplace jusqu’ici pour diagnostiquer la problématique », confie M. Grenier qui agit lui-même comme mécanicien avec un autre employé pour les véhicules non électriques.

Quelles particularités pour ces véhicules « verts »?

Quelle est la différence entre un autobus électrique et un qui ne l’est pas à part le ronronnement plus silencieux sous le capot? « La conduite est différente. C’est une adaptation. Les départs doivent se faire plus en douceur et il faut lâcher la pédale plus tôt avant un arrêt. Sinon, sur le plan technique, ils sont plus gros qu’un autobus non électrique. L’allée centrale est plus large et le plafond est plus haut. Il est aussi conçu en fibre, ce qui le rend plus léger », énumère-t-il.

Bien que ces mastodontes soient conçus dans le respect de l’environnement, ils apportent aussi leurs moins bons côtés sur le sens pratico-pratique. « Lorsque toute ma flotte sera électrique, je ne pourrai plus faire des sorties scolaires. Par exemple, emmenez les jeunes au ski ou à une distance de plus de 150 km. J’espère qu’on pensera à des solutions. Parce que les sorties scolaires occupent deux chauffeurs à temps plein ces temps-ci. Il faudrait aussi trouver une solution pour nous permettre de transporter des valises ou de l’équipement de ski par exemple. Sur les véhicules électriques, on ne retrouve pas de compartiments à cette fin près des roues. C’est donc aussi à réfléchir », analyse-t-il.

Un projet majeur pour la petite entreprise

Dans les prochaines semaines, Autobus Grenier entamera un chantier majeur sur le terrain de son garage, en lien avec cette transition. « Nous avons décidé de faire installer les 20 bornes de 19,2 kilowatts chacune tout de suite au milieu du terrain et les autobus seront installés de chaque côté lors du chargement. Pour ça, il a fallu faire installer un poteau électrique spécial qui nous permet d’avoir assez d’électricité pour charger nos autobus rapidement entre les circuits du matin et ceux du soir. Ensuite, je serai à pleine capacité une fois que mes 20 véhicules seront convertis. J’ai aussi fait l’agrandissement de mon garage pour la transition. C’est un gros projet, mais on n’a pas le choix », conclut-il.

De son côté, son père Michel, l’avoue d’emblée. S’il avait été à la tête de l’entreprise sans relève, il n’aurait pas sauté à pieds joints dans la transition comme Alexandre. « Ça implique beaucoup de dépenses, de suivis et de formations pour s’adapter. Ça aurait été impossible pour moi. J’aurais mis une pancarte à vendre devant le garage », conclut-il avec une lueur de fierté dans le regard de voir l’entreprise familiale évoluer et se transformer.

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