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2 septembre 2021 - 06:00

Politiques environnementales

La taxe carbone au détriment des régions comme Vaudreuil-Soulanges

Benjamin Richer

Par Benjamin Richer, Journaliste

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Les citoyens de la région de Vaudreuil-Soulanges, à mi-chemin entre la ville et la campagne, se trouvent pénalisés par les politiques environnementales telles que la bourse sur le carbone puisqu’ils possèdent moins d’alternatives à la voiture selon une récente étude de l’Institut économique de Montréal (IEDM)

La taxe sur les émissions de carbone, comme celle présente au Québec, entraîne une pression économique sur la population en région, car elle ne tient pas compte de leur ruralité comme c’est le cas avec la taxe fédérale. 

« Les provinces dotées de leur propre système de taxe sur le carbone, comme la Colombie-Britannique et le Québec, sont exemptées de la taxe fédérale. Ainsi, le Québec peut continuer à utiliser son mécanisme actuel de tarification du carbone qui, contrairement au système fédéral, n’est ni fiscalement neutre ni modulé en fonction du coût de la vie », précise-t-on dans la publication de l’IEDM intitulée Pour des politiques environnementales adaptées à nos régions.

Au fédéral, un supplément de 10% peut être remis aux citoyens en zones rurales au moment de la déclaration de revenus. 

Peu d’alternatives à la voiture

« Les différentes municipalités n’ont pas nécessairement toutes un réseau de transport en commun efficace. Plus on s’éloigne du centre de Montréal vers les couronnes, dont Vaudreuil, qui sont quand même connectées au centre-ville par un réseau de transport en commun, moins il y a de flexibilité », indique Olivier Rancourt, économiste et co-auteur de la publication de l’IEDM. 

Si pour les gens vivant à Vaudreuil-Dorion, la desserte est plutôt accessible, même si elle comporte plusieurs points à améliorer, les citoyens de municipalités plus éloignées comme Saint-Zotique, Rigaud, Saint-Télesphore et Sainte-Marthe ont une offre beaucoup plus limitée. 

Le temps consacré dans les transports et la flexibilité des horaires fait en sorte que la voiture reste le moyen privilégié.

Certaines municipalités de la région de Vaudreuil-Soulanges jouissent d'une proximité avec l'Ontario, offrant des prix sur l'essence concurrentiels. Toutefois, même si les stations-service près de la frontière ontarienne ont un rabais à la pompe, M. Rancourt rappelle qu’« au Québec, environ 30% du prix de l’essence, c’est des taxes ».

Pourquoi le prix de l’essence varie-t-il autant dans Vaudreuil-Soulanges?

« Par conséquent, dans de nombreuses régions rurales, la tarification du carbone ne réduira pas la demande de la même manière que dans les centres urbains, même avec la même hausse de prix. Elle ne fera qu’augmenter les dépenses des consommateurs en région qui disposent de moins d’options en matière de transport », est-il écrit dans l’étude. 

De profondes inégalités

Annuellement, les habitants de la Montérégie paye 122 $ de plus sur leur consommation en essence avec la bourse du carbone, comparativement à seulement 74 dollars à Montréal selon M. Rancourt.

« Quelqu’un à Montréal et à Vaudreuil va recevoir le même rabais à la fin de l’année, mais la personne à Vaudreuil va avoir payé presque le double au quotidien », déplore-t-il.

D’autres facteurs s’ajoutent aux inégalités vécues, notamment la production agricole, souvent contraintes aux énergies fossiles. La région de Vaudreuil-Soulanges a d’ailleurs près de 75% de son territoire zoné agricole. L'étude mentionne que les producteurs sont aussi plus touchés par les changements climatiques, ce qui s’ajoute aux dépenses encourues.

« Les habitants des régions touchent également des revenus généralement inférieurs de 16% à ceux de leurs homologues urbains, en plus de connaître des taux de chômage plus élevés et une croissance des revenus plus lente que dans les zones urbaines », ajoutent les auteurs. 

Sensibiliser les élus 

Cette publication de l’IEDM se veut un message aux représentants au pouvoir afin de repenser le système de tarification du carbone, mais également d’avoir une réflexion sur le développement de projet d’extraction de gaz naturel dans les régions plus éloignées, un aspect qui n’est pas observé dans Vaudreuil-Soulanges. 

« On devrait tenter d’améliorer la bourse parce qu’en regardant ça, une meilleure redistribution, ça garderait l'objectif à mettre un prix sur le carbone et limiterait beaucoup les iniquités entre les régions », considère M. Rancourt. 

Il rappelle d’ailleurs que l’IEDM n’est pas contre les politiques environnementales, mais sur la façon dont sont gérées les sommes actuellement. 

Les grands projets d’infrastructures de transport en commun se retrouvent surtout concentrés sur l’île de Montréal et peu à l'extérieur, de même que pour l’électrification des transports.

Le Réseau express métropolitain (REM), qui ne se rendra finalement pas sur le territoire de Vaudreuil-Soulanges prochainement, est un exemple. 

Le REM ne sera pas prolongé sur le futur pont de l’Île-aux-Tourtes selon Québec

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  • Les environementalistes veulent détruire les banlieues et empiller le monde un par dessus les autres dans les villes. Je crois que ceci n'est pas la réponse. Développons plutôt les industries, commerces et magasins en banlieue. Les gens travailleront la bas et n'aurons pas besoin de voyager. Une banlieue bien aménager en canopé vert est meilleur pour l'environement, la santé, la propagation de virus, etc... qu'une ville d'édifice et de béton.

    Économie - 2021-09-02 16:43