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Les Coupal, Debellefeuille-Laurin ont pris la décision pendant la pandémie

Neuf sous le même toit? Pourquoi pas dit une famille de Pointe-Fortune

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1 juillet 2020
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Marie-Claude Pilon
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Par Marie-Claude Pilon, Journaliste

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Si le confinement au Québec a eu pour effet de séparer les clans familiaux, ce n’est pas le cas de la famille Coupal-Debellefeuille-Laurin de Pointe-Fortune. Bien au contraire, Audrey Laurin-Coupal, Arianne Laurin et Vanessa Debellefeuille-Laurin ont décidé de revenir à la maison familiale de Pointe-Fortune pour de bon. L’objectif? Déménager à neuf sous le même toit. 

Jusqu’au 30 mars dernier, les trois jeunes femmes, âgées entre 26 et 31 ans résidaient dans le quartier Hochelaga à Montréal dans un immeuble de 15 étages abritant 784 appartements. Et il n’était pas question pour elle de revenir à la maison familiale de Pointe-Fortune de façon permanente. « On a trouvé le confinement difficile à Montréal même si on demeure dans le même immeuble à logements. Audrey et Arianne restent sur le même étage, mais pas moi (Vanessa). On avait peur que le confinement nous empêche de nous voir ou de se rendre chez l’autre », indique Vanessa, maman monoparentale de Noah, un petit ange de 20 mois. 

Un déménagement temporaire qui devient…permanent 

Jusqu’alors, elle et sa soeur Audrey aussi maman monoparentale d’une fillette de 3 ans prénommée Laurence, s’entraidaient beaucoup. Toutes les deux étudiantes à l’université, l’une s’occupait des enfants pendant que l’autre étudiait et vice versa. « On demeurait dans deux appartements différents, mais dans le même édifice. Notre garderie était fermée et on se retrouvait avec deux enfants à temps plein à la maison en plus des études. On est restées deux semaines et le 30 mars, on est arrivées ici (à Pointe-Fortune). Au départ, on disait que c’était temporaire, juste pour le temps du confinement, mais ça a vite changé », raconte Audrey. 

Une semaine après leur arrivée dans leur village natal, Vanessa avait déjà l’idée d’y emménager pour de bon. « Pourtant, j’étais celle qui ne voulait pas du tout revenir. Mes soeurs venaient ici dans le temps des Fêtes et j’étais toujours celle qui voulait retourner en ville, chez nous. Et depuis qu’on est revenues, je ne veux plus repartir et retourner en ville », explique-t-elle. 

En campagne, leurs enfants peuvent admirer les étoiles, elles ont toujours une gardienne à portée de main et surtout, elles connaissent tout le monde. « On a une piscine si les enfants veulent se baigner, ce qu’on a pas en ville. On peut toujours compter sur nos voisins. Par exemple, notre four est brisé et on va faire cuire nos repas chez notre voisine Jacqueline. On ne pourrait pas faire ça à Montréal », confie Vanessa. 

Depuis leur retour à la maison, les trois soeurs et leurs deux enfants restent dans le domicile familial avec leur maman Manon, son conjoint et les deux parents de celle-ci. « Oui on est neuf sous le même toit. Mais on a jamais été aussi heureuse que maintenant. La pandémie nous a fait réaliser l’importance de la famille. Il y a beaucoup plus d’avantages pour nous à demeurer tous ensemble que d’inconvénients. Ça nous convaincu encore plus qu’on veut tous demeurer sous le même toit avec notre maman, son conjoint et nos grands-parents », soutient Audrey. 

Depuis leur arrivée à Pointe-Fortune, les soeurs indiquent avoir remarqué un rapprochement entre leurs enfants, mais aussi entre ces derniers et leurs arrières grands-parents. « Tous les matins en se levant, mon fils va voir son pépé pour se baigner ou jouer avec lui. Mon grand-père qui était léthargique toute la journée avant la pandémie se baigne maintenant tous les matins, chose qu’il n’avait pas faite depuis les années 70!. Pour nous, il est hors de question de ne pas vivre avec lui et ma grand-mère ou de les placer en CHSLD, surtout pas en temps de COVID », précisent les soeurs. 

Elles rappellent que dans certaines cultures, il est bien vu de demeurer avec les aînés. « Ici, ce n’est pas le cas et c’est ce qui nous attriste le plus. Ce n’est pas valorisé par la société. On ne fait pas ça pour l’argent, mais il n’existe aucun incitatif financier pour, par exemple, payer une partie des aménagements à faire pour les aînés (bains, rampe pour handicapés ou autres). On trouve ça vraiment dommage que ça n’existe pas au Québec. » 

Projet intergénérationnel 

Si le projet qu’elles avaient en tête, soit de convertir leur résidence en maison intergénérationnelle ne peut pas se concrétiser, les soeurs n’abandonnent pas l’idée. « On a appris cette semaine que ça nous coûterait trop cher pour convertir notre maison. On est tristes, mais on ne laisse pas tomber notre projet, bien au contraire », assurent-elles. 

La famille réfléchit à l’idée de s’acheter une autre résidence qui correspondrait aux besoins de tout le monde ou à s’acheter un terrain et y faire construire une résidence.  Pour le moment, les trois soeurs continueront à étudier à temps plein et à partager leur espace de vie avec quatre autres personnes. 

« Ma soeur Audrey et moi, on dort dans la même pièce avec nos enfants. On a trois chambres et une salle de bain actuellement. On est à l’étroit, mais on a jamais été aussi heureuse. Les moments que l’on vit et que nos enfants vivent sont précieux. Si on peut inspirer une seule famille à faire pareil, on est heureuse. La famille, c’est ce qu’on a de plus précieux », raconte Vanessa. 

 En terminant qu’en pense maman Manon? «  Je suis très heureuse. Quand j’étais petite, mes parents étaient famille d’accueil, donc j’aime être entourée de plusieurs personnes. C’est sécurisant pour l’avenir de savoir qu’elles seront avec nous et qu’on veillera tous les uns sur les autres », conclut la mère de famille. 

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