On ne peut pas transformer ce qu’on n’arrive pas à nommer
Reconnaître ce qu’on ressent
Reconnaître ce qu’on ressent
On ne peut pas transformer ce qu’on n’arrive pas à nommer
La première fois que j’ai mis des mots sur ce que je vivais, j’avais quatorze ans.
Pendant la guerre, il y avait parfois des moments de répit. On descendait alors dans la cave, ma grand-mère et moi, pour nettoyer et faire de la place, afin d’accueillir les familles quand les bombardements reprendraient.
Ce jour-là, je venais de vivre une situation difficile à la maison. Je m’étais assise dans un coin et je pleurais.
Ma grand-mère m’a regardée dans les yeux et m’a posé cette question :
Jiana, ma chérie. Comment te sens-tu?
Quoi ? Personne ne m’avait jamais demandé cette question. Je me suis effondrée dans les bras de grand-mère, et j’ai tout raconté.
Et pour la première fois, j’ai pu mettre des mots sur ce que je ressentais. Je me suis sentie libérée, parce que je venais enfin de nommer ma souffrance.
Ma grand-mère n’a probablement pas saisi ce qu’elle venait de faire. Elle venait de m’ouvrir un chemin que je n’ai plus jamais refermé.
Le pilote automatique
La plupart du temps, on fonctionne en pilote automatique. On réalise qu’on est fâché seulement après avoir crié. On se sent lourd sans savoir pourquoi. On rentre à la maison irritable et on s’en prend à la mauvaise personne.
La conscience de soi, c’est porter attention à ce qui se passe en soi : ses émotions, ses forces, ses limites, ses valeurs.
Devenir plus précis
La neuroscientifique Lisa Feldman Barrett a donné un nom à cette capacité : la granularité émotionnelle. C’est l’aptitude à distinguer finement ce qu’on ressent.
Une personne à faible granularité dit « je me sens mal ». Une personne à forte granularité dit « je me sens humiliée et déçue ».
Les recherches montrent que les personnes qui nomment précisément leurs émotions les régulent mieux, et présentent moins de comportements agressifs.
Alors quand une émotion monte, allez plus loin que le premier mot. Si c’est de la colère, est-ce de la frustration, de l’irritation, ou une vraie rage? Si c’est de la peur, est-ce de l’anxiété, de l’appréhension, de la panique…c’est quoi au juste?
Souvent, une émotion a simplement besoin d’être reconnue pour s’apaiser.
Un exercice
Prenez quelques secondes maintenant. Que ressentez-vous? Pouvez-vous préciser?
Pour en faire une habitude, accrochez la question à un geste que vous faites déjà : chaque fois que vous franchissez une porte, arrêtez-vous et demandez-vous: comment je me sens?
Et ensuite?
Selon Daniel Goleman, « Reconnaître », c’est la base de l’intelligence émotionnelle. Et une fois qu’on a nommé ce qu’on ressent, qu’est-ce qu’on en fait?
Certaines émotions nous drainent. Elles montent vite et, si on les laisse décider à notre place, elles laissent des dégâts, une phrase de trop, une relation abîmée, une décision qu’on regrette.
La bonne nouvelle, c’est qu’entre le moment où l’émotion apparaît et celui où l’on agit, il existe un espace, et c’est là que tout se joue.
C’est ce qu’on appelle l’autorégulation émotionnelle, le sujet du prochain article.
Visionnez tous les textes de Jiana Saad
Les Conférences Jiana Saad
EnseignanteConférencièreAuteure
Formatrice agréée # 0060749
Loi favorisant la reconnaissance des compétences de la main-d’œuvre
Master Coach en neurosciences EQ-i 2.0/360
Harvard Medical School
www.jianasaad.com
Cell. : 438 391-5400
« Vivre pour faire une différence, pas seulement pour gagner sa vie! »
