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Centre d'Archives de Vaudreuil-Soulanges

Un incontournable de la Saint-Jean-Baptiste : la parade (Souvenir de Vaudreuil en 1952)

Char allégorique ‘’Dans les chantiers’’, de Quinchien. Louis Meloche, Joseph Bradley, Claude Rousseau, Jules Rousseau et Rhéan Bradley. Le conducteur est Paul-Emile Meloche, 1952.
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Photo: © Centre d’archives de Vaudreuil-Soulanges, Fonds Germaine St-Denis, P28, B6

Char allégorique ‘’Dans les chantiers’’, de Quinchien. Louis Meloche, Joseph Bradley, Claude Rousseau, Jules Rousseau et Rhéan Bradley. Le conducteur est Paul-Emile Meloche, 1952.

La fête de la Saint-Jean-Baptiste a des origines très anciennes. À l’origine, on retrouve des rituels païens liés à la célébration de la lumière en lien avec le solstice d’été. Par la suite, ces célébrations furent reprises et amalgamées par les chrétiens pour souligner la naissance de Saint-Jean-Baptiste. Elle est célébrée dès le début de la Nouvelle-France. Elle prend une nouvelle tangente avec le banquet de 1834. Identifié comme acte fondateur, l’événement prend un tournant nationaliste pour promouvoir l’avenir du peuple Canadien français. 

Dans un premier temps, la fête a une forte teneur religieuse avec messes et discours religieux. Avant les parades, il était question de processions pour affirmer la foi canadienne française. Par exemple à Vaudreuil en 1934 où l’on voit la procession culminer avec l’inauguration d’une croix de chemin, de discours et d’un feu d’artifice. À partir du dernier quart du XIXe siècle, les processions seront lentement remplacées par les parades des chars allégoriques. Le premier à faire son apparition est celui de l’enfant Jean-Baptiste accompagné de son mouton. Avec le temps, les parades de la Saint-Jean-Baptiste prennent de l’expansion et se transforment. Il y aura l’ajout de clowns, de mascottes, de fanfares, de majorettes, de corps de cadet, de dignitaires dans des voitures décapotables, etc. Chaque année le défilé permet de mettre en valeur une thématique particulière liée à l’histoire ou à la culture. On retrouve souvent les héros du passé, les métiers traditionnels, les lieux emblématiques de la région ainsi que les symboles chrétiens. Chaque tableau est assemblé et bricolé à partir des objets trouvés ou récupérés, de beaucoup d’imagination et de débrouillardise. On fait souvent appel à la nature avec des branches ou des fleurs. Ces tableaux sont complétés de figurants maquillés et costumés. Les premiers chars allégoriques étaient réalisés sur des voitures tirées par des chevaux et ensuite par des tracteurs. Avec le développement des véhicules à moteur, on retrouve des camions de toutes sortes. Cet événement évolue et se transforme, mais reste toujours une tradition qu’attende avec impatience les grands et les petits.  

Vaudreuil

Reculons un peu dans le temps et attardons-nous plus spécifiquement à la parade d’il y a presque 75 ans. Cette dernière a lieu le 25 juin 1952… Pourquoi le 25 et non le 24 juin… Selon Monsieur Brouillard, journaliste… Parce que la température en a décidé ainsi. Grâce à la description de Monsieur Marcel Brouillard et à différents articles parus dans le journal de la Presqu’île, il est possible d’avoir un portrait relativement fidèle de ce défilé et des gens qui ont participés. 

L’église a toujours joué un rôle prépondérant pour la mise en avant de cette fête. À Vaudreuil, il est possible de souligner les actions de différents curés notamment les abbés Jean-Marie Phaneuf et Adrien Patenaude qui ont joué un rôle clé dans sa mise en œuvre et son développement. Depuis 1944, une parade est organisée. En 1952, il est possible de retrouver en page couverture du journal, une invitation à la population de Vaudreuil-Soulanges rédigée par l’abbé Adhémar Jeannotte, curée de Vaudreuil ainsi qu’amateur d’histoire et de généalogie à participer aux activités de la Saint-Jean-Baptiste. Il souligne notamment le caractère spécial de la fête lié aux anniversaires du 250e anniversaire de la concession de la seigneurie de Vaudreuil ainsi que du 179e anniversaire de la paroisse. Il note l’importance pour les Canadiens français d’être présents. Que la fête sera chômée et que les demeures seront décorées aux couleurs nationales.  

Dans la publication précédent la fête, il est possible de lire dans le journal l’horaire des activités ainsi que l’ordre de préséance, le titre et la provenance des différents tableaux composant le défilé. Ces 27 chars seront précédés par le drapeau du Québec et la thématique officielle est nos chansons. La parade débuta probablement sur la rue Saint-Jean-Baptiste dans la municipalité de Dorion pour longer le bord de l’eau et se terminer sur les terrains situés après le quai sur la rue Saint-Michel devant les maisons du notaire J-P Boileau et de l’agronome Henry Reid face à la baie de Vaudreuil. Parmi les participants, on remarque plusieurs villages situés sur le territoire de Vaudreuil-Soulanges, dont certains éloignés. Soulignons notamment Ste-Justine, Sainte-Marthe et Saint-Télesphore. 

Le 25 juin, le défilé s’élança en début de soirée. À la lecture du compte-rendu, il est possible de savoir le nom de l’ensemble des gens présent sur chacun des chars. Probablement, en raison de la pluie, il semble y avoir eu des changements à l’ordre. Un cavalier ouvre la parade. Il est suivi par les scouts portant un grand drapeau du Québec. Il est intéressant de noter que le drapeau n’est officialisé que depuis 1948. On souligne la participation de 14 chars allégoriques. Nous sommes en mesure d’avoir des photographies de plusieurs de ces tableaux que vous pouvez voir dans cet article. Enfin, comme la tradition l’impose, le dernier char représente le petit Saint-Jean-Baptiste personnifié par Pierre Philibert, 4 ans de Pointe-des-Cascades. Il est important de souligner que l’enfant devait avoir les cheveux blonds et bouclés. 

Ce dernier char est suivi par une voiture transportant le maire de Vaudreuil Jean-Paul Dumberry, le curé Adhémar Jeannotte, le président de la société Saint-Jean-Baptiste, Aimé Vincent et le secrétaire Étienne Sauvé. Une fois la parade complétée, la foule accompagne la fin du défilé en procession vers les installations où aura lieu les discours et les feux d’artifices. Comme une image vaut mille mots, découvrez cette parade à travers les photographies et les documents d’archives.

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