Par Anaïs Sabourin
Accessible. Voilà un mot bien singulier
Accessible. Voilà un mot bien singulier. Pourtant, il est trop souvent tenu pour acquis, comme s’il allait de soi, comme s’il était universellement reconnu.
Le dictionnaire Le Robert le définit clairement comme un lieu «où l’on peut accéder, arriver, entrer.» Par exemple, il pourrait être question d’avoir accès à son lieu de travail ou un édifice public. Pour la plupart des gens, poser ce geste ira de soi. C’est routinier et quotidien, voire banal. Tout le monde peut accéder à un tel lieu. Tout le monde? Vraiment?
Pour moi, ce n’est pas aussi simple. Même si je le souhaite, il est parfois difficile de me rendre à un endroit précis. Ce n’est pas un manque de volonté ni une incapacité, mais bien une limitation. La raison est fort simple : je suis une personne handicapée. Eh oui! Voilà pourquoi ce simple petit mot défini précédemment n’est pas aussi… accessible pour moi.
Ouverture et humanité
C’est avec ceci en tête que le Centre Prénatal et Jeunes Familles s’efforce à offrir des services accessibles à toute la population de Vaudreuil-Soulanges. Handicap, orientation sexuelle, genre, origine ethnique…
Ici, on croit que tous doivent avoir accès à des services chaleureux, humains et adaptés. Pour nous, notre différence, c’est ce qui fait notre force. Il est primordial de montrer à nos familles que peu importe leur parcours, nous sommes-là pour les supporter.
Le regard des autres
Sur une note plus personnelle, vivre avec une différence dans notre société peut parfois être ardu. Le regard que certaines personnes posent sur nous peut être blessant et source de souffrances. Je suis consciente que ce regard n’a pas pour but premier de blesser puisqu’il provient souvent de l’ignorance et de la peur de l’inconnu.
C’est pour cette raison qu’il est important d’éduquer les gens concernant la différence qui les entoure afin d’éliminer ce fameux facteur d’inconnu.
Pour les parents, il est important de ne pas rendre ce sujet tabou. Par exemple, il m’arrive fréquemment d’en entendre certains dire à leur enfant de se taire lorsqu’il demande pourquoi je suis en fauteuil roulant ou lorsque certaines remarques sur mon handicap sont faites.
Ce n’est certainement pas l’attitude à adopter. Vous pouvez plutôt expliquer que je suis différente, mais pas anormale. Si vous ne savez pas comment le lui dire, il peut toujours venir voir la personne handicapée pour s’informer. Il me fait toujours le plus grand des plaisirs de discuter avec les parents et les enfants qui fréquentent nos services.
Des endroits où la différence brille de mille feux font partie de la solution. Un changement d’attitude doit s’opérer et il faut cesser d’avoir peur!
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