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Par Alexandra Loiselle-Goulet

Arrête de faire du bruit, tu m’énerves ! 

Arrête de faire du bruit, tu m’énerves ! 
Photo: Courtoisie

L’hypersensibilité ! Un sujet trop peu parlé, mais tellement envahissant ! J’ai toujours su que le monde extérieur m’irritait, mais pourquoi ?

Pense à la pire douleur psychologique que tu as vécue et multiplie-la par 10, c’est rough hein ? Dans mon être, c’est toujours comme ça. L’intensité de la lumière est souvent trop forte, les couleurs sont trop vives, le bruit est trop fort ou trop faible et les odeurs trop prononcées. Ma vie résumée en un mot ? Trop. 

Tu m’énerves lorsque tu manges

Sérieux ? Tu es obligé de manger et de mâcher si fort ? Évidemment que non, mais pour moi ça ne passe pas. Immédiatement agressée, je peux arrêter de t’écouter et me concentrer seulement sur le bruit tellement ça me tombe sur la rate.

Étant une fille polie et bien élevée, je ne te le dirais pas. À la place, je vais souffrir en silence. Oui, oui, souffrir. Imagine si en plus de ça, tu ajoutes le bruit de ta fourchette dans ton assiette en céramique. Tu m’achèves. De mon côté, j’ai réglé la problématique en mangeant dans des assiettes ou bols en plastique. Tiens-le-toi pour dit. 

Tu m’énerves lorsque tu fais du bruit

Je suis assise calmement dans une salle d’attente, joyeuse et presque zen (je ne suis jamais zen alors presque c’est déjà un succès !) et tu viens perturber ma quiétude si durement établie. Tu t’assois et tu te mets à branler de la jambe tellement vite que d’après-moi Bruny Surin serait jaloux.

Le frottement de ta botte m’irrite à un point tel que je n’arrive pas à saisir le pourquoi du comment. Je m’imagine très bien me retourne et te crier « ARRÊTE ! » (Tu l’as vu ma veine dans le front ?), mais je ne le fais pas.

Tu as le droit de sortir ton stress de la manière qui te fait du bien. C’est à moi, de me contenir et de comprendre ce qui se passe en moi à ce moment précis. 

Tout m’énerve lorsque tu me fais de la peine

La peine chez nous se transforme en irritabilité. Je deviens bête et désagréable sans raison apparente. Ce sentiment me reste pris dans la gorge comme une grippe pas réglée. Mes émotions étant mal gérées, je me mets à ressentir trop, tout autour de moi.

Les gens qui me poussent dans le métro ça m’énerve, les gens qui niaisent trop longtemps à la station-service m’énervent, les gens qui cherchent leur monnaie pour payer m’énervent, attendre en arrière de quelqu’un qui paye ses 25 comptes au guichet automatique quand j’ai juste besoin de 20 $ m’énerve et toi qui veut seulement être gentil avec moi et me faire un beau compliment, tu m’énerves. Je ne gère rien aussi positif que négatif. 

Lorsque ça arrive, au lieu de m’énerver, je me retire

Maintenant, j’ai compris que je suis comme ça. Que pour vivre en société, je dois m’adapter ! Facile ? Oh que non ! Je me permets plus de moments seuls avec moi-même.

Je travaille avec une petite lumière non agressante et des sons de la nature. Je suis loin d’être une anti sociable ! J’adore le monde. Mais je me réserve du temps pour décanter après mes soirées d’amis. J’ai besoin de me retrouver et de faire un shotdown des stimuli extérieurs. 

Si tu es comme moi, prendre le temps de s’arrêter, c’est essentiel. Fais-le pour les autres, mais surtout pour toi. Tu verras la différence ! 

Courage ! 

Alexandra

 

 

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