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Par Alexandra Loiselle-Goulet

De l’ombre à la lumière

De l’ombre à la lumière
Photo: Alexandra Loiselle-Goulet

Dans les prochains mois, tu vas me lire régulièrement ici. Je vais parler au « je » et au « tu ». Entre nous, il y aura une connexion comme des amis qui ne se connaissent que sur les zinternet.

Mes articles traiteront de santé mentale. De ce qui se passe dans ma tête et celles de beaucoup d’autres. Des enjeux de société liée à cette problématique et de la beauté cachée par de nombreux préjugés véhiculés. Je te ferais peut-être des confidences, mais sache que je te transmettrai certainement de l’information pertinente.

C’est pourquoi je trouve important de te partager mon histoire. Une histoire d’apparence plutôt banale, mais qui regorge de leçons apprises souvent à la dure. Une histoire qui choc, par ses propos parfois crus, mais remplis de sensibilité qui je l’espère te donnera envie de continuer à venir me visiter, ici sur le blogue.

Mon nom est Alexandra Loiselle-Goulet (je commence ça de façon officielle, hein ?) et je suis une passionnée de la santé mentale, de l’écriture et de l’humain. J’ai 42 ans et je suis de retour aux études à temps plein en éducation spécialisée. Je sais pas si je suis dingue, mais c’est le plus beau move que j’ai fait dans ma carrière !

Ma vie ne peut jamais être simple. En fait, j’aime le chaos, la différence et les montagnes russes. Ma devise : la vie est un terrain de jeu qui est vraiment plaisant lorsqu’on en connait les règles ! Je vis avec un trouble d’anxiété généralisée, un TDAH, un trouble de personnalité limite. Juste ça. J’ai longtemps travaillé dans le domaine de la production de disques (pour les plus jeunes, c’est l’ancêtre du streaming).

J’ai fait la fête, j’ai bu, je me suis évitée. La lourdeur et la noirceur vécue à cette époque étaient tellement denses que la santé mentale est rapidement devenue un enjeu majeur dans mon quotidien. Mon existence n’était que paillettes et illusions. Tout ça parce que dans l’fond, j’hais ma vie. Je m’haïssais.

- De quoi tu t’plains ! Tu as tout ce que tu veux !

- Non, il me manque le bonheur.

Ma vie est devenue un ouragan dont j’étais incapable de me sortir. Je m’étais créé une personnalité de toute pièce. Chaque matin, au levé, je mettais mon masque et je débutais mes journées. Le jour où le masque s’est enlevé, j’ai tenté de me suicider.

- Y parait que le mal-être ça se guérit qui disent ?

- Non, mais avec de l’aide et beaucoup d’amour, il s’estompe et fait place à plus de lumière.

S’en sont suivi des thérapies à Louis-H-Lafontaine et au CLSC. Une prise de médicaments et plein d’amour de mes proches. Enfin, mes yeux n’avaient plus la crainte des miroirs.

Je suis maintenant mariée et j’ai une belle petite fille de 9 ans. La vie m’a offert ce cadeau. J’avais d’autres choses à accomplir, ça l’air ! Mais d’autres défis sont venus s’ajouter à la liste. Un enfant avec une malformation cardiaque. La peur et l’anxiété font toujours partie de ma vie, mais grâce à elle, la résilience et le lâcher-prise sont apparus.

Je t’en reparlerai certainement.

J’ai choisi de voir le beau dans les défis que je réussis à surmonter. Mon passé fait partie de la personne que je suis maintenant. J’avance. Je sais pas toujours où je vais, mais ce que je sais, c’est que je serais toujours heureuse.

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