Droit d’accueillir des conteneurs internationaux
L’impasse persiste au port de Valleyfield
Le port administré par la Ville de Salaberry-de-Valleyfield, le seul au pays sous gestion municipale, ne peut plus accueillir de conteneurs internationaux depuis maintenant un peu plus de trois ans.
Il s’agissait pourtant d’un droit acquis par Valport avant que l'entreprise ne soit vendue au groupe Desgagnés en 2023. Le gouvernement Canadien refuse toutefois que la licence soit transférée. Selon le fédéral, Valport n’aurait jamais dû pouvoir accueillir des conteneurs internationaux.
Depuis 2023, les négociations sont pour le moins « infructueuses », exprime le maire de Salaberry-de-Valleyfield, Miguel Lemieux. « On a entamé des démarches multiples, surtout via notre députée Claude DeBellefeuille qui chapeaute ce dossier-là, mais on a pas de retour concluant », ajoute-t-il.
À titre de membre et vice-présidente du comité permanent de la sécurité publique et nationale à la Chambre des communes, Mme DeBellefeuille a eu l’occasion d’initier une étude sur le rôle de l’Agence des services frontaliers du Canada dans le corridor de la voie maritime du Saint-Laurent et des Grands Lacs et les pratiques de dédouanement portuaire.
« Cette étude m’a permis de mettre en lumière la situation du port de Valleyfield qui souhaite toujours pouvoir rétablir le service de dédouanement de conteneurs à ses installations. J’ai eu le grand plaisir de recevoir Isabelle Viau, directrice générale du port de Valleyfield, ainsi que le représentant du Groupe Desgagnés, opérateur du port, David Rivest. Je me réjouis d’avoir pu défendre cet enjeu si important pour notre développement régional », a souligné la députée bloquiste plus tôt cette semaine.
Retrouver les mêmes droits qu’avant
La demande de Salaberry-de-Valleyfield et du groupe Desgagnés est claire: On veut revenir au statu quo. Selon le maire, les autres ports du secteur appuient les démarches du port.
« Il ne voit pas de problème avec nos demandes, aucun autre port n’a crié à l’injustice. On ne crée pas de concurrence en faisant ça [...] c’est juste l’agence des services frontaliers qui s’y oppose », explique M. Lemieux. « On ne veut pas de traitement de faveur, ça faisait au moins 15 ans que ça marchait, notre écosystème était fait pour ça », renchérit-il.
Le port reçoit habituellement une centaine de bateaux cargo par année. Même s'il s’en sort bien pour le moment, le gestionnaire du port a dû mettre de grands projets d'expansion sur la glace en attendant que la situation se redresse.
« Une belle passe sur la palette de monsieur Trump »
En perdant le droit de recevoir des conteneurs de l’international, le port de Valleyfield se prive d'un revenu considérable. Les navires sont ainsi redirigés vers Cleveland aux États-Unis. Dans un contexte où le premier ministre Mark Carney parle d’un « Canada fort », la situation actuelle crée un frein à l'économie régionale.
« On a détourné des activités économiques directement aux États-Unis, c’est une belle passe sur la palette de M. Trump. Au lieu de faire travailler des Québécois, on donne du travail aux Américains », témoigne Miguel Lemieux.

