Modification récente au traitement des demandes dans le PTSQ
« C'est dégueulasse » - Jean-François Blanchard
Par Christopher Chartier-Jacques, Directeur régional des contenus
Le gouvernement Fréchette, en rupture avec les décisions du gouvernement sous François Legault, a annoncé une mesure afin de prioriser les demandes dans le cadre du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PTSQ) afin d'accélérer l'analyse des permis venant à échéance prochainement. Cette valse-hésitation laisse Jean-François Blanchard de glace.
L'homme d'affaires, rappelons-le, est gestionnaire du CHSLD Manoir Harwood à Vaudreuil qui emploie nombre de travailleurs immigrants détenteurs de permis de travail.
« C'est à croire que le gouvernement oublie que l'on fait affaire avec des humains », laisse-t-il tomber en déplorant que les personnes directement concernées passent derrière des considérations uniquement politiques.
Pour lui, au strict sens économique, la position gouvernementale n'a aucun mérite. « On vit dans une région de plein emploi, souligne M. Blanchard. Les entreprises ont d'énormes besoins à combler. On a vu récemment dans les médias que le futur hôpital de Vaudreuil-Soulanges ne sait pas s'il sera en mesure de combler tous ses postes. On ne parle pas juste de médecins et d'infirmières: il y a tout le personnel de soutien qui s'occupe des cuisines, de la buanderie, de l'entretien, etc. On se tire dans le pied. »
Des impacts directs
Il doit vivre au quotidien avec la gymnastique qu'impose les modifications fréquentes à la législation encadrant le droit de travailler des personnes immigrantes. Au Manoir Harwood, pas moins de 15 % de la main-d'oeuvre est issus d'un programme ou d'un autre.
Le dirigeant précise que pour l'heure, il a dû mettre fin à trois liens d'emploi en raison des décisions politiques. En parallèle, deux autres travailleurs se retrouvent dans une situation anxiogène, leur permis venant à échéance en juillet. Jean-François Blanchard espère que l'annonce de la priorisation permettra à ces deux personnes de conserver leur emploi.
L'homme d'affaires ne maquille pas son sentiment par rapport à ces vécus très personnels. « C'est dégueulasse. On traite des personnes comme on jamais traité personne dans l'histoire du Canada. On a dit à ces personnes de nous faire confiance et on les renvoie du revers de la main. Ces travailleurs apportent une stabilité de services qui serait impensable sans eux. Ils paient des impôts, ils contribuent. Comparons avec l'histoire de Northvolt. Le Québec y a englouti des milliards pour se retrouver avec rien. Pour les travailleurs, on a investi pour l'intégration et ils rapportent beaucoup plus que l'investissement d'origine. Ça n'a aucun sens », se désole-t-il.
En attendant plus de précision, il continue de travailler avec les acteurs locaux pour éviter des drames humains et des ruptures de service.
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