Annonce de la Banque du Canada
Le taux directeur est encore maintenu à 2,25%
La Banque du Canada a annoncé le mercredi 29 avril qu’elle maintenait le taux cible du financement à un jour à 2,25 %. Le taux officiel d’escompte demeure à 2,5 %, et le taux de rémunération des dépôts, à 2,20 %.
Les perspectives de croissance de l’économie canadienne ont peu changé comparativement à la projection présentée dans le Rapport sur la politique monétaire de janvier. Après s’être contractée au quatrième trimestre de 2025, la croissance devrait avoir repris au début de 2026. Les dépenses de consommation et les dépenses publiques soutiennent l’activité économique, alors que les droits de douane et l’incertitude commerciale pèsent sur les exportations et les investissements des entreprises.
L’activité sur le marché du logement a diminué au quatrième trimestre et est freinée par la faible expansion démographique, l’incertitude économique et les problèmes d’abordabilité persistants.
Le taux de chômage se maintient dans une fourchette de 6,5 à 7 %, ce qui reflète tant la faiblesse de l’embauche que la baisse du nombre de personnes qui cherchent un emploi.
Dans ses prévisions d’avril, la Banque estime que la croissance du produit intérieur brut (PIB) s’élèvera à 1,2 % en 2026, et augmentera pour atteindre 1,6 % en 2027 et 1,7 % en 2028, à mesure que la croissance des exportations et des investissements des entreprises reprendra en suivant une trajectoire moins élevée.
Dans l’ensemble, l’économie mondiale devrait croître d’environ 3 % en 2026, 2027 et 2028. Les projections relatives à l’inflation pour l’année à venir sont révisées à la hausse en raison du bond des prix de l’énergie.
L’impact de la guerre en Iran
L’évolution du conflit au Moyen-Orient accroît la volatilité et la politique commerciale américaine continue de transformer la structure des échanges internationaux, deux situations qui sont des sources persistantes d’incertitude. La projection d’avril de la Banque est basée sur l’hypothèse que les droits de douane resteront inchangés et que le prix de référence mondial du pétrole descendra à 75 $ US le baril d’ici le milieu de 2027.
La guerre en Iran a entraîné une hausse marquée des prix de l’énergie et causé des perturbations dans les transports, ce qui a réduit les perspectives de croissance des pays importateurs de pétrole et fait monter l’inflation partout dans le monde.
Comme la croissance du PIB dépasse légèrement celle de la production potentielle, l’offre excédentaire actuelle dans l’économie se résorbe graduellement.
Bien que la guerre en Iran puisse modifier sa composition, la croissance globale du PIB reste presque inchangée dans la nouvelle projection: le Canada étant un grand exportateur net de pétrole, les cours pétroliers plus élevés font augmenter le revenu national, alors même que les consommateurs sont mis sous pression par les prix plus élevés à la pompe.
Depuis le début du conflit armé, la valeur du dollar américain s’est rapprochée de celle des autres grandes devises. Le taux de change Canada–États-Unis est demeuré relativement stable. Les rendements obligataires sont quant à eux légèrement plus élevés depuis janvier, tandis que les marchés boursiers, qui avaient fortement baissé au début du conflit, se sont redressés.
Mieux comprendre l’inflation
L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) a grimpé à 2,4 % en mars, en raison des prix de l’essence beaucoup plus élevés. Cette hausse fait suite à plusieurs mois de ralentissement de la croissance des prix.
La part des composantes de l’IPC ayant enregistré des hausses de prix supérieures à 3 % a aussi baissé ces derniers mois. Comme prévu, peu de signes montrent jusqu’à présent que la montée des cours pétroliers s’est répercutée de façon plus générale sur les prix des biens et des services, mais la Banque du Canada assure suivre la situation de près.
Les attentes d’inflation à court terme ont augmenté, vu la montée des prix de l’essence et les hausses encore élevées des prix des aliments.
Selon toute vraisemblance, l’inflation augmentera en avril pour s’établir autour de 3 %. En supposant que les prix du pétrole diminuent, l’inflation devrait descendre à la cible de 2 % au début de l’an prochain.
Le Conseil de direction a décidé de laisser le taux directeur inchangé, invoquant les incertitudes liées aux droits de douane américains, aux politiques commerciales et aux tensions au Moyen-Orient. Si l'institution se dit attentive aux pressions sur les prix de l'énergie, elle écarte tout risque de dérapage inflationniste durable.

