Rencontre avec la DG de l'ORHVS
Logement abordable: des profils qui changent
Par Christopher Chartier-Jacques, Directeur régional des contenus
À la direction de l’Office régional d’habitation de Vaudreuil-Soulanges (ORHVS) depuis maintenant sept ans, Manon Charest a toujours la même mission: démystifier le logement social. Les portraits et les profils changent selon elle.
Si l’itinérance et les enjeux de logements inabordables semblaient bien étrangers il y a quelques années à peine dans la région, force est de constater qu’ils deviennent de plus en plus visibles.
La mission centrale de l’ORHVS, comme n’importe quel autre office d’habitation au Québec, est d’améliorer les conditions de vie de personnes et de familles à faible revenu ou à revenu modique sur le territoire de la MRC en mettant à leur disposition des logements abordables de qualité et sécuritaires.
L’organisme gère ainsi différents programmes de logement comme les Habitations à loyer modique (HLM), le programme le mieux connu certainement. Pour bâtir de nouvelles installations, entretenir les plus vieux et offrir de l’aide directe aux personnes, l’ORHVS reçoit du financement du gouvernement du Québec. Or une partie de ses revenus provient des 23 municipalités du territoire de la MRC. Selon Manon Charest, les maires de Vaudreuil-Soulanges montrent une ouverture à supporter la mission de son organisme.
Travailleur à temps plein et à la rue
Pour la directrice générale de l’ORHVS, on doit oublier le stéréotypes de la personne sans domicile fixe qui pousse un panier et qui dort sous les ponts.
« Avec la hausse du coût de la vie et du logement dans la région, nous voyons de plus en plus de chefs de famille, travailleurs à temps plein, qui ne sont plus en mesure de se loger. Ils ne peuvent pas se permettre de mettre 60 % de leur revenu sur un logement. Ça ne laisse pas d’argent pour se nourrir et mettre de l’essence dans la voiture pour aller travailler. On voit des personnes qui n’ont d’autre choix que de vivre dans leur voiture », explique-t-elle.
Rappelons qu’un logement qui nécessite plus de 30 % du revenu est qualifié comme inabordable.
La directrice de l’ORHVS rappelle que pour beaucoup de personnes dans des situations d’inabordabilité ou d’itinérance, il s’agit d’un contexte issu d’une série d’événements malheureux: une séparation, un congédiement, un problème de santé, etc.
Pour Manon Charest, il est important de faire ouvrir les yeux des décideurs sur cette réalité très humaine.
Des projets structurants
On perçoit une prise de conscience de la part des décideurs locaux. Signalons la création de l’organisme Toit d’abord qui allie, notamment, l’ORHVS à des acteurs municipaux pour développer des logements dits hors marché. Un projet a déjà été réalisé sur la rue Saint-Michel à Vaudreuil-Dorion.
Manon Charest souligne que d’autres sont sur le point d’être lancés et plus encore sont en dans les cartons mais très avancés.
