Entrevue avec Fodé-Moussa Keita
Prix de l'essence: haut jusqu'à la fin 2026
Par Christopher Chartier-Jacques, Directeur régional des contenus
Pas besoin d’avoir une vision parfaite pour se rendre compte des effets de la politique internationale sur les citoyens de Vaudreuil-Soulanges. Selon le professeur Fodé-Moussa Keita, la situation à la pompe devrait rester la même au moins jusqu’à la fin de l’année. Il explique.
Il y a un peu plus d’un mois, le président Donald Trump a décidé de lancer une offensive contre le régime iranien. Au-delà de l’impact de cette décision dans le cycle des nouvelles des dernières semaines, les répercussions dans le quotidien des Vaudreuil-Soulangeois sont notables.
« L’essence n’est certainement pas la dépense la plus importante des ménages mais elle est très visible. Les prix sont affichés partout », lance l’enseignant en sciences politiques du cégep de Valleyfield.
Signalons que même si les Québécois ne consomment pas directement de pétrole en provenance de l’Iran, les fluctuations des prix les touchent comme partout ailleurs. En effet, le pétrole étant transigé sur les marchés internationaux, une baisse de l’offre se répercute sur les cours mondiaux. Ainsi, le prix de l’essence augmente partout.
« Les marchés et les grandes entreprises pétrolières n’aiment pas l’imprévisibilité et l’instabilité. L’attaque américaine de l’Iran a créé ce contexte. Les prix augmentent », résume le spécialiste.
Le moyen terme
« Les effets de ce climat pourraient perdurer dans le temps et s’élargir à d’autres dépenses, croit monsieur Keita. Une inflation généralisée pourrait revenir selon lui. « Le prix du pétrole a un impact sur toutes les marchandises qui sont transportées. Les prix augmenteront, lance l’enseignant. Pour les consommateurs, c’est une dépense de plus. Même chose pour les voyages: les avions nécessitent du kérosène qui a aussi vu son prix augmenté. »
Pour la durée du choc, il se réfère à différentes agences qui ont déjà statué que la situation restera la même au moins jusqu’à la fin de l’année.
Les gouvernements ont-ils des outils pour soulager les citoyens des impacts de la hausse accélérée de cette dépense? Fodé-Moussa Keita croit que oui, mais aucun n’est parfait.
« Les gouvernements perçoivent des taxes sur les ventes d’essence. Au Québec, ça représente environ 2 G$ par année. On pourrait décider de la lever le temps de la crise. Ça pose deux problèmes: premièrement, il s’agit d’une situation temporaire et il pourrait être très coûteux politiquement de la réinstaurer. Ensuite, ces sommes servent déjà à financer des projets publics importants comme le transport collectif et la réparation des routes. Veut-on vraiment investir moins d’argent dans les routes avec l’état qu’on leur connait? », s’interroge l’enseignant.
Pour conclure, il voit du positif dans le sommet diplomatique entre les délégations américaines et iraniennes au Pakistan lors de la fin de semaine: « C’est la première fois que des représentants des deux pays se rencontrent depuis la révolution iranienne de 1979. Je crois que ça montre que l’Iran est prête à négocier de bonne foi. »
