Colloque Transport et mobilité régionale
Enjeux de circulation: la région veut se faire entendre
Par Christopher Chartier-Jacques, Directeur régional des contenus
Élus, représentants municipaux et gens d'affaires de la région se sont réunis à l'Auberge des Gallants le jeudi 19 mars pour dresser un portrait des enjeux de transport dans la région et leurs répercussions réelles. Ce colloque Transport et mobilité régionale organisé par la Chambre de commerce et d'industrie de Vaudreuil-Soulanges (CCIVS) a été l'occasion d'envoyer un message régional fort aux instances supérieures.
Le moment choisi pour la tenue était à point nommé, au lendemain du dépôt du budget du gouvernement Legault. Bien que personne ne retenait son souffle, le volumineux document ne prévoit rien de concret pour répondre aux enjeux de transport dans la région: une meilleure desserte régionale pour le transport collectif et le parachèvement de l'autoroute 20.
Le deuxième point était sur toute les lèvres jeudi matin. « Quand j'entends des collègues un partout au Québec mentionné les problèmes de circulation dans leur coin, je souris un peu. Dans Vaudreuil-Soulanges, un matin donné, sortir de l'île Perrot peut prendre 30 ou 50 minutes », lance Patrick Bousez, maire de Rivière-Beaudette et préfet de la MRC de Vaudreuil-Soulanges. Il signale du même souffle que la situation était parfois déjà problématique il y a environ 25 ans alors que la population de la région représentait environ la moitié du nombre actuelle. Rappelons que Vaudreuil-Soulanges abrite 170 000 personnes.
« Je le répète: ce tronçon de l'autoroute est le seul à travers le Canada à traverser un milieu de vie. Personne ne souhaite que son enfant n'ait à traverser une autoroute pour se rendre à l'école. C'est cependant le cas dans le secteur Dorion à Vaudreuil-Dorion », poursuit Patrick Bousez.
Au-delà des frustrations quotidiennes, les intervenants ont aussi rappelé les coûts liés à la configuration de l'autoroute 20 dans le secteur de Vaudreuil-Dorion et l'île Perrot. Joanne Brunet, directrice générale de Développement Vaudreuil-Soulanges (DEV) explique: « On a fait produire une étude qui détaille que le Québec a perdu environ 1,1 G$ en n'allant de l'avant avec le parachèvement de la 20. Ce montant comprend les pertes en taxes municipales pour les villes qui auraient pu redévelopper certains secteurs et les dépenses des entreprises en salaires pour le temps perdu dans la circulation, par exemple. On n'y compte même pas les impacts environnementaux et la dégradation du réseau actuel. »
« Transport maman-papa »
Danie Deschênes est mairesse de Notre-Dame-de-l'Île-Perrot et présidente du conseil d'administration de DEV. Elle est avant tout mère de deux adolescents, adeptes de sport. Elle vit ainsi la réalité de nombreux parents de la région en lien avec l'absence de transport organisé.
« J'ai fait l'exercice en ligne pour m'amuser. Si un jeune de Notre-Dame-de-l'Île-Perrot veut aller au cégep de Valleyfield en autobus, il doit prévoir un déplacement d'environ 3 h 30. Au moment où nos enfants arrivent vers l'âge de 17 ans, on doit tous commencer à magasiner une voiture pour eux. Un autre exemple: il n'y a pas de transport pour les enfants qui habitent sur l'île Perrot inscrits aux programmes sports-études dans les écoles à Vaudreuil-Dorion. On dépend de «transport maman-papa». Ce sont des centaines de voitures de plus sur la route pour aller conduire les enfants plutôt que quelques autobus », plaide la mairesse. Selon elle, le développement d'un transport collectif intra-régional est donc loin d'être un luxe.
L'absence de sommes dédiées au transport collectif dans la région et au parachèvement de l'autoroute 20 n'a pas semblé décourager les acteurs locaux. Pour eux, le travail continue.
