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Le taux directeur reste inchangé

La Banque du Canada maintient le taux directeur à 2,25%

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18 mars 2026
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Maxim Ouellet
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Par Maxim Ouellet, Journaliste

La banque centrale du pays a annoncé le mercredi 18 mars qu’elle garderait son taux directeur à 2,25 % comme l'avaient prédit les experts en économie. Soulignons que celui-ci est stable depuis le 29 octobre 2025.

Bien que mal compris, le taux directeur est important pour la population canadienne. Il s’agit du coût minimum auquel les banques peuvent obtenir de l'argent de la banque centrale. En d’autres mots, le taux cible du financement à un jour sert de référence pour tous les taux d’intérêt du pays, y compris les taux préférentiels fixés par les banques et les prêteurs.

Une augmentation du taux directeur ralentit l'inflation en décourageant les emprunts et les dépenses, alors qu’une diminution du taux directeur permet de stimuler l'activité économique, tandis que l'inflation tend à accélérer.

La guerre au Moyen-Orient a fait augmenter la volatilité des prix de l’énergie et des marchés financiers à l’échelle mondiale, en plus d’accentuer les risques pesant sur l’économie mondiale. L’étendue et la durée du conflit, et donc ses répercussions économiques, sont très incertaines.

Avant cette guerre, l’économie mondiale était en voie de progresser d’environ 3 %, comme on le prévoyait dans le Rapport sur la politique monétaire de janvier. La croissance de l’économie américaine s’est modérée mais demeure solide, portée par la consommation et les investissements majeurs liés à l’intelligence artificielle. L’inflation aux États-Unis reste au-dessus de la cible et a évolué essentiellement comme prévu.

Dans la zone euro, la demande intérieure soutient la croissance, tandis que les exportations ont reculé. En Chine, l’économie continue d’être stimulée par la vigueur des exportations, mais la demande intérieure reste faible.

Depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, les prix mondiaux du pétrole et du gaz naturel ont monté en flèche, ce qui fera grimper l’inflation mondiale à court terme. Les goulots d’étranglement causés par la quasi-fermeture du détroit d’Ormuz, qui perturbent déjà l’approvisionnement énergétique, pourraient également affecter d’autres produits de base, comme les engrais.

Après avoir connu une croissance de 2,4 % au troisième trimestre de 2025, le produit intérieur brut (PIB) du Canada s’est contracté de 0,6 % au quatrième trimestre. Cette performance est plus faible que postulée dans le rapport de janvier, mais s’explique principalement par une réduction des stocks plus importante que prévu. La demande intérieure a progressé de plus de 2 % en raison de la vigueur des dépenses de consommation et des dépenses publiques, mais l’activité sur les marchés du logement est demeurée faible.

« Nous continuons de nous attendre à ce que l’économie canadienne progresse modestement pendant qu’elle s’ajuste aux droits de douane américains et à l’incertitude entourant les politiques commerciales, mais les données récentes laissent croire que la croissance à court terme sera plus faible que ce qui était prévu en janvier », indique la Banque centrale dans son communiqué.  

Les gains d’emplois enregistrés au quatrième trimestre de 2025 ont été en grande partie annulés dans les deux premiers mois de 2026, et le taux de chômage est monté à 6,7 % en février. Si on fait abstraction de la volatilité, les données récentes semblent aussi indiquer que les exportations vont demeurer faibles. Il est trop tôt pour évaluer quelles répercussions le conflit au Moyen-Orient aura sur la croissance au Canada.

L’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) a de nouveau diminué pour atteindre 1,8 % en février, comparativement à 2,3 % en janvier. L’inflation mesurée par l’IPC hors effet des variations d’impôts indirects et les mesures de l’inflation fondamentale ont également baissé et sont toutes proches de 2 %. Le rythme de croissance des prix des aliments a ralenti en février, mais demeure élevé. La hausse marquée des prix mondiaux de l’énergie a fait monter les prix de l’essence, ce qui se traduira par une augmentation de l’inflation globale dans les mois à venir.

Dans ce contexte général, le Conseil de direction a décidé de maintenir le taux directeur à 2,25 %. Étant donné que les données récentes laissent entrevoir une activité économique plus faible et que l’incertitude est élevée, les risques pesant sur la croissance semblent surtout baissiers. En même temps, les risques entourant l’inflation ont augmenté en raison des prix plus élevés de l’énergie. 

La banque centrale annoncera une autre mise à jour de sa politique monétaire le mercredi 29 avril 2026.

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