Attaques en Iran
Hausse du prix des carburants: les impacts locaux
Par Christopher Chartier-Jacques, Directeur régional des contenus
Certains diront que tous les prétextes sont bons pour justifier une hausse du coût de l’essence. On constate depuis le début du bombardement de l’Iran par l’aviation américaine une hausse marquée du coût de l’essence et du diesel. Mis à part l’effet amincissant pour le portefeuille des consommateurs, quels sont les effets de cette hausse rapide?
Sans entrer dans le fin détail, soulignons que le pétrole est transigé sur le marché international. Ainsi, une baisse de l’offre du brut iranien sur le marché cause directement une hausse du coût du baril. Le contexte géopolitique explique aussi le caractère très rapide de la hausse.
Localement, le litre d’essence régulière se vendait 1,35$/litre contre environ 1,65$/litre le vendredi 6 mars. Selon Nicolas Ryan de CAA-Québec, le prix affiché représente le « juste prix ». « Nous suivons les données et la hausse du prix de l’essence au litre suit la hausse du coût du baril de pétrole. Nous ne sommes pas devant une situation où les pétrolières gonflent artificiellement le prix en profitant du contexte. On voit même certaines bannières vendent sans faire de profit l’essence. Ce qui frappe, c’est la vitesse de la hausse », explique-t-il. Il invite les consommateurs qui le peuvent à magasiner le meilleur prix près de chez eux ou encore à profiter des programmes de fidélité proposés.
Des impacts bien réels
Les agriculteurs et les différents producteurs agricoles seront particulièrement touchés par la hausse du prix des carburants mais aussi de l'augmentation des coûts pour les engrais. « Ça arrive juste au moment où les producteurs commencent leur saison. Ils n'ont pas pu le prévoir dans leur budget. C'est particulièrement frappant pour les grandes cultures qui ont besoin d'énormément de carburants », explique Jérémie Mercier, vice-président de l'UPA Vaudreuil-Soulanges et lui-même producteur laitier. Il se désole en même temps que les producteurs n'auront d'autres choix que de transférer la facture aux consommateurs qui sont eux-mêmes déjà concernés.
À la grandeur du Québec, les montants sont vertigineux. Les producteurs achètent l'équivalent de 555 M$ en carburant en plus d'environ 505 M$ en engrais. « On ne doit pas négliger le transport pour le volet de la transformation des productions. Plus un producteur est loin d'un centre de transformation, plus il est affecté », rappelle Martin Caron, président de l'UPA à la grandeur du Québec. Du même souffle, il rappelle de grands oubliés: les produits de lubrification. « La machinerie nécessite de la graisse et des huiles qui sont aussi affectées par la hausse du prix du pétrole, poursuit-il. C'est un coût qui s'ajoute. »
Au chapitre des coûts qui s'additionnent, pensons notamment à tout le carburant nécessaire pour les différentes opérations dont une municipalité doit se charger. La Ville de Vaudreuil-Dorion avait planifié dépensé un plus de 370 000 $ en carburant pour l'année en cours. Une hausse de 10 % du prix d'acquisition représente une surcharge non budgétée de 30 000 $ qui devra être épongée, d'une façon ou d'une autre.
