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Moulins à vent, cabanes à moineaux, mini villages, bols

Jean-Paul Allison : travailler le bois et gagner la jeunesse éternelle

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19 juin 2024
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Ginette  Brisebois
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Par Ginette Brisebois

Il travaille le bois depuis 20 ans. Il demeure à Saint-Polycarpe. Il est mince comme un fil et a le sourire de l'éternelle jeunesse à presque 85 ans. Il est considéré comme miraculé d'une opération délicate au foie faite il y a deux ans au CHUM. Il fume la cigarette de temps en temps. Il fabrique des moulins à vent, des cabanes à oiseaux, des bols de toutes sortes, des calices, des ciboires, des mini villages; il a fabriqué son propre tour à bois pour l'adapter à sa façon de travailler. Il vit de sa passion et sa passion le fait vivre. Néomédia a rencontré Jean-Paul Allison.

Sa maison et son atelier sont situés sur la rue Sainte-Catherine à Saint-Polycarpe, face au magasin RonaNéomédia l'a retrouvé à sa résidence, en compagnie de son épouse Thérèse, avec qui il vit depuis 60 ans, et de deux de ses filles, Maryse et Josée. Il a 5 enfants, 4 filles et 1 garçon.

Il dispose d'un très grand terrain derrière sa maison, qu'on a voulu lui acheter à quelques reprises. Il n'est pas intéressé : « de mon vivant, on ne construira pas de tours à condos ou à appartements sur mon terrain », ajoute-t-il avec conviction.

Originaire de Tingwick dans le comté d'Arthabaska, il est déménagé pour travailler dans une entreprise de mécanique à Salaberry-de-Valleyfield, au début des années 1970. Puis, il a ouvert son magasin de réparation d'électroménagers sur le chemin du Fleuve à Coteau-du-Lac quelques années plus tard.

À cette époque, confie-t-il, « j'haïssais le bois ». C'est certain qu'il ne pouvait pas croire qu'un jour, ça deviendrait son quotidien. Et aujourd'hui, il crée, ponce, sèche, construit avec tous les types de bois.

« Je ne travaille pas vite, avoue-t-il », je fais une demi-heure à la fois puis je me repose. J'ai tout appris par moi-même, je ne connaissais rien au bois. » Il a lui-même créé son tour à bois, car ceux sur le marché tournaient trop vite à son goût.

Il nous fait visiter son atelier et un autre espace qui contiennent d'innombrables pièces qu'il construit à partir de différents types de bois : « on dit que le tremble ne se travaille pas bien, mais moi je l'utilise et je n'ai pas de problème avec; j'ai aussi des buches de chêne et d'érable dans mon atelier. »

Il est très généreux avec ses créations; il en donne à ses enfants, aux visiteurs. Certains de ses calices et de ses ciboires se sont retrouvés dans une église à Maniwaki. Lors de notre visite, il attendait un client qui lui avait acheté un moulin à vent et venait le chercher. 

Il aimerait transmettre sa passion : « les visiteurs sont tout le temps les bienvenus; si un jeune voulait apprendre le bois, ça me ferait plaisir de transmettre mes connaissances. Je l'ai offert à quelques-uns, qui ne sont pas venus », regrette-t-il.

Thérèse, son épouse, se dit bonne cuisinière, ce que Jean-Paul confirme avec un grand sourire. Elle aime bien lire également.

Les chirurgiens qui l'ont opéré au CHUM, suite à une erreur médicale lors d'une opération au foie, l'ont averti avant l'opération que la plupart des patients ne s'en sortaient pas vivants. De son propre aveu, il aurait répondu : « Vous êtes mieux de me sauver, sinon vous n'aurez plus le droit de perdre un seul patient après moi ; ils m'ont jugé trop malcommode pour m'envoyer au ciel », croit-il. Ils ont dû couper une partie du foie bloqué et il s'en est sorti indemne. Il est considéré comme un miraculé par le personnel soignant de l'établissement.

Sa fille Maryse ne le voit pas arrêter, car sa passion l'empêche de se laisser aller, croit-elle.

Jean-Paul Allison est sans l'ombre d'un doute une personne très vivante et colorée à rencontrer et à saluer; et si vous passez par là et que l'atelier est ouvert, vous pouvez y faire un arrêt. Soyez assurés d'une chose, vous serez chaleureusement accueillis par ce passionné de la vie.

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