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11 septembre 2021 - 13:00 | Mis à jour : 13:36

32 kilomètres de kayak

Contre vents et marées pour les enfants malades 

Benjamin Richer

Par Benjamin Richer, Journaliste

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C’est avec près d’une heure de retard en raison des forts vents qui soufflaient sur la rivière des Outaouais que les 40 kayakistes participant au Circuit bleu de la Fondation Charles-Bruneau sont arrivés sur la plage du parc Bellevue à Pincourt, sous un magnifique coucher du soleil ce vendredi. 

La première journée de la 8e édition du Circuit bleu Charles Bruneau se déroulait cette année dans la région de Vaudreuil-Soulanges.

Un total de 40 kayakistes, dont une en planche à pagaie, ont monté leurs embarcations dès 8h30 vendredi matin, pour finalement revenir, après 32 kilomètres, au parc Bellevue de Pincourt. Ils sont entre autres passés par Notre-Dame-de-L’Île-Perrot, au parc historique de la Pointe-du-Moulin et Ste-Anne-de-Bellevue. 

« On a eu le vent dans la face plus de la moitié du trajet », lance Vincent de l’entreprise d’équipement nautique Pelican, présentateur de l’événement. Ce dernier en était à sa première participation et est allé chercher pour l’occasion sa certification kayak de mer comme l’exige le circuit. « Ça nous donne les bonnes techniques pour moins se fatiguer », ajoute-t-il. 

Une journée venteuse comme celle-ci rappelait de bons souvenirs à Mylène Paquette, première personne à avoir traversé l’océan Atlantique à la rame en solitaire, marraine de l’événement, rencontrée ce vendredi sur la plage du parc.

« Je les trouve pas mal fort, parce qu’il faut qu’ils continuent. Moi, les journées où ça ne marchait pas, si le vent était trop fort contre moi, j’en avais pour une centaine de jours donc fallait quand même que je me préserve, je mettais le parachute sous-marin et je prenais soin de moi », raconte-t-elle. 

Mme Paquette est impliquée depuis l’an 1 du Circuit bleu. C’était tout naturel selon elle étant donné qu’elle travaillait à Sainte-Justine comme préposée avec les enfants atteints de leucémie. « J’avais très peur de l’eau et c’est une patiente malade qui m’avait dit que je ne savais pas c’était quoi le courage, ça m’avait fait beaucoup réfléchir. Ça m’a poussé vers mon projet parce que ça faisait longtemps que j’en rêvais », explique-t-elle. 

Mylène, qui est actuellement enceinte de son deuxième enfant, aurait bien aimé être sur l’eau ce vendredi. Elle prévoit y participer l’an prochain. 

Un objectif dépassé

La Fondation Charles-Bruneau espérait par cet événement amasser une somme de 250 000 dollars, pour financer la recherche et les ressources nécessaires au traitement des enfants atteints de cancer au Québec.

Ce n’est pas moins de 285 121 dollars qui ont maintenant été récoltés. Pour Marie-Claude Lachance, directrice des communications à la Fondation, il ne faut pas s’arrêter là et elle rappelle qu’il est encore temps de donner généreusement.

Le Circuit bleu se poursuit aujourd’hui du côté de Longueuil et dimanche dans les îles de Boucherville. Au total, 170 amateurs de sports de pagaie et 10 équipes corporatives prennent part à cette activité. Ils doivent amasser chacun 1000 dollars par jour de participation.

Karine, mère de la petite Lyanna, jeune ambassadrice de 6 ans en rémission d’une tumeur de Wilms, une forme de cancer infantile s’attaquant aux reins, n’a pas de mots pour remercier suffisamment la Fondation et tous les gens qui se sont impliqués dans cette aventure. 

« C’est grâce à ces événements que ma fille aujourd’hui, elle va bien, que ses chances sont meilleures, qu’elle a eu de meilleurs traitements. C’est important pour nous de redonner, parce que ce n’est pas tous les enfants comme ma fille qui vont bien, donc si on peut améliorer encore plus », témoigne-t-elle. 

Se rappeler le but 

Si parfois certains ont eu envie d’abandonner, l’objectif n’était jamais très loin pour redonner la fougue aux kayakistes qui luttaient éperdument contre le vent. « Quand on est dans l’effort, qu’on a mal et que c’est difficile, c’est toujours de revenir à pourquoi on fait ça, aider les enfants malades, eux aussi ont mal et souffrent », souligne Mylène Paquette.

Pour Nicolas Valence, guide en kayak faisant partie du comité organisateur, la détermination des participants était impressionnante. 

Ce dernier, dont sa fille a été atteinte d’un sarcome de la grosseur d’une balle de golf derrière l'œil, dont les chances que son développement physique et mental soit compromis, rappelle qu’il y a de belles histoires. Sa fille, aujourd’hui âgée de 20 ans, est en parfaite santé. Elle a récemment déménagé du nid familial et est entrée cet automne en médecine à l’Université McGill, ce qui a fait monter les larmes de certaines personnes ce vendredi. 

M. Valence soutient toutefois que ce n'est malheureusement pas le cas pour tous. « Au cours de la dernière année, on a des jeunes qu’on a perdus. On va leur rendre hommage dimanche. On a fait de gros progrès, mais on n’est pas encore sorti du bois d’où l’importance de votre présence aujourd’hui », dit-il en s’adressant aux participants et bénévoles lors de la cérémonie de clôture sur la plage.

Il les a d’ailleurs remerciés ainsi que les entreprises participantes, dont CEP Forensique, Pélican et Jumana Board.

L'organisation de cet événement a aussi été rendue possible grâce à la collaboration du Comité Ville en Santé de la municipalité de Pincourt, dont Denise Bergeron est la représentante municipale à titre de conseillère. « Vous êtes extraordinaire. Je suis fascinée et l’année prochaine, j’en fais un », a-t-elle promis.

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