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Des demandes d'aide en hausse

Pandémie, confinement et violence conjugale

durée 13h11
20 janvier 2021
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Jessica Brisson
Par Jessica Brisson, Éditrice adjointe

La crise actuelle apporte son lot de défis quotidiens pour l’ensemble de la population. Les femmes victimes de violence conjugale ne font pas exception.

Des données recueillies par Statistique Canada depuis le début de la pandémie permettent de dresser un portrait partiel de la situation au pays. Ainsi, entre la mi-mars et le début juillet, plusieurs services d’aide aux victimes ont déclaré une hausse du nombre de victimes de violence familiale ayant eu recours à leurs services.

Entre mars et juin, une hausse de 12 % des demandes d’intervention policière associées à des situations de conflits ou des querelles dans un domicile privé a été observée au pays.

« C’est certain que le confinement, le télétravail, les mesures sanitaires et le couvre-feu ont un très grand impact sur les femmes en situation de violence conjugale. Le fait d’être pratiquement toujours à la maison, souvent avec le conjoint et les enfants qui font l’école à distance rend difficile, pour les victimes, de demander de l’aide », explique d’entrée jeu, Véronique Girard, directrice générale du Centre d’hébergement La Passerelle.

Si l’équipe de l’organisme a remarqué une diminution considérable des demandes d’aide au printemps dernier, lors du premier confinement, l’été a fait place à un important achalandage des divers services offerts. « Nous avons effectivement connu une hausse des demandes d’hébergement et d’aide-externe durant la saison estivale. Nous avons reçu aussi beaucoup de demandes pour de support pour autre chose que de la violence conjugale comme la consommation par exemple. Puisque nous sommes une ligne ouverte 24 heures sur 24, nous recevons beaucoup d’appel pour d’autres ressources vers qui, nous redirigeons les demandeurs », ajoute la directrice générale.

De la violence plus intense

Mme Girard indique également que plusieurs femmes qui se rendent à La Passerelle font souvent état d’une violence plus forte, plus intense et plus régulière. Consommation d’alcool et de drogue plus importante, stress lié à la pandémie, au travail, perte de revenus sont quelques « raisons », parfois évoquées par les victimes pour « justifier » les actes de leur conjoint.

À ce propos, Véronique Girard est sans équivoque : « La consommation d’alcool, le stress ou autre ne sont pas des raisons qui expliquent la violence. Rien ne justifie la violence conjugale. »

Le portrait des victimes aussi a changé. Or, Mme Girard ne peut confirmer à l’heure actuelle si c’est le hasard ou la pandémie qui a amené ce changement. « Nous avons des femmes de tous les âges, toutes les nationalités, et de toutes les classes sociales. La violence conjugale ne fait de discrimination », de dire, la directrice générale.

Le côté moins sombre de la pandémie

Très tôt au début de la crise, plusieurs experts se sont penchés sur la question de la violence conjugale en temps de pandémie. Diverses campagnes de sensibilisation ont été lancées pour inciter les femmes à ne pas s’isoler et à demander de l’aide, et ce, malgré les mesures sanitaires mises en place.

Cette médiatisation de la problématique a, selon Mme Girard, conscientisé la population de sorte que l’équipe de l’organisme a connu une hausse significative des demandes d’aide venant d’une tierce personne. « Nous avons toujours des gens qui nous appellent parce qu’ils sont inquiets pour une proche, une amie, une collègue de travail ou une voisine. Ces personnes cherchent souvent à savoir comment elles peuvent aider et intervenir. Certaines appellent aussi pour dénoncer une situation. Par contre, je dirais que dans la dernière année, avec la pandémie le nombre d’appels venant d’une tierce personne a augmenté de près de 50%. Je dirais que le fait que la problématique ait été mise de l’avant de façon importante dans les derniers mois, les gens sont plus sensibles ou conscients de la situation. C’est peut-être le côté moins sombre de la pandémie. »

Aller chercher de l’aide

« Il est important que les femmes sachent que si elles sont victimes de violence conjugale et qu’elles ont besoin d’aide, La Passerelle est toujours ouverte. Pandémie et confinement, ou non. Elles ne doivent pas se gêner pour nous contacter, et ce, même durant la pandémie », indique Mme Girard.

Il existe diverses façons de communiquer avec un membre de l’équipe de La Passerelle:

« En raison du confinement et du couvre-feu, il peut être plus difficile pour les femmes de nous contacter, mais il est important qu’elles sachent qu’elles peuvent demander à un proche d’appeler pour elle. Elles peuvent aussi se rendre dans une pharmacie, une épicerie ou un autre commerce et dire qu’elles ont besoin d’aide et nous appeler », conclut Véronique Girard.

Pour obtenir de l’aide:

  • Ligne d'urgence 24/7 de La Passerelle:  450-424-6010;
  • SOS Violence conjugale (24/7): 1 800 363-9010
  • Police: 911

 

 

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