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3 août 2021 - 15:00 | Mis à jour : 15:21

Un défi d’organisation

Les dessous de la vaccination contre la COVID-19 en pharmacie

Benjamin Richer

Par Benjamin Richer, Journaliste

La vaccination contre la COVID-19 en pharmacie n’aura pas été de tout repos. Délais dans les commandes, gestion des rendez-vous, limitation du gaspillage de doses, plusieurs défis se sont posés pour les pharmaciens. Cet effort de vaccination semble toutefois tirer à sa fin, alors qu’on apprenait plus tôt cette semaine que des milliers de doses du vaccin de Moderna allaient être jetées ou venaient à expiration en Ontario.

Si une telle situation est observée actuellement du côté de la province voisine, deux pharmaciens de la région de Vaudreuil-Soulanges affirment ne pas être rendus à ce point, encore qu’ils avouent avoir connu des difficultés au cours des dernières semaines. 

« On va finir la vaccination dans trois jours parce qu’il y a une grosse diminution de la demande, on n’arrive plus maintenant à remplir nos journées », exprime Mathieu Leroux, pharmacien propriétaire du Uniprix à Pincourt. Ça n'en vaut pas la peine. On fait rentrer du personnel pour ça, alors on va simplement arrêter. Je ne suis pas la seule pharmacie, on est plusieurs qui pensent à arrêter ».

Des doses qui exprient

M. Leroux indique être en mesure d’écouler toutes ses doses étant donné qu’elles expirent en décembre, mais il explique que c’est parfois une réalité vécue ailleurs au Québec alors que certaines viendront à échéance dans les prochains jours. 

C'est d'ailleurs ce qui se passe actuellement de l'autre côté de la frontière, notamment dans le grand Toronto, où des centaines de doses sont déjà mises aux poubelles ou le seront prochainement si personne ne les réclame. 

« Il faut être bien organisé pour être certain qu’on a nos journées de vaccination réservées afin d’éviter le gaspillage », précise Martine Bédard, pharmacienne propriétaire chez Jean Coutu, sur le boulevard Harwood à Vaudreuil-Dorion.

Mme Bédard prévoit quant à elle poursuivre la vaccination jusqu’à la fin septembre, puisqu’elle a pris beaucoup de rendez-vous pour des premières doses au cours du mois de juillet et que ces personnes doivent nécessairement en recevoir une deuxième.

Elle pense ainsi terminer à ce moment, à moins qu’on annonce qu’une troisième soit recommandée.

Des rendez-vous manqués

« On a beaucoup de gens qui prennent un rendez-vous et qui ne se pointent pas », déplore M. Leroux. Il en voit en moyenne trois ou quatre par journée de vaccination.

Cela pourrait s’expliquer par des personnes qui vont ailleurs pour leur deuxième dose sans aviser la pharmacie. « Elles reçoivent pourtant des alertes pour leur rappeler », souligne M. Leroux.

« Le vaccin a quand même une courte durée de vie, alors je ne peux pas le garder pour d’autres gens plus tard », ajoute le pharmacien. Ces doses sont alors jetées.

Pour sa part, Mme Bédard tente tant bien que mal d’éviter de telles situations. « Par chance, on est quand même une grosse pharmacie avec beaucoup de clientèle, donc nous avons réussi à ne pas gaspiller plusieurs doses », affirme-t-elle.

Mme Bédard explique qu’elle a en tout temps une personne en poste, puisqu’ils sont quatre pharmaciens vaccinateurs à sa pharmacie. Ce n’est en revanche pas toujours le cas dans d’autres établissements qui font souvent appel aux services d’une infirmière.

Puisque les doses peuvent maintenant être administrées dans un délai de 24 heures, contrairement à aux six heures qui étaient auparavant prescrites, Mme Bédard s’empresse de trouver preneur lorsqu’une personne ne présente pas. Elle propose donc des disponibilités sans rendez-vous aux personnes qui appellent par exemple pour des renseignements, ou elle va ajouter le plus rapidement possible des places sur Clic Santé pour le lendemain matin. Il arrive malgré tout que des doses soient jetées.

Gérer les commandes

Certaines pharmacies observent à l’heure actuelle quelques délais dans la livraison des vaccins de Moderna, les forçant à trouver d’autres alternatives afin d’éviter de reporter des rendez-vous. C’est entre autres le cas de l’établissement de Martine Bédard à Vaudreuil-Dorion.

Celle-ci a dû faire appel aux autres pharmaciens propriétaires du Québec, à travers une publication Facebook sur le groupe de l’association, à savoir s’il y en aurait qui ont des doses en trop.

Certains se sont manifestés. « Je vais aller chercher au Familiprix à Vaudreuil cinq fioles qui expiraient ce samedi, donc c’est parfait puisque je fais ma vaccination jeudi et vendredi, donc il n’y aura aucun gaspillage », se réjouit la pharmacienne. Elle prévoit d’ailleurs aller en chercher d’autres sur l’île de Montréal, et ce en les manipulant avec grande précaution.

Chaque boîte contient de 100 à 140 doses, et elles doivent être administrées dans les 30 jours suivant la réception. La gestion des commandes, avec la participation se faisant moindre ces dernières semaines, ajoute ainsi son lot de défis.

« Régulièrement, j’analyse les doses, je peux ajouter tant de rendez-vous, telle journée je peux commander ma boîte pour réussir à l’écouler en 30 jours, donc c’est énormément d’organisations », témoigne Mme Bédard.

Elle précise toutefois que « la plupart des pharmaciens ont été consciencieux dans leurs commandes ». 

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