Sur les dépassements de coûts des contrats informatiques fédéraux
Les libéraux bloquent une enquête publique, dénonce le Bloc Québécois
Les libéraux se sont objectés, la semaine dernière, à une enquête publique et indépendante sur les dépassements de coûts des contrats informatiques fédéraux, incluant Cúram, Phénix et ArriveCAN, en bloquant une motion réclamant la tenue d’une enquête.
La députée de Beauharnois-Salaberry-Soulanges-Huntingdon, Claude DeBellefeuille, déplore le rejet de cette motion et promet de porter la voix des Québécois sur cet enjeu en exigeant des comptes du gouvernement.
« Je me désole que les députés libéraux aient bloqué notre demande d’enquête publique et indépendante. Je pense qu’avant toute partisanerie, le travail des élus est de servir les intérêts des citoyens, et les députés libéraux ont fait tout le contraire en rejetant notre motion. 85 000 retraités ont vécu des problèmes avec leur pension de vieillesse à cause de Cúram et ce logiciel gruge déjà cinq milliards dans les fonds publics en dépassement de coûts. Cela doit nous interpeller; c’est un puissant signal qu’il se passe quelque chose de grave et qu’on doit s’en occuper. Nous continuerons de porter la voix de ceux qui éprouvent des problèmes avec le versement de leur pension et à demander des comptes», avise la députée de Beauharnois-Salaberry-Soulanges-Huntingdon.
Le vote sur la motion s’est soldé par une rare égalité à la Chambre des communes, opposant 164 voix de l’opposition unanime à 164 voix de députés libéraux rejetant une enquête. Le Président de la Chambre a brisé cette égalité en votant du côté des libéraux.
« Il est grand temps que le gouvernement admette qu’en matière de logiciels, il éprouve des problèmes récurrents et qu’il doit prendre les moyens d’y remédier. Phénix était évalué à 309 millions de dollars et a coûté 5,5 milliards; ArriveCAN était évalué à 80 000$ et a coûté 60 millions. Cúram était évalué à 1,75 milliard de dollars, et coûterait 6,6 milliards selon les estimations actuelles. Et tout ça, c’est sans compter les coûts humains. Il faut que ça cesse : c’est pourquoi nous réclamions cette enquête publique et indépendante et que nous déplorons le rejet des libéraux qui préfèrent mettre le couvercle sur cette affaire plutôt que d’exercer une quelconque transparence et imputabilité. Nous demeurerons motivés à faire la lumière dans cette affaire », conclut Claude DeBellefeuille.

