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13 septembre 2021 - 14:45 | Mis à jour : 14:47

La responsabilité revient à la MRC

« On veut que les gens s’approprient le canal de Soulanges »

Benjamin Richer

Par Benjamin Richer, Journaliste

C’est avec beaucoup d'enthousiasme que le préfet de la MRC de Vaudreuil-Soulanges, Patrick Bousez, a annoncé ce lundi en conférence de presse au parc des Ancres de Pointe-des-Cascades qu’une entente avait été signée avec le ministère des Transports du Québec afin que la gestion du canal de Soulanges revienne à la MRC de Vaudreuil-Soulanges à travers la société du Parc du canal de Soulanges

« Ce qu’on souhaite, notre but premier, c’est que les citoyens s’approprient le canal, de leur en redonner l’accès, que ça puisse devenir une marque de commerce pour la région », indique M. Bousez, accompagné pour l’occasion par la députée de Soulanges, Maryline Picard. 

Cette entente permettra à la MRC de devenir gestionnaire des activités à la surface du canal, alors que le MTQ reste propriétaire de sa structure. 

Le Parc du canal de Soulanges s’occupera ainsi de mettre en application un budget, à même celui de la MRC, qui n’a pas été dévoilé aujourd’hui, pour la mise en œuvre d’aménagements et d’activités sur les lieux avec différents partenaires locaux. 

Elle pourra aussi aller chercher d’autres sources de financement comme des subventions de différents paliers de gouvernement. Sur ce point, le préfet a profité de la campagne fédérale actuelle pour interpeller Ottawa, ainsi que les autres gouvernements, afin qu’ils procèdent à des investissements majeurs dans les années à venir.

Un travail de concertation

M. Bousez a souligné l’immense travail de collaboration entre non seulement les 4 municipalités traversées par le canal de Soulanges, soit Pointe-des-Cascades, Les Cèdres, Coteau-du-Lac et Les Coteaux, mais aussi parmi les 19 autres municipalités de la région. 

« C’est vraiment magnifique de voir que les villes se sont entendues entre elles sur le mode de gestion, on veut vraiment que ce soit un parc régional et non celui d’une seule ville, que ce soit équitable pour tout le monde », témoigne-t-il. 

L’élaboration de cette vision commune a également été rendue possible grâce à différents acteurs du milieu, dont des groupes citoyens comme Les Amis du canal de Soulanges et Luc Noppen, directeur de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain, ayant consacré une étude historique sur la centrale hydroélectrique le Petit Pouvoir. M. Bousez assure qu’il continuera à partager son expertise pour le canal. 

Il remercie aussi la collaboration du ministère des Transports avec qui les négociations se sont somme toute bien déroulées. 

Une vision commune

Cette conférence de presse était également l’occasion de dévoiler le lauréat du concours de projet pour l’aménagement culturel et paysager du site. C’est le Collectif Escargot, un regroupement d'artistes et d’architectes dont l'objectif est de mettre en valeur les lieux, qui a élaboré cette vision, laissant place à la nature tout en valorisant les espaces. 

« C’est la prémisse pour l’aménagement dans les années à venir. C’est magnifique et on va s’en inspirer énormément », soutient M. Bousez qui vise une approche responsable. 

Outre les activités sur le canal, s’étant multiplié cette année, l’aménagement du canal pourrait passer par la réfection des passerelles, des écluses et des points d’accès à l’eau pour les amateurs de sports à pagaie. « On veut l’animer tout le long du canal, des deux embouchures », assure-t-il. 

Bien que la saison forte soit l’été, l’objectif est d’occuper les lieux à l’année. Des activités hivernales pourraient y prendre place. « Il y a un lot de possibilités et ce qu’on est en train de mettre en branle », ajoute M. Bousez. 

Valoriser un site patrimonial

Le canal de Soulanges, érigé en 1899 par l’ingénieur Thomas Monro, aura été en activité pour des fins commerciales pendant 60 ans jusqu’à la fermeture de la voie maritime. Il aura contribué au développement économique de la région de Vaudreuil-Soulanges, mais surtout du pays en entier. 

L’endroit était aussi synonyme d’innovation technologique, notamment grâce à son électrification sur sa quasi-totalité, soit 23,5 kilomètres avec l’énergie hydroélectrique provenant de la centrale du Petit Pouvoir à Les Cèdres. 

Cela a permis de l'éclairer, mais également d’actionner les structures telles que les écluses, les ponts tournants et les déversoirs. 

Le canal de Soulanges est toutefois abandonné depuis ce temps. Le Petit Pouvoir, dont Néomédia a récemment consacré un article, est pour sa part délaissé depuis 1995. « Le ministère des Transports a quand même une part de responsabilité. Le bâtiment leur appartient. On les laisse faire leur travail, on attend qu’ils aient complété les travaux avant d’investir », indique Patrick Bousez. 

Ce dernier avait cependant la ferme envie d’annoncer la signature de cette entente. « On souhaitait faire cette annonce le plus rapidement possible et officialiser la chose. Ça fait 60 ans qu’il ne se passe rien. C’est un moment historique qu’on vit », conclut-il. 

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