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12 mai 2020 - 20:34

Par Danie Deschênes, mairesse de Notre-Dame-de-l'Île-Perrot et entrepreneure

Lettre ouverte: Quand le politique s’en mêle

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Comme mairesse et citoyenne, je ne sens pas dans la vie de tous les jours que nous faisons partie de la CMM, sauf quand vient le temps de payer la quote-part. Ce montant payé par les villes mitoyennes à la grande ville de Montréal sert à soutenir entre autres, les frais liés au maintien des infrastructures.

Normal, nous sommes des milliers à utiliser leurs routes ne serait-ce que pour nous rendre au travail. Plusieurs citoyens ont appris récemment que leur ville fait partie de la CMM, puisque leur enfant n’est pas retourné à l’école et les commerces ayant une porte donnant sur l’extérieur n’ont pas ouvert en même temps que le reste du Québec.

En temps de pandémie, plusieurs de mes collègues soulèvent une injustice économique à l’égard de leur ville. Ils considèrent que les entreprises subissent un préjudice parce que nous sommes collés sur la ville ayant le plus de cas de Covid au Canada. Ils ont sûrement raison. Mais il y a toujours deux côtés à une médaille.

Pour cette raison, je prends la plume parce qu’il y a aussi des élus qui ne sont pas de cet avis, j’en fais partie et je parle en mon nom. Il est vrai que la situation de plusieurs entreprises est critique. Je le sais, je le vis, puisque je suis aussi entrepreneure, mon entreprise accusera une perte de plusieurs millions de dollars en fin de cycle. Je suis donc aux premières loges du déséquilibre, des pertes d’emplois, des pertes de revenus, de l’endettement, de la possible fermeture de l’entreprise que j’ai bâtie.

Il y a une raison pour laquelle ce ne sont pas les élus qui prennent les décisions quant au déconfinement. Les fonctionnaires de la Santé publique doivent prendre les décisions en priorisant la santé de la population, et malheureusement-ou heureusement, sans prioriser la santé économique des régions. Le gouvernement prend selon moi les bonnes décisions, il suffit maintenant d’y ajouter une touche d’équité dans les actions.

Je pose toutefois la question suivante : comment pouvons-nous faire partie de la CMM pour partager les coûts et ne pas en faire partie quand vient le temps de soutenir les entreprises? Pourquoi ne recevons-nous pas les subventions offertes à la ville de Montréal pour soutenir son économie? Pourtant, nous vivons les mêmes conséquences. Mais il y a deux poids deux mesures dans les orientations gouvernementales. Nous sommes membres de la CMM quand ça va bien et une ville périphérique quand ça va mal. Mais nous faire payons toujours notre quote-part.

En tant qu’élue, je persiste à croire que la Santé publique priorise la santé de la population. Si la décision d’ouvrir l’économie des villes de la CMM était prise de déconfiner, je constaterais que le politique a gagné, que la Santé publique s’est politisée. Ce qui serait malsain. Je me demande pourquoi la protection de la population semblait être au cœur des décisions gouvernementales au moment de mettre le Québec sur pause et pourquoi cette même réflexion ne semble plus s’appliquer dans le contexte du déconfinement?

Loin de moi l’intention d’ostraciser les citoyens de la ville de Montréal, mais c’est un fait qu’ils sont sur le territoire le plus touché au pays. Pour protéger les populations environnantes et favoriser la vie économique des couronnes, ce serait responsable de limiter l’accès des citoyens de Montréal à notre région. Bien sûr, il faut leur permettre d’aller travailler, mais pas de se rendre dans nos commerces pour acheter une laveuse ou un gazebo! Si c’était possible de fermer des régions en période de pause, il serait tout aussi possible de faire de même pour protéger les villes environnantes à Montréal. Pour moi, l’enjeu n’est pas tant de faire partie ou pas de la CMM, mais de traiter les gens et les entreprises de façon équitable. Et c’est sans parler des milliers de personnes qui viennent prendre l’air dans nos grands espaces verts et qui créent des bouchons sur nos pistes cyclables; au diable la distanciation sociale!

Je ne me ferai sûrement pas d’amis dans le monde municipal en affichant cette opinion. J’assume toutefois que ma première fonction est de prioriser la santé de ma communauté. Je m’en remets aux décisions de la Santé publique, qui a à cœur le même objectif, enfin, je l’espère sincèrement.

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