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30 novembre 2021 - 13:20 | Mis à jour : 13:46

Ste-Justine-de-Newton

Entrevue avec deux intervenants impliqués dans le sauvetage équestre complexe d’hier

Marie-Claude Pilon

Par Marie-Claude Pilon, Journaliste

Au lendemain de l’opération de sauvetage équestre à laquelle leurs brigades  ont pris part hier après-midi à Sainte-Justine-de-Newton, le directeur du Service de sécurité incendie de la Ville de Pincourt, Yanick Bernier et le directeur adjoint des services incendies de Sainte-Justine-de-Newton et de Sainte-Marthe, Richard MacDonald sont catégoriques. Ce fut le sauvetage le plus exigeant auquel ils ont participé, mais aussi le plus gratifiant sur le plan humain.

D’entrée de jeu, M. MacDonald précise que l’appel initial ne laissait pas entrevoir la complexité de l’opération à venir pour les sapeurs. « On savait que trois chevaux étaient pris dans la glace sur le 4e rang. Personnellement, je croyais qu’ils prenaient place sur une plaque de glace et qu’ils avaient de la difficulté à en sortir parce qu’ils glissaient. Mais une fois sur place, il a fallu rapidement trouver le bon chemin d’accès dans les champs pour nos véhicules d’urgence et nous permettre de mener à bien cette intervention. C’est là que nous avons réalisé l’ampleur de ce qui nous attendait », relate-t-il moins de 24 heures après cette opération hors du commun.

« Nous avons eu une demande d’assistance pour cet événement vers 16h30 hier après-midi. Nous ne sommes pas une équipe spécialisée en sauvetage équestre, mais en sauvetage nautique, ce qui signifie que l’on possède des habits pour plonger dans l’eau froide, l’eau et la boue. Nous sommes aussi équipés pour réaliser des sauvetages lourds avec des équipements spécialisés. Nous avons donc fait un mélange de ces différents appareils et équipements pour mener à bien l’opération d’hier », résume M. Bernier, tout en soulignant le côté très physique de l’intervention qui a nécessité la collaboration de plusieurs personnes, dont des sapeurs, mais aussi un vétérinaire et des bénévoles.

Initiative et débrouillardise de mise

À certains moments, les secouristes ont dû faire preuve de débrouillardise et d’initiative. « On a fabriqué un harnais avec des courroies de remorquage d’une vingtaine de centimètres de large pour lever et déplacer les animaux blessés. Ç’a été complexe. Le premier assez accessible, mais couché partiellement sur le côté. Pour atteindre les autres, c’était plus compliqué. Ils étaient dans un marécage avec des branchailles qui dépassaient de partout et dans lesquelles c’était ardu de marcher. L’eau était gelée et si on la défonçait, on tombait dans un étang où nous avions de l’eau à la taille. C’était la même chose pour les chevaux. Ils bougeaient, la glace se rompait », image M. Bernier.

Apprivoiser les « victimes » dans une opération comme celle-là

Quel a été le défi le plus difficile pour la brigade de Pincourt ? « Ç’a été d’apprivoiser les chevaux pour qu’ils restent immobiles et se laissent aider. Souvent notre premier réflexe est d’avoir peur de ces bêtes, mais un vétérinaire nous accompagnait en nous guidant sur la bonne approche à adopter. Par exemple, il fallait les flatter avant pour réussir à passer la courroie sous eux afin de les lever. Merci d’ailleurs au bénévole Yan Clairoux qui a fourni une pelle mécanique pour l’opération. »

Le dernier animal, qui a malheureusement dû être euthanasié, a été le plus ardu à extirper de sa fâcheuse position. « Il a fallu le déposer et le repositionner cinq ou six fois parce que la pelle mécanique était enlisée. On le replaçait en maintenant sa tête hors de l’eau et on recommençait. Malheureusement, il s’était cassé une patte et avait d’autres problématiques qui ont contraint les propriétaires à choisir cette option. Malgré tout, je suis très fier du travail d’équipe accompli sur place par tous les intervenants », mentionne M. Bernier.

Assurer la sécurité des intervenants

De son côté, M. MacDonald précise que les 60 premières minutes de l’intervention ont été particulières. « Il fallait assurer la sécurité des intervenants, mais aussi des bêtes. Celles-ci étaient dans un environnement inconnu pour elles et on ne savait pas comment elles allaient réagir. Il fallait prévoir leurs réactions, mais aussi les nôtres pour ne pas se blesser ou s’épuiser. Avant que Pincourt arrive, nous avions réussi à déplacer les animaux sur près de 30 % du chemin à faire. Par la suite, nous avons fait appel à la Ville de Pincourt, spécialisée en sauvetage nautique et de véhicules lourds et à leurs équipements spécialisés. 

Pour illustrer le dévouement sans borne des intervenants de la scène, on peut lancer cet exemple. Pour accéder au troisième cheval, les autorités ont dû défricher eux-mêmes un chemin de fortune afin d’accéder au marécage glacé par l’arrière et gagner du temps, mais surtout, être plus en sécurité. « Le chemin faisait environ 500 mètres et a pris environ deux heures à tracer. Ils ont malgré tout pris le temps de le faire », raconte M. Bernier.

Pour sa part, M. MacDonald retient la grande collaboration de tous sur la scène d’intervention. « Tout le monde a accompli sa tâche au bon moment. Autant les recrues que les pompiers expérimentés ont mis l’épaule à la roue et partagé des idées au bon moment. Le support de tous les intervenants de la scène a été incroyable, que ce soit de la Sûreté du Québec, les pompiers de Sainte-Justine-de-Newton, Sainte-Marthe et Pincourt, l’UCMU qui s’assurait de garder le moral des troupes au plus haut, le vétérinaire et même le propriétaire de Transport Laclai qui nous a donné un coup de main. La situation était inconnue pour tous les intervenants sur la scène, mais chacun y a mis du sien pour couronner l’opération avec succès. »

Tout au long de l’intervention, M. MacDonald supervisait les opérations dans ce contexte unique. « Certains sont habitués de faire des sauvetages en forêt, sur l’eau ou des scènes impliquant des véhicules lourds ou des animaux. Mais combien de fois devons-nous faire un sauvetage d’animaux, dans une zone forestière et marécageuse avec des véhicules lourds dans une température froide, de jour et de soir, à la clarté et à la  noirceur? C’est très très rare. Mais nous y sommes arrivés à force d’engagement, de dévouement et d’implication de tout le monde. »

Une fois sauvés les chevaux étaient recouverts d’une couverture chaude et placés sur du foin. Moins de trente minutes après leur sauvetage, ils étaient de retour sur pattes et avaient regagné une certaine vivacité.

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