Une victime est laissée à elle-même
« Le feu m'a affaibli. Le système est en train de m'achever »
Souffrant d’un choc post-traumatique sévère à la suite d’un incendie criminel dont il été la victime, Alexandre St-Maurice Proulx lance un cri du cœur. Il se sent complètement abandonné par le système et n’a plus aucun revenu depuis plusieurs mois.
Dans la nuit du 20 au 21 septembre, la vie de M. St-Maurice Proulx a basculé. La roulotte dans laquelle il vivait de manière permanente au moment des faits prenait place au Camping Plein Bois, à Sainte-Marthe.
« Je suis le survivant dont on n'a pas encore raconté l'histoire. Cette nuit-là, un peu après trois heures du matin, mon ancien meilleur ami a mis le feu à ma roulotte de 19 pieds. C’est là où je résidais de manière permanente à l’époque après une séparation. J’étais entre deux appartements et donc entre deux assurances. J’ai tout perdu à ce moment-là en raison de l’ampleur des dégâts matériels. Six mois plus tard, les dommages humains, eux, continuent de faire des ravages dans l'ombre », lance l’homme qui demeure maintenant en Ontario.
Le feu a été allumé à moins de deux pieds de l’endroit où il aurait normalement dormi. Toutefois, le hasard a voulu que cette nuit-là, il venait de quitter sa roulotte après avoir fait du lavage pour aller rejoindre un ami à Montréal. « D’ailleurs, au début j’ai pensé être responsable du feu, car j’étais en train de faire sécher mon linge avec un chauffage d’appoint. Rapidement, je me suis rendu compte que quelqu’un avait mis le feu, car j’avais installé des caméras à l’extérieur de ma roulotte. »
Laissé à lui-même
Fonctionnaire fédéral depuis 18 ans, son médecin de famille a fermé sa pratique en novembre 2025. Depuis, le filet de sécurité autour de lui s'est complètement effondré, déplore-t-il.
En plus d’avoir tout perdu dans l’incendie de sa roulotte, son assurance invalidité contractée avec la Sunlife a été coupée en octobre 2025, à peine un mois après le feu.
« Au moment de l’incendie, j’étais en invalidité prolongée en raison d’un problème de santé non lié au feu. Après le brasier, on m’a diagnostiqué un choc post-traumatique sévère même si je n’étais pas sur place au moment des faits. Je suis médicamenté et dans l’impossibilité de retourner au travail pour le moment pour cette raison. »
Sa demande de remplacement de salaire adressée à l’Indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC) a été refusée.
Il s’est alors tourné vers le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC), organisme qui n’a pas été en mesure de lui offrir du soutien concret en raison du nombre élevé de demandes qu’il reçoit au quotidien.
L’aide juridique a aussi refusée de le soutenir dans ses recours civils
Pour rajouter à la situation, son employeur vient de lui donner un ultimatum fixé au 31 mars prochain. « Je dois choisir entre retourner au travail, la retraite médicale ou la démission. Pourtant, je suis médicalement incapable de retourner au travail, preuves médicales en main. Le feu m'a affaibli. Le système est en train de m'achever. Je suis censé faire quoi? Je suis sans salaire depuis la fin octobre 2025 », déplore l’employé fédéral qui a aussi été sans salaire pendant quatre mois à cause du système Phenix, dont les ratées ont été largement exposées dans les médias.
Malgré sa situation, M. St-Maurice Proulx veut remercier les pompiers qui sont intervenus sur la scène d’incendie ce soir-là à Sainte-Marthe. « Sept corps de pompiers se sont mobilisés pour combattre les flammes — les brigades de Sainte-Justine-de-Newton, Saint-Clet, Rigaud, Saint-Lazare, Saint-Polycarpe, Coteau-du-Lac/Les Coteaux, et Pincourt/Notre-Dame-de-l'Île-Perrot, qui a fourni une unité mobile de ravitaillement d'air. L'UCMU était également sur place. En revenant du poste de police de Saint-Clet au petit matin, je me suis arrêté à la caserne de Sainte-Marthe pour remercier les pompiers présents. Mais je n'ai jamais eu la chance de remercier publiquement tous les autres qui ont risqué leur vie cette nuit-là », conclut-il.
Pour tenter d’amasser un peu d’argent pour subvenir à ses besoins de base, Alexandre a démarré un GoFundMe qu’on peut consulter via ce lien.

