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Le ministère public évoque un risque pour la société

La mère accusée d’avoir abandonné sa fillette demeurera détenue à Pinel

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16 septembre 2025
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Marie-Claude Pilon
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Par Marie-Claude Pilon, Journaliste
En collaboration avec Jessica Brisson

La mère de famille accusée d’avoir abandonné sa fille de trois ans en bordure de l’autoroute 417, en Ontario, en juin dernier, demeurera détenue à l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel. C’est ce qu’a tranché le juge Bertrand St-Arnaud, mardi, au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield.

Des conditions strictes imposées

L’accusée devra se soumettre à plusieurs conditions. Elle ne pourra avoir de contact avec la victime, sauf avec l’accord de l’équipe traitante de la DPJ, ni avec son ex-conjoint, à moins que ce dernier y consente.

Elle ne pourra pas se rendre au domicile ou au lieu de garde de sa fille, ni consommer de drogue ou de cannabis, sauf sur ordonnance médicale. L’accès aux réseaux sociaux et à Internet lui sera interdit, sauf sous supervision.

L’accusée pourra toutefois bénéficier de sorties, avec ou sans accompagnement, selon les recommandations des intervenants.

Rappelons que lundi, la mère de 34 ans avait été reconnue non criminellement responsable d’abandon d’enfant et de négligence criminelle causant des lésions.

Le ministère public évoque un risque pour la société

Pour la procureure Me Prévost-Gravel, l’accusée représente toujours un risque important pour la société. Elle a insisté pour que la détention à Pinel demeure en vigueur.

« La sécurité du public doit être un facteur prépondérant dans votre décision, tout comme son état mental, sa réinsertion sociale et ses autres besoins », a-t-elle indiqué au juge.

Parmi les éléments retenus par la Couronne :

- un ajustement de médication à venir, qui pourrait provoquer un nouvel épisode psychotique ;

- le manque d’éducation de l’accusée sur sa maladie, ce qui l’empêche de reconnaître ses symptômes ou déclencheurs ;

- les stresseurs auxquels elle sera confrontée lors de sa réhabilitation, notamment ses contacts avec sa fille et son ex-conjoint, l’utilisation éventuelle des réseaux sociaux et la recherche d’un emploi.

« Elle est sur la bonne voie, mais on ne connaît pas l’avenir », a souligné la procureure.

La consommation importante de cannabis par l’accusée avant les faits, utilisée comme automédication, a également été citée comme facteur de risque.

La défense dénonce des inquiétudes hypothétiques

De son côté, Me Justin Chenel, en défense, estime que plusieurs modalités réclamées par la Couronne reposent sur des « inquiétudes hypothétiques non fondées ».

Il a déploré que la psychiatre au dossier n’ait pas utilisé d’outils cliniques pour évaluer la dangerosité de sa cliente, ce qui aurait, selon lui, permis de déterminer avec plus de justesse les conditions à imposer.

L’avocat a qualifié l’évolution de sa cliente à Pinel d’« exceptionnelle » : elle reconnaît la gravité de ses gestes, a exprimé des remords, a cessé toute consommation et s’engage à poursuivre sa médication. « Rien dans la preuve déposée ne vient appuyer la thèse contraire », a-t-il plaidé.

La défense a proposé deux plans de sorties possibles, rappelant que des proches étaient prêts à accueillir l’accusée dans leur milieu de vie.

Un profil à considérer

Me Chenel a également souligné que sa cliente n’a pas d’antécédents psychiatriques ni de violence, qu’elle ne présente pas de problème de dépendance et qu’elle possède une bonne autocritique.

Depuis son arrivée à Pinel, elle n’a fait preuve d’aucun comportement violent envers le personnel ou les autres patients.

Selon lui, le dossier repose surtout sur des inquiétudes exprimées par la Dre Boulanger, psychiatre traitante, notamment la possibilité que l’accusée cesse son traitement ou reprenne sa consommation de cannabis. « Rien ne prouve que cela arriverait. Ce sont des hypothèses », a insisté l’avocat.

Il a ajouté que l’accusée est consciente de l’ampleur médiatique de l’affaire. « Elle sait que ses gestes ont beaucoup fait jaser. Elle a vu qu’une vingtaine de journalistes étaient présents lors de ses comparutions. Elle comprend », a-t-il conclu.

Une réévaluation dans 90 jours

D’ici 90 jours, l’accusée devra de nouveau se présenter devant la Commission des troubles mentaux, où une nouvelle évaluation psychiatrique sera déposée. Selon les constats qui en découleront, les modalités de détention pourraient être revues.

Le juge Bertrand St-Arnaud s’est toutefois dit confiant que la femme pourrait, à terme, retrouver une vie personnelle et professionnelle normale.

Puisqu’elle demeurera détenue, l’accusée sera prochainement transférée dans une nouvelle unité, où une équipe de professionnels l’accompagnera afin qu’elle comprenne la nature de sa maladie, ses effets, ses signes déclencheurs et les moyens à prendre pour s’en sortir.

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