Service incendies de Saint-Clet
Le pompier Sylvain Poirier accroche son chapeau… après 40 ans de loyaux services
Apprécié de ses patrons, aimé de ses collègues et adulé de ses enfants, le pompier du Service incendies de Saint-Clet, Sylvain Poirier accroche son chapeau après 40 ans de carrière. « Il est temps de passer le flambeau aux plus jeunes ».
C’est à l’âge de 17 ans qu’il fait ses premiers petits pas dans cette caserne de pompiers. Cadet d'une famille de 4 enfants, dont le grand frère est déjà pompier, Sylvain Poirier monte rapidement non seulement les échelles, mais aussi les étapes pour vite devenir un leader du groupe.
« On a appris le métier sur le tas. Il n’y avait pas de formation ni de cours pratiques donnés par des professeurs à cette époque », lance-t-il avec sa bonne humeur légendaire.
Signe d’un temps passé, les pompiers de plusieurs villes de la province devaient parfois se procurer leurs propres équipements pour aller combattre les feux.
« Les premières radios du service des incendies, de vieux CB, nous les avions payées de nos poches, c'était l'époque! Nous n'avions que deux « Scott », dont on se servait que très rarement, dans le fond d'une boite, ce qui serait impensable aujourd'hui », se souvient-il.
Non seulement Sylvain Poirier est resté fidèle à sa profession, mais il a aussi été loyal envers le même service incendies pendant plus de quatre décennies. « Je suis né ici. J’ai resté ici. J’ai élevé ma famille ici. J’ai travaillé ici, j’y travaille encore et je vais sans doute mourir ici », ajoute-t-il, sourire taquin.
Même pour un bon vivant comme cet homme de 57 ans, être pompier dans sa ville natale demande une force de caractère, encore plus grande en raison de la proximité avec les victimes.
« Je suis arrivé souvent sur un accident ou sur un feu et c’était un copain qui souffrait parce qu’il était blessé ou qu’il venait de tout perdre, sa ferme étant partie en fumée. C’est le côté humain qui prend toute la place », dit-il avec émotion en ayant ces images en mémoire.
Des coéquipiers en or
Une fois les grandes portes de la caserne refermées derrière lui, Sylvain Poirier gardera de magnifiques souvenirs. « L'esprit d'équipe entre les membres du service des incendies me manquera très certainement. Le travail de pompier est un travail d’équipe. Il faut faire confiance à celui qui tient l’échelle jusqu’à celui qui tient le boyau. Le rôle de chacun est important. Nous sommes souvent en situation dangereuse, l’erreur de l’un peut-être fatale pour l’autre », affirme celui qui n’a jamais voulu gravir les échelons préférant être un « simple pompier sur le plancher des vaches ».
Cette camaraderie d’une équipe soudée et alimentée par les petits joueurs de tours de la gang laissera aussi un grand vide à ce père de famille de deux grandes filles, l’une au cégep et l’autre à l’université.
Pour le directeur du Service incendies de Saint-Clet, Michel Bélanger, cette fraternité est partagée. «C'est avec tristesse que ses collègues le regardent quitter la profession, mais on se considère chanceux d'avoir pu évoluer à ses côtés », a-t-il souligné.
« De notre part, merci Sylvain pour ses quarante ans à servir, avec ardeur, bravoure et honneur, notre communauté », a écrit sur sa page Facebook le conseil municipal de Saint-Clet.
Au retour de son opération, qui a précipité sa retraite, Sylvain Poirier, consacrera ses journées, après sa convalescence, à son commerce de pièces d’autos NAPA, sis au cœur de la municipalité.
Toutefois, comme le dit le vieil adage, on peut sortir l’homme du pompier, mais pas le pompier de l’homme, il ira faire sa petite visite de temps à autre, question de garder contact avec ses « vrais » chums. « Je demeure juste en arrière de la caserne », a conclu celui qui rêve maintenant de devenir grand-papa.
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