Le film Des Arbres et des Arts fait effet
Le message d’un documentaire d’ici s’enracine en Europe
Le réalisateur Vaudreuil-Soulangeois, André Desrochers, revient d’une tournée fructueuse en Europe où son œuvre a suscité plusieurs réactions. Que ce soit en Espagne ou en France, le cinéaste a été accompagné de Yenny Vega Cardenas de l’Observatoire international des droits de la nature et de Louise Page, artiste de Sainte-Martine et intervenante figurante dans le film « Des Arbres et des Arts ».
Rappelons que par son long-métrage documentaire, André Desrochers pose les questions suivantes: « Et si la nature avait des droits ? Qu’arriverait-il si les arbres étaient dotés d’une personnalité juridique ? »
« Des Arbres et des Arts » en Catalogne
M. Desrochers a, tout d'abord, participé à trois événements dans la région de Barcelone en Espagne le 18 mars. Les arbres du Suroît ont ainsi pu s’exprimer, dans un sens, lors du forum de la Journée internationale de l’arbre tenue dans la mythique salle Graus de Sant Domènec de l’université de Gérone, vieille de plus de 1000 ans.
Des extraits du film sous-titrés en catalan ont pu être présentés afin de discuter du principe de « personnalité juridique » des forêts en compagnie de la représentante de l’Observatoire international des droits de la nature. Suite aux échanges, les enseignantes de l’école internationale de Gérone, donnant des cours de francisation aux Catalans, se sont procuré une copie du film afin de le présenter aux élèves avant leurs futures sorties en nature.
« Mon objectif est de générer un changement de paradigme en passant d’une vision égocentrique à une approche plus écocentrique », plaide André Desrochers. Toujours selon lui, « cette notion est en train de se développer, particulièrement avec l'ONU via son programme Harmonie avec la nature et avec l'Observatoire international des droits de la nature qui est basé à Montréal ». Déjà, des pays comme la Nouvelle-Zélande et l’Équateur ont des lois qui tendent vers la protection des milieux naturels.
Le 19 mars marquait l’ouverture du Festival Cinéma, le film était présenté au cœur du vieux Barcelone dans la salle Sant Pere 1892. Une fois de plus, une copie du film sous-titrée en catalan a été remise au fondateur de l’organisme dédié à l’intégration de la culture catalane aux jeunes arrivants (GENAB). Monsieur Pep Dalmau se servira du documentaire pour initier les nouveaux arrivants à la langue catalane par l’entremise de la nature. La portion de la tournée en Catalogne se terminait le 21 mars à Amer où s’y tenait la fameuse Journée de l’Arbre.
Pendant que se déroulent de nombreuses activités dans la ville, Louise Page, artiste de Sainte-Martine, y a créé un géant catalan, conçu à partir d’un tilleul mort, mais toujours debout, sur le terrain de la ville: « Un Géant dans l’œil de Dali ». Cette œuvre, symbole de la symbiose entre art et nature, est érigée tout près de l’œuvre de l’artiste catalan Roger Egea. Désormais, une création de notre région trône en Catalogne.

La journée a culminé avec la présentation du film à la population d’Amer dans la salle de cinéma de la ville. La projection a permis d’échanger sur la place des arbres dans la ville. La mairesse s’est quant à elle engagée à planter plus d’arbres et a invité la petite délégation d’ici à signer le livre d’or de la municipalité. Accompagnée d’un litre de sirop d’érable, une copie du film, téléchargée sur clé USB en bois d’érable du Québec, a été remise à la municipalité qui en profitera pour le projeter une nouvelle fois l’an prochain lors de la Journée de l’arbre 2027.
« Des Arbres et des Arts » en Gascogne
On peut dire que les arbres ont également porté leurs fruits au nord de la frontière, en France. André Desrochers et ses collaborateurs ont pu participer à la projection du film dans le cadre de la Journée de l’arbre grâce à la collaboration de CINÉ32 ainsi que de l'organisme Arbre et Paysage 32 de France.
La projection fut suivie d’un ciné-débat très animé où les spectateurs en ont appris plus sur le concept de la « Personnalité juridique » et ont été motivés à mettre en place un comité citoyen pour protéger le fleuve Gers, la forêt qu’ils côtoient et surtout les platanes qui bordent les allées piétonnières. Le temps de débat a permis de souligner et de soutenir la place des arts dans la nature.

